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ment horizontaux, d'environ un mètre d'épaisseur, d'un poudingue calcaire, dont les morceaux roulés, irrégulièrement arrondis, sont plus ou moins pugillaires et contenus dans une pâte calcareuse grise; au pied de la rampe on trouve le calcaire à polypiers.
Après avoir traversé une étroite vallée, on est au pied d’une autre rampe moins rapide que la précédente et qui monte à Gravelolte. On remarque d’abord les bancs d'un calcaire ijaunâtre, lumachelle, analogue à celui qui se trouve au sommet de la rampe opposée, puis des hancs de calcaire marneux grisâtre , et enfin de la marne bleue qui se continue jusqu’au village.
La faune du calcaire marneux et de la marne est en tout point identique à celle du fullers des diverses localités que nous avons mentionnées : sauf les limes, les huîtres et les térébratules , tous Îles autres fossiles ont perdu leur test et les fossiles microscopiques ont disparu ; les moules en calcaire marneux bleuâtre con- Hennent une grande quantité de lentilles de péroxyde de fer hydraté, d’un Jaune-brun et d’un éclat trés-brillant (lorsque la cassure est fraiche).
Comme les marnes ne renferment pas de traces de chaux sulfatée, il faut admettre que, dans le principe, le fer s’est déposé à l’état de carbonate, dont la décomposition à fourni l'acide qui a réagi avec tant d'énergie sur les fossiles.
La position du calcaire lumachelle au pied de la rampe de Graveloite, à un niveau de plus de 90 mêtres au-dessous de celui de la rampe des Genivaux, vient appuyer la théorie que nous avons émise sur l’époque des failles identiques qui se sont produites à Gorze et à Fontoy'.
! Quelques géologues ont voulu rattacher la faille de Gorze à un sou-
A Res
De même que dans ces deux localités, la petite vallée intermédiaire a dù être sillonnée par un cours d’eau, dont la source s’est tarie ou a été oblitérée par
des éhoulis qui ont élevé le niveau du sol.
= Quelques géologues, faisant abstraction de la positon du fullers-earthe, immédiatement au-dessus du calcaire à polypiers, ont voulu considérer les deux calcaires lumachelles comme représentant la grande oolithe, et les marnes de Gravelotte comme appartenant au bradfordien ; nous même, au début de nos études géologiques, nous avons admis celte classification, suivant l’enseignement de nos maîtres et de nos guides dans la science; mais nous avons depuis été obligé de modifier notre manière de voir, par ces motifs :
lèvement qui s’est produit à l'opposite de la ville de Metz : au pied de la côte de Saint-Julien , on remarque la production du bonebed, qui s'étend le long de la vallée de Vallière, puis, en avant, la colline de Belle-Croix, qui est recouverte par le calcaire à gryphées et qui est séparée par un cours d'eau (la Seille), d'un monticule placé dans l’intérieur de la ville et également formé de calcaire à gryphées. Le rapprochement de ce soulèvement de la faille de Gorze, bien que placés sur la même ligne de direction, ne peut avoir lieu : 1° le soulèvement keupérien, qui a dérangé le calcaire à gryphées, se termine brusquement dans l'intérieur même de Metz, où des travaux récents ont démontré que les marnes moyennes du lias viennent butter contre le calcaire à gryphées ; 20 si la faille de Gorze se trouve accidentellement sur la même ligne de direction que le soulèvement de Saint-Julien, il n'en est pas de même pour les autres failles qu’on observe dans le fullers: celle de Gravelotte se présente isolée et la montée du massif du bajocien, qui est à la sortie de Rozérieulles, n’en présente aucune trace, bien qu’elle devrait être comprise dans le mouvement, puisqu'elle est en avant de la descente des Genivaux. La faille de Fontoy , devant se rapporter au même soulèvement, a sa ligne de direction presque perpendiculaire à celle de Saint-Julien.
Un soulèvement déterminé pendant que s'effectue le dépôt d’un terrain peut amener des failles à sa suite , mais la réciproque n'a paë toujours lieu et une faille peut bien ne pas être le résultat d'un soulèvement.
MR
1° On ne peut classer une roche en se basant uniquement sur sa constitution pétrographique , en l'absence de tout fossile caractéristique ;
90 On ne peut encore moins la ranger dans une assise plus ancienne que le dépôt qui la recouvre, c’est-à-dire faire un renversement et placer la grande oolithe au-dessous du fuilers ;
30 À Gravelotte, le calcaire lumachelle jaunâtre passe d’une manière insensible au calcaire marneux grisâtre ; celui-ci et les marnes bleues , qui sont immédiatement au-dessus et bien que douées d’une pétrographie différente, possède identiquement la même faune et ne sauraient être séparés dans la stratigraphie ;
4o La faune de Gravelotte est identique à celle du plateau de Longwy, localité reconnue comme classique du fullers ;
90 On ne trouve, dans aucune localité de nos parages m dans tout le parcours que nous avons tracé, aucun fossile caractéristique de la grande oolithe; encore bien moins du bradfordien ou du callovien ;
Go I faut aller à plus de 25 kilom. au delà de Gravelotle et près des limites du département de la Meuse pour trouver les fossiles du bathonien: ferebratula digona , disasler bicordatus , acrosalenia spinosa ;
7° Enfin il faut chercher, à environ 25 kilom. plus loin, la zone oxfordienne à ammoniles cordalus.
