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Mémoire sur les foraminifères du système colithique

Nous ne suivrons pas, pour l’étude microscopique de l’oolithe, la méthode que nous avons employée dans nos recherches sur le lias : pour cette formation, chacun de nos mémoires contient des fossiles qui appartiennent aux trois étages ; pour l’oolithe nous ferons successivement la revue des assises et des étages et nous disposerons nos publications suivant les matériaux que nous aurons réunis, sans nous astreindre à un ordre stratigraphique régulier; à mesure qu’une assise aura été étudiée nous en établirons la statistique et nous en ferons ressortir les faits pétrographiques ou zoologiques que nous aurons élé à même d'observer.

De même que pour le lias et après avoir étudié une assise oolithique du département de la Moselle, nous

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entreprendrons des recherches semblables dans d’autres départements, de manière à établir des points de repères exacts pour les horizons de faunes microscopiques ‘.

Comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire précédemment, nos recherches mirographiques n’ont pas pour but unique d'établir des listes de genres et d'espèces, mais de montrer que les lois stratigraphiques s’appuyent bien mieux sur la paléontologie, quelle que soit la taille des fossiles, que sur la pétrographie qui ne peut que rarement servir de guide dans la classification des terrains.

Si nous avons pu démontrer l’exactitude de ces faits dans nos études sur le lias, nous tenterons d’obtenir un résultat identique pour l’oolithe, en suivant les mêmes moyens d'investigation. Nous aurons, en premier lieu , à tracer la stratigraphie du terrain que nous étudions et tel que nous le comprenons; puis nous ferons une revue rétrospective des travaux qui ont traité en particulier des foraminifères sous le rapport de la technologie et de la classification, et enfin nous

1 Nous consignerons ici un appel que nous nous permettrons de faire à ceux de nos collègues qui se trouvent à proximité des localités liasiques ou oolithiques , où se présentent des terrains identiques à ceux que nous avons déjà étudiés ou à ceux que nous publions en ce moment. Nous les prierons de nous mettre à même d'établir le parallélisme des faunes, en nous envoyant des échantillons de marnes à étudier.

Les moyens de communication sont très-simples: prendre un échantillon (6 à 8 kilog.) de marne susceptible d’être traitée par l’eau; si le dépôt est puissant, prendre un échantillon à diverses hauteurs ; bien étiqueter chaque paquet pour la hauteur et la localité ; emballer le tout et mettre au chemin de fer.

Déjà nous avons à témoigner notre gratitude à M. Pelvet, de Bayeux, qui a eu l’obligeance de nous envoyer de la marne du fullers de Porten-Bessin ; la publication de cette étude aura lieu immédiatement après celle du département de la Moselle.

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aurons à faire une analyse des différents travaux où se trouvent publiés des genres et des espèces analogues à ceux que nous possédons. Cette introduction sera donc divisée en trois chapitres distincts: 1° la stratigraphie, 2° la revue bibliographique , 3° l’examen critique de quelques genres.

S 4er. — STRATIGRAPHIE.

Dans le système oolithique, nous avons commencé nos recherches par l'étude de l’assise inféricure, le ba- Jocien, etnous avons dû bientôt les suspendre , ne les trouvant fructueuses sur aucun des points que nous avons examinés. Ge résultat négatif provient de ce que nos explorations n’ont rencontré que des roches trèsperméables dans lesquelles aucun fossile n’a pu être conservé ; nous nous proposons de reprendre cette étude plus tard.

Le bajocien de la Moselle se divise en deux parties trés-distinctes: l’inférieure est le calcaire ferrugineux proprement dit; Ja supérieure est formée d’un calcaire à polypiers, synchronique avec un calcaire subcompacte.

1» Les premières couches à condriles scoparius ‘, marno-créseuses, ont donné un résidu uniquement formé de grès blanc ne renfermant aucun fossile ;

2 Le massif du calcaire ferrugineux , qui possède une faune très-riche et très-variée, est divisé par bancs avec marnes subordonnées , noires ou brunes, qui ont

1 Voyez pour le niveau de ces couches les observations de M. Dumortier ; Bulletin de la Société géologique de France, 2e série, tome 18, p. 519, 20 mai 1861 ; et 2e série, tome 19, p. 839, 29 mai 1862.

