LICHT
Fig. 45. Plan et coupe d'un puits funéraire.
Le long de la face méridionale de cette petite pyramide apparaissaient, symétriquement disposées au ras du sol, deux belles euves rectangulaires en calcaire. Les quatre larges dalles qui constituaient les parois de chacune d'elles portaient à leur base des retours en équerre qui, s’emboitant les uns dans les autres, formaient par leur ajustement parfait, le fond de ces euves (fig. 13).
Toute cette région méridionale, entrele premier et le deuxième mur d'enceinte, était littéralement criblée de puits funéraires dont les sépultures avaient toutes été violées (fig. A4 et 45). Ge fastidieux travail de déblaiement nous demanda un temps considérable ,sans donner aucun résultat. Quelques menus objets, recueillis dans les chambres funéraires, peuvent être attribués au Moyen Empire (fig. 46 et47). Les puits sont assez frustes, et les chambres qui en dépendent, à peine dégrossies. IL est done à supposer que cette nécropole est postérieure à la XII dynastie, ou
toutau moins, qu'elle date d’une époque à laquelle la tombe d'Ouser-
tesen [‘ avait été délaissée, et le culte attaché à la mémoire de ce
Fig. 46.
Cylindre en bois.
monarque, complètement abandonné. C'est un fait constant pour toutes les pyramides que l'enceinte, qui renfermait à l’orient l'emplacement de la chapelle funéraire, délimitait en outre un terrain-toujours réservé aux sépultures de la famille royale. Ici, l'aspect seul de ces tombeaux montre qu'ils n'étaient pas destinés à des personnages importants.
Fig. 47. Rame en bois provenant d’une barque funéraire.
De tous ces puits, un seul avait échappé aux recherches des spoliateurs; il est situé à peu près dans l'axe de la pyramide, à proximité d'un grand massif carré construit en blocs de calcaire dégrossis et non appareillés, formant sans doute le noyau d’un mastaba dont le revêtement a disparu aujourd'hui. Les dimensions de ce puits, d'un mêtre à peine de section, le distinguent de tous les autres; il se termine à six mètres de profondeur. Là, nous trouvâmes, dans un étroit caveau fermé par une dalle, un coffre en bois peint en blanc (fig. 48), entouré de minces lanières de cuir, portant encore le sceau d'argile estampillé des signes qui indiquent la «double maison blanche» ou la garde-robe du roi (fig. 49). Il ne contenait qu'une volumineuse perruque, dont les fines tresses étaient formées de
Mémoires, 1. VL. 7
ces cheveux noirs et laineux qui appartiennent aux races soudaniennes. Cette coiffure avait souffert de l’action du temps, elle s’élait effondrée sur elle-même,
et il ne fut pas possible de la sortir de sa caisse et de la conserver intacte.