On objecte à la vérité que les lois paléontologiques sur la dispersion et la localisation des animaux sont loin de posséder la certitude qu’en général on veut leur attribuer ; nous reconnaissons que lobservation est exacte, mais pour des faits isolés seulement, c’est-àdire quand elle s'applique au passage d’un fossile unique d’une assise dans une autre, avec celle circonstance qu'il y a concordance dans la stratification
Le ME
ou que le nouveau bassin présente les mêmes conditions de vitalité, de pétrographie, etc.; mais nous croyons que nulle part on n’a encore constaté le passage d’un ensemble de fossiles caractéristiques el nettement déterminés d’un élage dans un aulre, el encore moins dans une formation plus ancienne ou plus récente. Au cas particulier, on trouve l’Ammonites Parkinson à Bayeux’ avec d’autres ammoniles caractéristiques du bajocien ; on signale a présence de l’ostrea acuminala dans les prenners strates du bathonien; mais on peut dire que ces deux fossiles, joints aux {rigonia coslatu, Lima gibbosu, mytilus gibbosus, terebratula maxillata, linqulu Beanti, elc., n’ont paru ensemble ni dans le bajocien , ni dans le bathonien , encore bien moins dans le bradfordien, et dès lors on peut considérer leur ensemble comme constituant la faune caractéristique du fullers.
Suivant la description pétrologique , stratigraphique et paléontologique que nous venons d'exposer, on voit que le fullers-earthe ne se compose pas uniquement de marnes, de terres à foulon et qu'il renferme une formation trés-imporlante de calcaires de constitutions três-variées; que ces dépôts se sont effectués pendant un long laps de temps, puisqu'ils ont va s’accomplir des phénomènes d’effondrements et de failles, qui ne se sont pas produits pendant le dépôt du bajocien ni du bathonien ; qu’ils possèdent une faune caractéristique, qui se reprodait identique sur une grande étendue; que les fossiles microscopiques , ainsi que nous aurons à le démontrer plus loin, constituent un ensemble non
‘ M. Dumortier observe fort judicieusement que d'Orbigny n'a pas été heureux dans le choix de la localité de Bayeux comme type normal de l'assise ; on ne Île serait pas davantage si on prenait la Verpiliëre pour type d’une zone liasique bien déternurée.
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moins caractéristique par le nombre des genres et la variété remarquable des espèces.
D’après cet ensemble de considérations, on ne saurail relier le fullers au bajocien, dont il ne possède aucun des éléments ni pétrographiques ni paléontologiques; on ne saurait davantage le joindre au bathonien, dont la faune diffère complétement ; on doit donc, en raison de son développement et de sa faune, considérer le fullers comme une assise distincte et indépendante de celle qui le précède et de celle qui lui succède.
M. Piette ‘ a exposé la même théorie pour la classification des dépôts qui constituent les environs de Longwy el qui se trouvent tous compris dans le fullers ; en examinant l’ensemble de cette assise, nous avons apporté de nouvelles preuves à la démonstration de ce fait stratisraphique.
$ 2. — REVUE BIBLICGRAPHIQUE.
Nous croyons nécessaire de reproduire une partie de la statistique que nous avons exposée dans notre preinier mémoire sur le lias, et en même temps de faire connaitre les principales publications qui ont paru sur lPétude des forarnimiféres, on aura ainsi l’état de nos connaissances Jusqu'à ce Jour, et le nombre des genres et des espèces qui ont été en particulier indiqués pour le système oolithique.
Bronn, qui a fait paraître lP/nder palæontologicus, en 1849, mentionne 15 genres comprenant 22 espèces indiquées dans les tableaux sous Ja lettre #.
1 Piette, Nole sur le yile des Clapes (Moselle); Bulletin de la Societe géologique de France, 2 série, t. 14, 16 mars 1857, p. 910 à 516.
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Cette lettre est accompagnée de chiffres qui servent à spécifier les assises (/ndex, p. 3): ainsi n° se rapporte à la couche à frigonia navis ; n° à l’oolithe inférieure (bajocien) ; #° à l’oolithe moyenne (bathonien) ; n"au callovien et à l’oxfordien; n°au corallien jusqu'au kimméridien'.
Quenstedt a divisé le Jura du Wurtemberg en trois parties suivant la coloration des roches; ainsi il y a le jura noir, le brun et le blanc, le jura brun commençant avec la dernière assise du lias, à trigonia navis.
Ces divisions ne pourraient trouver leur application en France, que dans les provinces où la pétrographie présenterait excephionnellement les mêmes circonstances de coloration et de pétrographie ?.
La division de la formation jurassique en deux parlies, lias et oolithe paraît plus rationnelle en ce que l’application en est générale et ne présente aucune exception.
Au cas particulier, la couche à {rigonia navis représentée par la lettre n! ne peut être comprise dans l’oolithe; elle appartient à l’assise supérieure du lias, qui se montre ordinairement formée de marnes dans sa partie inférieure, de grès dans sa partie moyenne
1 Nodosaria, lingulina, vaginulina, marginulina, planularia, cristellaria, robulina, perenoplis, textilaria, polymorphina, clavulina, trilocuhina, spiroloculina.
n ? Oolithe inférieure, 2 espèces.
n5 Oxfordien, 4 — nt Corallien et portlandien, 23
2 Dans nos diverses études sur le lias, nous avons démontré combien le lias de la Lorraine diffère de celui du Luxembourg et des Ardennes; puis combien celui-ci est éloigné sous les rapports pétrographiques et de coloration du lias de la Bourgogne ou du centre de la France.