I. PYRAMIDE D'AMENEMHAT
Dès le début de la seconde campagne, tandis que se poursuivait l'exploration de la nécropole du sud, des recherches furent entreprises à quinze cents mètres environ plus au nord, à l'endroit où se remarquaient encore les vestiges d’un important monument funéraire.
Fig. 106. Plan et coupe de l'entrée de la pyramide.
En se dirigeant vers le nord, à partir de la pyramide d'Ousertesen [°, on suit d’abord une longue succession de vallonnements allant rejoindre en pente douce le lit sablonneux d’un ouady. Ce large ravin enserre de près la nécropole septentrionale; sur sa rive gauche, la berge abrupte forme terrasse; immédiatement
au-dessus se dresse la crête du plateau qui porte la pyramide; son pourtour, | | irréguliérement découpé, est moins vaste que celui de la nécropole méridionale. À lorient, le sol s'incline légèrement vers le Nahar Lebneh (voir le croquis topographique de la nécropole, pl. 1); en face, sur la rive opposée, se groupent les
maisons du petit village deLicht, auquel les deux pyramides ontemprunté leur nom. Nos travaux s’adressèrent d’abord à la pyramide, le seul monument apparent
Fig. 107. Vue de l'entrée de la pyramide.
de la région. Ge n’était plus qu’un simple tumulus, d’une forme à peu près conique, ayant à peine quinze mètres de hauteur; tout son pourtour, et particulièrement sa face occidentale, était bouleversé par les excavations qui ne cessaient d'y pratiquer
depuis des siècles les riverains venant y chercher des matériaux de construction (pl. AXIX).
Suivant la méthode que nous avions employée dans l'étude de la pyramide du
sud, des galeries furent poussées au travers de la masse des éboulis qui encombraient les faces du monument. La direction de ces tranchées avait été déterminée
avec soin, de manière à passer par l'axe présumé de la pyramide, autant que le relevé de la forme du tumulus permettait de le fixer. Ces travaux ne donnèrent aucun résullat appréciable; l'œuvre même de la pyramide fut atteint en chaque point, mais le revêtement ayant disparu, nous ne trouvämes que des murs irréguliers, d’appareillage grossier, ne pouvant même permettre d'établir exactement l'orientation des faces, et à plus forte raison leur longueur. Du reste, vu l'absence complète de revêtement, il devenait impossible de calculer la valeur des éléments de la pyramide (pl. XXX).
Ainsi,
les travaux pratiqués aux flancs du tumulus n'avaient, sur aucun point, rencontré de portion du revêtement en place, et d'autre part, les recherches dont la nécropole fut l’objet ne fournirent aucun débris pouvant être attribué à ce revêtement : or, avec leurs faces biaises, ces débris sont très caractéristiques et facilement reconnaissables. Les blocs du revêtement d’une pyramide sont toujours de grandes dimensionsÿ à la pyramide du sud, ils mesuraient 1 m. 60 cent. de haut sur un mêtre d'épaisseur, et leur longueur, très variable, atteignait parfois plusieurs mètres. De telles masses sont d’un transport difficile, aussi sont-elles toujours dépecées sur place, comme le prouve la quantité de débris de cette nature retrouvés dans la nécropole méridionale. Lei, rien de semblable, et l'absence de tout vestige pouvant être attribué au revêtement de la pyramide, nous permet de supposer que ce monument ne fut jamais achevé.
Les parties du gros œuvre de la pyramide qui furent mises au jour par nos recherches se présentaient sous des aspects peu caractérisés el assez divers. Parfois un amoncellement de gros quartiers de roches apparaissait au front de taille de la tranchée; ailleurs on rencontrait des murs presque verticaux, les uns, aux assises puissantes formées de larges dalles non dégrossies, les autres, d’un appareillage plus petit, grossièrement maçonnés. La roche employée provenait de la région même : c'est ce calcaire de peu de consistance qui forme l’ossature même de la chaîne lybique; son origine ne saurait être douteuse, nous avons en effet retrouvé au nord de la pyramide de vastes carrières, dont l'exploitation semblait remonter assez loin.
Malgré le peu de renseignements que nous ont fourni ces travaux, 1l nous est
permis, d’après l'aspect du monument, de considérer la pyramide d’Amenemhat [°°
comme ayant des dimensions bien plus modestes que celle de son successeur: quant au mode de construction, il devait être analogue, bien que plus rudimentaire et présentant un plan moins régulier. L'architecte d'Ousertesen [* reprit, en la perfectionnant, cette méthode, qui fut employée pendant toute la durée de la XIT° dynastie, pour la construction des pyramides, qu'elles fussent en pierre ou en briques.