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produit quelques rares fossiles microscopiques frustes ou brisés el non susceptibles d’être déterminés ;

9° Le calcaire à polypiers renferme une faune, toute de rivage, et se montre formé d’une succession de puissantes couches qui figurent d'anciens récifs sur Je sommet des côtes; les marnes calcareuses subordonnées renferment quelques rares débris de bivalves et ne présentent aucune trace de foraminiféres ; quelques individus de cette famille se produisent parasites sur des huitres et des peignes ;

4° Le calcaire subcompacte caractérisé par le belemniles giganteus de três-grande taille, ne renferme aucun foramimifére.

Le fullers-earthe, qui succède au bajocien, est un dépôt qui, en raison du peu de puissance qu’il présente assez généralement, a été relié parfois au bajocien, parfois au bathonien ‘; mais 1l n’en est pas de même dans le département de la Moselle, où ce dépôt possède une grande importance autant par son épaisseur que par son élendue : il commence à se produire à 10 kilomètres de Meiz et se continue presque sans interruption jusqu’à Longwy, environ 50 kilomètres nordest suivant la ligne de direction.

Sur le plateau de Longwy, le fullers suit, vers l’est, une seconde ligne de direction presque perpendiculaire

‘ D'orbigny, dans sa stratigraphie, à compris le fullers dans le bajocien et Joint les marnes à os{rea acuminata au bathonien; il en est résulté que , dans le prodrome, la faune qui caractérise le fullers et qui est celle des marnes à osirea acuminata, se trouve partagée entre les deux assises.

Les principaux fossiles caractéristiques et dont l'association est constante, sont : Belemmites canaliculatus, ammonites Parkinsoni, pholadomya Murchisoni, mytilus gibbosus, avicula tegulata, trigonia costata, lima gibbosa, ostrea acuminata, terebratula maxillata, clypeus palella, etc.

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à la précédente et en regard des falaises de l’Ardenne jusqu’à Longuyon, où il rencontre la ligne d’inclinaison qui s'étend jusqu’au Petit-Failly, à quelques lieues de Montmédy. Gette seconde ligne de direction est démontrée par les tranchées de la voie ferrée qui conduit de Fontoy à Longuyon.

Nous allons exposer l’étude du fullers suivant le tracé que nous venons d'indiquer et nous mentionnerons en particulier les localités qui nous auront paru remarquables, pour en faire ressortir un ensemble d’observations appliquées à la stratigraphie et à Îa paléontologie.

Nous commencerons cette étude par l'examen de la localité qu'on peut considérer comme typique, où Île fullers se présente avec tous les caractères propres à sa pétrographie et à sa faune; les autres localités que nous aurons à mentionner viendront s’y Joindre tout naturellement.

Longwy est placé à l’extrémité d’un plateau long et étroit, sillonné par de nombreuses crevasses transversales' dues à la configuration du sol: un puissant massif formé de roches rigides, limité de tous côtés par des pentes abruptes, a dù exercer des pressions inégales sur sa base, les marnes du lias, et subir les conséquences d’un défaut d'équilibre.

En avant de Longwy, à droite et à gauche, des forts ont élé construits dans un massif du fullers, dont la roche calcaire jaunâtre, blanchissant à l'air, d’une pâte fine, a fourni les matériaux; plus haut et sur toute l'étendue des glacis extérieurs, on trouve du calcaire marneux , jaune, délité, et des marnes bleues, impré-

‘ Ces crevasses ont été comblées par du bohnerz qui est exploité sur plusieurs points du plateau, Lexis, Saint-Pancré, etc.

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gnées de sulfure de fer, renfermant tous deux les fossiles caractéristiques en grande abondance.

Sur le plateau, plusieurs carrières, les unes permanentes, les autres ouvertes temporairement, fournissent un calcaire gris, parfois schistoïde, légèrement marneux quoique très-dur, où ressortent en blanc de nombreuses valves d’avicula tegulata.

À Romain‘, des marnes grises ainsi que des marnes rougeàtres renferment en abondance l’ostrea acuminata, et l'avicula lequlata avec quelques foraminifères trèsrares et parfaitement conservés.

