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De ceste matereporrés trouver plus diffusément es quahiers des moralités, s'aucunes en soient faites. (Fol. 2, col. 2.)
Contre ceste doctrine plus que nul autre ont résisté li hérites, tous quanques li Décret nomme, et ensi que les orras nommer ens quahiers de moralitez. (Fol. 10, col. 2.)
La copie de l'ouvrage, traduction et moralités, fut disposée de telle façon qu'on put y intercaler, tant bien que mal, les feuillets de peintures pour avoir les images dans le voisinage immédiat du texte correspondant.
Le commentaire n'a, d'ailleurs, été rédigé que pour accompagner les tableaux ; il n'en pouvait être séparé et l'auteur renvoie souvent aux tableaux, en les désignant par le nom de « parquets ».
Ce est la seconde partie du capitle qui sert au secont parket. (Fol. 8, col. 1. — Allusion au second tableau du fol. 9.)
C'est le quinte partie du capitle qui se raporte au premier des parkés suians... (Fol. 11, col. 1. — Allusion au premier tableau du fol. i3.)
Cou est le sixième partie du capitle qui se raporte au secont parket aprez... (Fol. 11, col. 2. — Allusion au second tableau du fol. i3.)
Ceci a je mis pour mielx comprendre le déduction de cestui vme capitle et des 111 suians jusquez au xne. Et sont conpris par figures en ces 11 parkés ci présent et en les vin suians. (Fol. 18, col. 2. — Allusion aux tableaux des fol. 17 v° et suivants.)
Mais li parc qui suit aprez n'est mie en son droit lieu, ains deust estre aprez l'image tenant l'arc sur le cief. — (Allusion au premier tableau du fol. 24 V0.)
Ce peert à la lettre qui ensi commence : Et vidi angelum fortem, etc., ou commenche le xe capitle, ou saint Jehan commence a traitier de la consolation que Diex fait a ses loials el tanps d'Anticrist... (Fol. 23, col. 2.)
Antecnst fera ses miracles. Geste lettre, et son parket a l'avenant, n'est pas du livre d'Apocalipse, quant a ses miracles, ne li autrez n de l'autre parge (sic), ains sont chi ajoustés de l'epistele saint Pol le seconde ad Thessalonicenses. (Fol. 26 v°, col. 1. — Allusion au second tableau du fol. 27 et aux deux tableaux du fol. 27 v°.)
Gheste victore 1 pert en l'ymagure du secont parket sivant, ou ilz sont estant tenans la persecucion desoubs leurs piés en signe de victore... (Fol. 5o, col. 2. — Allusion au second tableau du fol . 5 1 . )
Du secont parket qui fait menciion de che que saint Jehan vaut aorer angele, et li angele ni li vaut souffrir... (Fol. j3 v°, col. 1. — Allusion au second tableau du fol. 74.)
Les premiers feuillets du manuscrit ont disparu depuis longtemps. Ils contenaient, probablement, à la suite d'un prologue, le commentaire des trois premiers versets de l'Apocalypse. La lacune est ancienne, puisqu'elle est antérieure à la numérotation des feuillets, qui date de la fin du xve siècle. Les premiers mots conservés sont :
Johannes septem ecclesîis que sunt in Asia, etc. C'est la seconde partie du premier capitle, ou il envoie salutacion par escript a vu evesquez d'Aise, demonstrant cellui qui salue, et ceulz que il salue, et de qui est le salut, c'est de Jhesu Grist, lequel il recommande de miséricorde, et aprez de justiche, en régal de sa double venue, [dont la] première fu en humble assumption d'humanité piteusement, et la seconde sera en noble execucion d'équité riguereusement. Dont, en poursuiant la lettre, il dit : « Jehans as vu églises qui sont en Aise » especialment, et en elles a toutes les autres du monde generalment, pour ce que sains Pol dist que quelconques coses sont escriptes de Dieu a nostre
1. La victoire remportée par les élus sur la bête, Apoc. XV, 2.
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ensengnement sont escriptes afin que par la consolation des Escriptures aions espoir permanablement...
A défaut d'un prologue qui nous aurait peut-être renseignés sur le nom et la condition de l'auteur, sur le but qu'il se proposait et sur l'époque à laquelle il écrivait, nous devons rechercher dans le contexte de l'ouvrage les allusions qui peuvent suppléer à l'absence de ces indications.
La langue du commentaire permet de supposer que l'auteur écrivait dans le nord de la France et qu'il travaillait pour les laïques. Ce dernier point nous semble péremptoirement établi par le passage où sont critiqués les docteurs qui interdisent à la « simple gent » d'avoir en français « les évangiles, ne la bible, ne l'Escripture sainte en françois ». C'est à propos du verset 10 du dernier chapitre de l'Apocalypse : Ne signaveris verba prophétie? libri hujus :
. . . Combien que ilz en murmurent, est ce toutesvoies la parolle de Dieu ; pour che dont contre ceulz qui dient que simple gent comme lais ne doivent point avoir les évangiles ne la bible ne l'Escripture sainte en françois, j'esmouve ceste question : « Se il loist a preschier l'Apocalipse. » Et arguitur ad partes.
Pour leur partie ont mouvement tel : On ne doit ne il ne loist preschier chose qui est ocoison d'erreur et de dampnacion. Mainte escripture sainte preschie et translatée preste ocoison d'erreur, etc. Ergo il ne loist pas de l'annoncier. Confirmatur par la vérité de l'euvangille : Nolite sanctum dare canibus.
