‹ Mémoire sur les États de Foix, 1608-1789Chapitre 72 sur 82 · LES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

LES PROTESTANTS

qui, par simplicité, promesses d'argent ou espoir d'un riche mariage, ab}urent leur foi ; ils demandent au roi de défendre aux catholiques du pays de Foix de passer à la religion réformée « qui n'a été soufferte que par abus et contre les édits. » Ils le supplient de joindre au Parlement de Toulouse la Chambre de Castres qui juge les procès touchant à la reUgion réformée et où les catholiques sont vexés. Cette chambre a condamné un juge de Saverdun et même cassé une délibération des Etats. Ils dénoncent encore les protestants de Saverdun qui « pratiquent tous les jours des violences contre les catholiques, se mutinant et séditionnant'. »

L'année suivante, Mazères, le Caria, le Mas-d'Azil, et Sabarat envoient aux Etats des députations mipartie protestantes, mi-partie catholiques; elles ne sont pas reçues. Les communautés s'obstinent, leurs députations sont encore rejetées; toutefois, «à cause de la difficulté que font ceux de la R. P. R. de faire les procurations en la forme prescrite à leurs députés cathoUques, les Etats ordonnent que, par ci-après, le premier consul catholique desdits lieux ou l'un de ses collègues ou syndics catholiques, à l'absence l'un de Tautre, seront reçus aux Etats pour y opiner à leur rang, sans qu'il leur soit besoin d'autre procuration que leur seule qualité connue ou justifiée par le curé du lieu. » Sur la proposition de l'évêque président, l'assemblée chargeait l'abbé de Lézat, évêque de Rieux, qui se trouvait à Paris porteur des cahiers des Etats de Languedoc, de faire des remontrances au

roi pour qu'il obtînt de sa piété et de sa justice que nul de ses sujets catholiques du pays de Foix ne se séparât de l'église pour embrasser la R. P. R. sous les peines qu'il lui plairait d'imposer ^

Quand le roi, écoutant enfin ses pieux sujets, eut ordonné la conversion des réligionnaires, les Etats décidèrent de contribuer à la construction ou à l'agrandissement des Eglises dans les lieux où les protestants, avant leur conversion, étaient plus nombreux que les catholiques^. En 1685, ils donnèrent 12.000 livres à Mazères pour l'agrandissement de son église. Au mois de mars 1686, le gouverneur fit garder les cols, de jour et de nuit, par les communautés d'Ax, de Tarascon, de Vicdessos, de Mérens et de Signer pour empêcher l'exode des nouveaux convertis ; les Etats donnèrent 300 livres à chacune de ces communautés pour frais de garde. Les nouveaux convertis se soulevèrent en 1688, mais ils furent promptement réprimés ^

3. Les Etats généraux. — Les Etats du pays de Foix avaient député plusieurs fois aux Etats généraux du royaume avant la réunion du Comté à la

* L'évoque disait; « L'aveuglement des hommes est tel que, tous les jours, ils sacrifient leur salut éternel à des considérations humaines et se séparent de la véritable église pour se perdre dans l'hérésie en embrassant la R. P. R... L'expérience nous a fait voir que, dés que les peuples abanflonnent Dieu pour l'hérésie, ils méprisent la puissance souveraine des rois qui en sont les parfaites images. » Arch. dép., proc.-verb. 1666, 1667.

« Les églises sont si petites qu'elles ne peuvent contenir la moitié des convertis. Id., 1685.

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