‹ Mémoire sur les Figures de l'ApocalypseChapitre 56 sur 101 · N# 12 de la Liste des sujets représentés · texte numérisé non relu

N# 12 de la Liste des sujets représentés

seconde famille, quatre tableaux sont consacrés aux diverses scènes que décrit le chapitre V, et à chacun de ces tableaux est joint, comme pour lui servir de pendant, un tableau allégorique dont le sujet a été indiqué par une glose. Je vais essayer de faire comprendre ce parallélisme, en désignant par les lettres A-D les quatre tableaux répondant au texte de l'Apocalypse, et par les lettres A'-D' les tableaux qui correspondent aux commentaires.

A (fol. 3 v°). Un ange fort demande qui est digne d'ouvrir le livre fermé de sept sceaux que tient le Seigneur. Un vieillard rassure saint Jean, que cette question avait effrayé.

A' (fol. 4). Un groupe de pères de l'Ancien Testament, que l'ange fort du tableau précédent a symbolisés, remet le livre à l'Église, qui est représentée sous la forme d'une jeune femme couronnée, assise sous une arcade gothique; elle tient dans sa main droite l'étendard de la croix, et dans la gauche une coupe d'or où est recueilli le sang de l'agneau divin. De l'autre côté, la Synagogue, dans la plus piteuse attitude, un bandeau sur les yeux, laisse tomber les tables de la loi et tient un tronçon de la haste de son étendard brisé \

B (fol. 4 v°). Les vingt-quatre vieillards se prosternent devant le Seigneur et mettent leur couronne à terre.

B' (fol. 5). Les saints accomplissent de bonnes œuvres dont ils rapportent le mérite à Dieu : « Dant itaque sancti Deo gloriam, quando quicquid boni faciunt eo studio faciunt ut glorificetur Deus per ipsos. »

1 . Une partie du commentaire qui accompagne ce tableau sera reproduite dans le chapitre relatif aux commentaires des Figures dg l'Apocalypse, plus loin» p* glxxl

C (fol. 5 v°). L'agneau à sept cornes et à sept yeux, dans une gloire d'or entourée des symboles des quatre évangélistes. Sur les côtés, quatre compartiments dans chacun desquels six vieillards aux couronnes d'or chantent ou jouent de divers instruments de musique.

C (fol. 6). Dans un compartiment étroit et allongé, l'Eglise est représentée par un prêtre agenouillé sur la marche d'un autel ; derrière ce prêtre, un groupe de religieux et de fidèles. A côté sont disposés sur deux registres huit petits compartiments, dans le premier desquels est une figure symbolique de la résurrection. Les sept autres sont réservés à la représentation des sept catégories d'élus que désignent les sept cornes de l'agneau, savoir : i° les justes avant le déluge (Adam et les patriarches) ; 2° les justes après le déluge (Noé dans l'arche); 3° les justes sous le régime de la loi (construction du Temple) ; 40 les prophètes; 5° les Juifs qui ont cru en Jésus-Christ (Jésus baptisé par saint Jean); 6° le peuple des gentils ; 70 ceux qui auront à combattre l'Antéchrist : « Agnus non occisus, sed tanquam occisus, visus est, quia mortem in transitu gustavit, et paulo post resurgens jam non moritur... Per septem cornua omnes electi designantur qui regnum Dei vocantur. Quorum omnem multitudinem superius in septem partes divisimus. Ad primum igitur cornu, electi qui ante diluvium fuerunt pertinent. Ad secundum vero, hii qui post diluvium usque ad legem fuerunt. Ad tercium autem, hii qui sub lege fuerunt. Ad quartum, prophète. Ad quintum, qui ex Judeis crediderunt in Christum. Ad sextum, populus gentilium. Ad septimum vero, hii qui in fine mundi nascituri sunt et cum Antichristo pugnaturi. »

D (fol. 6 v°). L'agneau ouvre le livre que le Seigneur

cm

lui présente; ils sont tous deux dans une gloire autour de laquelle sont figurés des anges, les symboles des évangélistes et les vieillards avec leurs couronnes et leurs instruments de musique.

D' (fol. 7). Dieu le père, dans une gloire entourée de nuages, remet un livre à son fils, qui, debout, tient de la main droite l'étendard de la croix, et de la gauche fait flotter, sous les yeux d'un groupe de disciples, une banderole portant ces mots : Ego in pâtre, et pater in me est : « Superius diximus per sedentem in throno Christum designatum fuisse; sed quia dixit : Ego in pâtre, et pater in me est, et qui videt me videt et patrem y in hoc loco sedens in throno patrem désignât. Agnus ergo librum de dextera sedentis super thronum accepit, quia homo Christus a sua divinitate accepit, ut sacramenta divinarum scripturarum reseraret \ »

Au fol. 12 v° est représenté le tremblement de terre qui suivit l'ouverture du sixième sceau \ Des commentateurs ont considéré ce tremblement de terre comme un signe de l'abaissement des Juifs et de la vocation des gentils. De là, sur le fol. i3, une peinture dont la partie centrale est occupée par un empereur assis sur un trône, au dessous d'une arcade; à gauche, une scène de la destruction de Jérusalem par les Romains; à droite, l'arrivée de deux groupes de gentils, le long d'un mur sur lequel est exposée une grande image de la sainte face. Le commentaire explique très clairement le sujet du tableau : « Sigilli sexti apertio ad Judeorum dejeccionem et ad gentium vocacionem pertinet 3... [Chris-

1. Ces gloses se retrouvent au fol. 1 du ms. addit. 22493 du Musée britannique.

Page 1