Al'opposite partie est la présente lettre, qui nous monstre que li ange Christ defïendi a saint Jehan que les parollez de cest livre que on appelle prophétie ne ne celaist : Ne signaveris verba prophétie hujus ! Pour leur prouver dont
que ilz aient tort, je leur suppose aucunes proposicions fundatives : Primo che que Dieu a révélé as sains prophètes a escrire est pour le salut de tous. Geste se fonde par l'apostole, qui dist : Quecunque scripta sunt, ad nostram doctrinam scripta sunt, ut per consolacionem Scripturarum spem habeamus, c'est que sainte Escripture nous console par espoir. La seconde secundum logicam : pour l'entendement humain sont ni proposicions, ce sont ni conchoitemens, est a savoir un qui entre par les oreilles propositio vocalis, l'autre par les ieux proposicio scripta, le tiers en l'entendement que on appelé mentalis ; le premier presche, le secont paint ou escript, pour mieuls retenir s'en sieut li tiers. A ceste je fonde la tierche que : Ce que les prophètes me preschent par vois ou par escript, et le Décret le commande a prescher et a escrire, je le doi ouïr et je le puis ouyr, et se je [le] puis ouïr je le puis retenir, et se je le puis retenir, pourtant que memore est labile et gliant, je le puis escrire en thees, en roumant, en grec, en toute langue, pour conférer as autres; a che, tant que pour moi tan[t] que pour mon prosme, je, qui sui tel a cui Dex fait celle grâce, sui obligies par le precept de carité de Dieu : Dilige proximum tuum sicut te ipsum. (Fol. y5, col. 2.)
La date de la composition n'est guère difficile à fixer. A deux reprises, l'auteur s'est fait 1 echo des plaintes qui s'élevaient au xive et au xve siècle dans l'église de France contre l'abandon de la sage politique de saint Louis. Voici ce qu'il dit sur ce verset de l'Apocalypse (XII, i5) : Et misit serpens ex ore suo post millier em aquam tanquam /lumen :
Et a ce li sains pères ordenerent que li bien de l'Eglise fussent communs as povres de Dieu. Ore sont capelles et églises faites piecha pour Dieu loer et aorer, et l'entencion du saint Esprit a esté poursivie dusquez au tanps du bon roy saint Loys. Mès depuis a li deable sen entention de che que
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il a procuré tant d'affluences de biens temporelz pour sachier l'Eglise el parfont abysme d'infer... (Fol. 35 v°, col. 2.)
Et pour tant que le temporel qui fu donné a l'Eglise n'est mie appliquiet a ce que Constantin, Dagobert et saint Loys et maint autre noble roys chrestiens l'avoient offert... (Fol. 36, col. 2.)
Le passage relatif aux quarante-deux mois du règne de l'Antéchrist (Apoc. XIII, 5) paraît avoir été écrit aux environs de l'année 1400 :
Et ceste regnison ne durra que xlii mois, ce seront 111 ans et demi, comme celle de Jhesu Grist; mès différence i ara, que celle regnison d'Antecrist n'iert pas après sa mort reprinse, comme celle de Jhesu Crist, qui aprez sa mort a duré m et cccc ans, et encore est a durer jusques au fin du siècle, tant que il li plaira. (Fol. 40 v°, col. 1.)
C'est aussi vers la fin du xive siècle ou le commencement du xve que nous reporte la mention d'un déluge de sang récemment arrivé dans les états de l'empereur ottoman Amurath Ier :
... Et puis grant tans après, quant les enfant d'Israël fisrent fornication avec les filles de la terre Balaach Madianites, en vint sur eulz le grant deluve de sanc, tant que XLimm en furent ocis. Et n'a gueres qu'en la terre de Lamorre, rois des Turs, en est faite deluvre (sic) de sang. (Fol. 53 vo.)
J'ignore à quelle époque vivait ce prétendu « dan Filebert, evesque de Carpentras », auquel, suivant le commentateur, s'adressaient les remontrances des dominicains au sujet des convoitises temporelles :
Encore en est la tierche exposicion de ce que la terre
englouti a le floeve *, c'est a dire la vérité Jhesus, qui, selonc David, nasqui de la terre, pourtant par humaine assumpcion il est prinche de terre; il ouvry sa bouche, c'est l'ordre des Prêcheurs, qui blâment terriene convoitise, et ensegnent a dan Filebeert, evesque de Garpentra, que Jhesu Grist alant sur terre n'avoit lieu propre ou il reclinaist son chief; mais c'est evangille de quoy ilz n'ont cure... (Fol. 36 v°, col. 2.)
Mais cela convient bien au xive et au xve siècle, comme aussi de violentes sorties contre la cour romaine, assimilée à « la ribaude Babylone ».
Et ja très amere es meurs de clergies, c'est tout entendu de la mauvaise multitude qui resourt el chief de la monarchie roumaine, qui est le chief des autres, ou tout paiis aperit et tout mal y aprent, et est figurée par ceste ribaude Babylone, de qui prent si grant vengnance, comme li premier parket 2 devise. (Fol. 62 v°, col. 1.)
De même aussi les accusations de symonie et de népotisme dans la collation des bénéfices :
L'Eglise est devenue toute charnelle, fondée en sang, ne mie sur le sang des apostoles, mais sur le sanc de cosin et cosine. Car par tout le voit on que bénéfices sont a succession de neveu et de cosine et de koes et de quisine, au requeste de dan Symon...
En vileté de nature femenine trouveront il l'Eglise, c'est que bastars fils de prestre aront et ont les benefisces de sainte Eglise. (Fol. 12.)
Ce qui paraît avoir le plus vivement scandalisé l'auteur, c'est la fortune des prélats de son temps, c'est la