Entre ViHers-la-Chèvre et Tellancourt, en face d’une carrière dite le Pas-Bayard, se trouve une localité trésrestreinte (3 ou 4 raies de champ désignées sous le nom de Clappes), dans laquelle la culture met à jour un grand nombre de fossiles d’une conservation exceptionnelle et parmi lesquels on remarque l’ammonites Parkinsoni, pholadomya Murchisont, trigonia costata, oslrea acuminata, terebratula maxillata, etc. ?

À l'extrémité Est du plateau, à la descente de Longuyon (par l’ancienne route) on retrouve des calcaires

‘ Nous devons la connaissance de celte localité à l’obligeance de M. le docteur Colliez, qui a bien voulu nous envoyer plusieurs échantillons de marne.

2 M. Levavasseur, lors d’un court séjour fait à Tellancourt, a découvert cette localité et a eu l’obligeance de nous communiquer le résultat de ses recherches ; la faune, composée en majeure partie de fossiles tout nouveaux pour le département, fut, dans le: principe , classée dans le bathonien, puis dans le fullers, lorsque de nouvelles recherches eurent produit l’ensemble des fossiles caractéristiques de cette assise.

Les bivalves, possédant leur test dans toute son intégrité, nous ont permis d'étudier les charnières de plusieurs genres imparfaitement connus et ont fourni les principaux éléments du mémoire que nous avons publié sur les recherches critiques de la famille des Myaires de M. Agassiz.

1 pes marneux Jaunes avec Am. Parkinsoni, pholadomya Murchisoni, ostrea acuminata, etc.

Dans la direcuon de Longwy à Metz, on remarque diverses carrières (Crünes, Willerupt, Aumetz ‘, etc.) exploitées pour pierre de taille, fournissant en général un calcaire jaunâtre, blanchissant à l’air, et contenant des petites oolithes, reliées par une pâte plus ou moins fine.

L’étude de la voie ferrée de Longuyon à Fontoy présente des tranchées de hauteur très-variables, toutes pratiquées dans le fullers (Pierrepont, Mainbotel*, etc.) ; le calcaire est en général gris, ou jaunâtre, ou flambé de bleu , en bancs réguliers , séparés par des marnes bleues qui, à toutes les hauteurs, renferment l’ostrea acuminata; la plupart des bancs contiennent également ce fossile, parfois en très-grande quantité.

Quelques tranchées sont ouvertes dans le bajocien et mettent à découvert le calcaire ferrugineux et le calcaire à polypiers ; le calcaire du fullers qui les domine, ne possède alors qu’une faible épaisseur et le point de séparation est nettement indiqué par la couche marneuse à ostrea acuminala.

Fontoy est une localité remarquable sous plusieurs rapports et mérite une mention toute spéciale.

En avant de la station et à la sortie du tunnel}, est une tranchée d'environ 30 mêtres de hauteur , où l’on voit les bancs du calcaire ferrugineux surmontés par ceux du calcaire subéompacte, caractérisé par lAm. Blag-

‘ À Aumetz et dans ses environs on trouve des exploitations importantes d’hydroxyde de fer siliceux, résultat d’un épanchement qui à détermiré de grands amas et qui s’est produit à l’époque tertiaire, en traversant le calcaire à polypiers et le fullers.

2 En face de Mainbotel, contre le talus de la route, le calcaire est marneux et schistoïde, dont un lit se montre couvert de linqula Beanii.

Er deni de grande taille et assez abondant ; au-dessus une petite carrière dans un calcaire lumacbhelle jaunâtre qui appartient au fullers.

A l’extrémilé de la tranchée, on remarque que les bancs du calcaire ferrugineux cessent d’être horizontaux et s’inclinent sous un angle d’environ 35°, puis en suivant la voie ferrée, on trouve les marnes et le calcaire du fullers au niveau de la gare et même au-dessous.

Il s’est donc produit en ce point un grand cffondrement et comme conséquence de ce mouvement, 1l s’est déterminé une faille et avec celle-ci production d’une fort belle source, la Fenche.

Au-dessous de l'aire de la gare, à environ 2 mêtres de profondeur, se retrouve le calcaire lumachelle dont nous avons indiqué la position au-dessus de la tranchée; audessus de ce calcaire, se présentent quelques minces bancs d’un calcaire bleu, très-dur, fortement pénétré de sulfure de fer; cette substance se reproduit dans les marnes en plus ou moins grande quantité, et sa décomposition a, d’une part, donné naïssance à d’abondants cristaux de chaux sulfatée et d’autre part, dissout le test des fossiles. A l'extrémité de la station un talus élevé de marnes s'appuie contre une passerelle.

