IV. Ce n’est pas tout encore. M. R.se trouvant
un jour dans mon cabinet, je lui demandai s’il n’avait pas touché les 7,200 fr. pour lesquels il était inscrit sur le registre des Fondations. Il me répondit
(1) Datis le procès-verbal de la séance du 10 juin 1836, au sujet du budget des dépenses pour 1837, il est dit qu’il présente une augmentation de 3,000 fr. sur le traitement fixe et de 4,ooo ir. sur le traitement supplémentaire, par suite de là création de la chaire d’anatomie pathologique (260,000 fr.), pour les 26 professeurs.
Pourquoi cette augmentation de 7,000 f., puisqu’une rente de 7,000 f. était affectée aux traiternens üje et supplémentaire du professeur attaché à la nouvelle châtre? M. Orfila ne sera sans doute pas embarrassé pour répondre à cette question dont la solution est, on en conviendra, bonne à connaître.
Il serait à souhaiter que M. Orfila voulût bien nous dire aussi quel a été l’emploi du traitement dû à M. le professeur C........... jusqu’à l’époque où le concours lui a donné un successeur à la chaire d’anatomie qu’il avait quittée pour la chaire nouvelle créée par Dupuytren. En effet, si, à partir du moment où a été touché le legs pour la création de la
chaire d’anatomie pathologique, M. le professeur C.. a touché les
7,000 fr. de rentes, pris sur le legs de 200,000, fr. pour solder les traitemensfixe et supplémentaire du nouveau professeur, pareille somme est
restée disponible sur le traitement de 10,000 fr. queM. C.devait
toucher comme professeur d’anatomie. Ici donc s’élève encore une petite difficulté que M. Orfila doit s’empresser de résoudre.
(2) Reste à savoir maintenant si l’adjudication des travaux a été ré-
aussitôt par la négative, et je lui montrai alors l’article qui le concernait sur le registre indiqué-
Quelques jours plus tard, je fis la même question
à M. deG.touchant les 43,000 fr. qui, d’après le
registre des Fondations, lui auraient été payés pour la construction du musée Dupuytren. Il me fit une
réponse analogue à celle de M. R.
Tout cela me causait un douloureux étonnement que les lecteurs n’auront pas de peine à comprendre. Alors, comme dans tant d’autres occasions où je me trouvais ainsi en présence de faits et d’actes que je n’aurais jamais pu soupçonner, je maudissais le sort qui m’avait placé à la tête d’un des établissemens les plus importans de TUniversité, position dont j’au^ rais d’ailleurs été bien fier si, comme j’avais lieu de l’espérer, j’avais trouvé toutes choses dans un état régulier et normal.
V. Je n’ai pas encore tout dit sur cette affairé vraiment déplorable. On vient de voir, et la chose est aussi claire que la lumière ; on vient de voir, je le répète, que de l’aveu et d’après la déclaration la plus formelle de M, Orfiia lui-même, conformément à un
gulièrement faite. J’ai eu sous les yeux le dossier des pièces relatives à la construction du musée Dupuytren ; en le parcourant, je n’y ai trouvé aucune pièce authentique d’une adjudication en forme de tous les travaux (il est dit cependant de quelques uns qu’ils ont été adjugés). Tous les mémoires auraient dû être soigneusement, rigoureusement examinés. Je dois noter que certains de ces mémoires portant : a Travaux faits dans le courant de l’année 1835, » sont placés dans une couverture ayant pour titre :
Mémoires de travaux faits pour le compte de la Faculté de médecine
de Paris (musée d’anatomie pathologique).
Exercice 1839.
Le chiffre des dépenses, y compris les honoraires de
l’architecte est de. 73,041 fr. 83 c.
Non compris les honoraires après réglement, il est
. • • • .:... 69,657 fr. 6S c.
Avant réglement, de ........ 94 637 ^ c
arrêté du çouseil royal de rUmyersité et à la lettre miuisterielle jointe à cet arrêté, le restant des 200,000 francs sur lesquels on avait acheté 7,000 fr. de rente S pour 100, aurait été enaployé à la construction du musée d’anatomie pathologique (dit piusée Dupuy^ tren). Eh bien! dans le procès-verbal de la sé^ce de l’assemblée des professeurs de la Faculté, du 19 décembre 1839, on lit ce qui suit :
« M. de Beaumont (gendre de M. Dupuytren), écrit à la Faculté pour demander la création d’une place de sous-aide conservatéur, en faveur de M. Pigné, neveu de M. Dupuytren. M. le doyen rappelle que les 200,000 fr. ont été consacrés à là création A'une chaire d’aimtomie ■pathologique, et que le Musée, auquel par reconnaissance on a donné le nom de Dupuytren, a été fondé et payé par le Conseil royal. » - -
Gomment exprimer les sentimens qu’on éprouve en présence d’une assertion aussi formellement côntradictoirë avec ce qui précède ? Encore, si cette malheureuse assertion était restée ensevelie dans la poussière d’un procès-verbal 1 Mais non ; par Je ne sais quel genre d’aberration dont on chercherait vainement un autre exemple, cette assertion se trouve reproduite en tête de l’inscription placée à l’entrée même du musée Dupuytren, et que voici :