En dehors de la gare sur le bord de la route et au delà dans une grande carrière, on remarque du calcaire en bancs épais, plus ou moins gélifs, privés de fossiles et dont la constitution les rapproche de ceux que nous avons signalés sur le parcours que nous venons de tracer.

La faune des marnes est en tous points 1dentique a celle des glacis de Longwy et établit ainsi son synchronisme.

L’étude microscopique des marnes nous a, par suite de plusieurs circonstances, obligé de multiplier nos

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recherches et d’expérimenter plus de 200 kilog. de marne ; il en est résulté que pour l’ensemble des genres, le nombre et l’abondance des espèces ainsi que pour leurs variétés , le fullers de Fontoy peut être comparé à une des localités les plus riches du terrain tertiaire.

En continuant la voie ferrée , à droite, sur les hauteurs, à environ 3 kilom. de Hayange, on trouve Île fullers à l’état de calcaire gréseux, très-délitant, d’une couleur grise, et contenant l’ostrea acuminata de 30 millim. de longueur.

Dans les environs de Thionville, sur la route d’Aumetz, le fullers d’Angeviller est une roche grise, trèscompacte et dure, contenant l’ostrea acuminala de grande taille.

Sur la route de Metz à Briey, à environ 15 kilom. de distance, on trouve les vastes carrières de Jaumont sur les hauteurs de Saulny et d’Amanviller, qui lournissent un calcaire lumachelle, excellente pierre de taille; les marnes subordonnées sont jaunes et renferment l’ostrea acuminala de très-petite taille et le plus souvent brisé. À la sortie de la vallée de Mont-Vaux et en regard d'Amanviller, nous avons trouvé dans les champs, Belemniles canaliculatus, ammonites niorlensis, mylilus gibbosus, ostrea acuminalu.

A Gorze (20 kilom. de Metz), s’est produit un phénomêne analogue à celui que nous avons signalé pour le plateau de Longwy: un puissant massif de calcaire ferrugineux et à polypiers, reposant sur les marnes du lias, s’est rompu transversalement et a formé un large hiatus descendant jusqu’au grès supraliasique; cette circonstance a déterminé, comme à Kontoy, la production de sources abondantes ".

‘ Les romains appréciant la pureté de ces sources, construisirent un

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On ne saurait Indiquer une époque précise à laquelie cette ouverture est survenue; mais en examinant Ja nature el la position des roches qui se trouvent aux abords de Gorze, on peut être amené à croire que cet écartement a été déterminé immédiatement après la consolidation du calcaire à polypiers et pendant 1] production des premiers dépôts du fullers. . |

En effet, proche de la ville, nous trouvons, 40 un calcaire gélif, formé de grosses oolithes, contenant le cucullea elongala (en abondance) et se produisant à une trés-faible hauteur au-dessus des marnes du grès supraliasique ; 20 un peu plus haut, le talus de la route montre des marnes bleues pétries d’ostrea acuminata '; dau même niveau, le cimetière est établi dans un calcaire très-marneux, où l’on trouve Am. Parkinson , pholadomya Murchisont, ostrea acuminata , terebratula maaullala, anabacia bajociana ? disaster Hugi?

Nous mentionnerons enfin une localité dite les Genivaux, placée sur la ligne d’inclinaison, à 10 kilomètres de Metz, sur la route de Verdun.

Au sommet d’une rampe trés-rapide, on remarque une carrière ouverte dans un calcaire Jaunâtre, lumachelle à constitution fine, et dont les bancs sont la plupart oélifs; au-dessus et à une faible distance, on trouve un calcaire marneux trés-délité, contenant osfrea acuminala, avicula tegulata, terebratula marillata, en grande quantité, au-dessous de la carrière et suivant la descente, se présente une succession de bancs, parfaite-

aqueduc pour les conduire à une naumachie établie près de Metz; par de nouveaux travaux, celte cité vient d’amener ces eaux assez abondantes pour satisfaire aux besoins de l'alimentation et de l'irrigalion.

i Ces marnes reposent sur le flanc de la côte et sur Île caleaire à polypiers dont le massif se continue à plus de 40 mètres au-dessus.

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