Mémoires, t. VI el
Les déprédations dont cette pyramide fut de tout temps l'objet, ont continué jusqu’à l'époque actuelle. Lepsius, en effet, avait relevé, vers 18/0, beaucoup de détails de construction qui ont complètement disparu. Aussi nous ne pouvons mieux faire que de reproduire in extenso les intéressantes remarques du savant égyptologue, publiées dans le tome [* du texte des Denkmäler aus Æpypten und
Ællnopien.
Siein- und Ziepelpyramide No. EX,
die nôrdlichste, eme Viertelstunde vom Dorfe Lischt entfernt, von einem grossen Gräberfelde umgeben, doch ohne Aufweg, wie alle übrigen der 19“ Dynastie. Sie hat ca. go m. an des Basis, und ist jetzt noch Perring 89 ft. (—27 m.) hoch.
Westseite 0:333 1/3.
Der Lageplan bei Perring ist selbst als Skizze panz falsch; zwischen beiden Pyramiden führt ein ansehnliches Thal in die Wüste.
Die Westseie (s. die Skizze auf p. 213) der Pyramide ist abgebrochen und lässt den innern Bau sehen. Man sieht sowohl horizontale als verticale Abschnitte und die Verschiedenheit der Steine lässt deutlich erkennen, welche Teile zugleich gebaut sind. Es sind Würfel, dje an einander gesetzt wurden. Indem man die ganz unregelmässigen Steine der äussersten Schichten stehen liess und nach dem Innern zu arbeitete ist eine grosse fast panz senkrechte Wand zum Vorschein
gekommen, die sich, wenn man die halbe Hôhe der jetzigen Pyramide ersteigt, an 26 Fuss hoch präsentiert. Nach unten tritt diese Wand in zwei Absätzen ein Wenig vor (s. den Durchschnitt hierneben). Jede der beiden erkennbaren Stufen ist ca. 7 engl. Fuss hoch; dann folet nach oben ein Abschnitt von 6 Fuss. Das weist auf horizontalen Stufenbau hin; dass aber auch in verticalen Abschnitten gebaut wurde, d. h. in verschiedeuférmigen, nebenemandergesetzten Würfeln, geht aus den angegebenen Linien hervor, die ohne Verbindung an einander gelegte
Mauern anzeigen: dass diese Würfel
auch nicht in unmittelbarer regelmäs-
Durchnitt [ohne masstab].
sigen Folge gebaut wurden, geht aus den verschiedenen Materialien hervor, die dazu dienten; die schraffierten Wäürfel sind aus einem dunkelgelben Steine gebaut, die andern aus einem ganz verschiedenen weissen Sleine, und so unterscheiden sie sich zugleich für das Auge; die Wand sieht wie aus einzelnen Stücken zusammengellickt aus. Des Würfel b steht vor e und d vor; e stand früher auch vor, ist aber jetzt abgebrochen; dagegen ist d glatte Mauer, an die nach vorn (nach Westen) eine andere angelegt war; e tt wieder abpebrochen, und lief so weit vor, wie die unterste Stufe f; der Würfel b geht ober tiefer nach inneu als die plate Fläche d. Rechts ist diese ganze Wand erst durch ein gleichmässig abgebrochenes Stück 9, das aus kleinen Steinen regelmässig aufoebaut ist, hier im Profil erscheint und nach S. als hohe vôllig glatte Mauer von oben bis unten erscheint, dann durch den Bauh und | begrenzt, welche beide | Mauern | auch im Profil erscheinen, weil sie an die Südseine der Pyramide angelehnt waren. Sie besteht [so!, also wohl die Mauerp | aus kleinen unregelmässigen Steinen, in die von Zeit zu Zeit grosse Blôcke eiugelegt sind. Hier, an der S. W. Ecke der Pyramide, sieht man am tiefsten auf den Grund, und grosse Blôcke, die hier unten in Lage liegen, scheinen einen grossen massiven Ünterbau? gebildetzu haben, auf dem die kleinsteinigen Mauern errichtet waren, wenn sich nicht gar der natürliche Fels bis hierher erhebt, was aber weniger wahrscheinlich ist. Rechts von k tritt wieder der unregelmässige Schutt weit nach W, vor; À und { bilden eigentlich eine Masse, in die ein üefer Einschnitt nach 4 hintergemacht ist, die Linie dazwischen [zwischen / und /]ist nur dadurch entstanden. Dieser Bau, der weniger massiv als der Kern ist, bildete für diesen eine Art Mantel; auf diesen folgte aber nach aussen wieder ein Zegelbau, wie namentlich an der S. und 0. Seite zu sehen ist. An der Südseite erscheint
AS ET ee ER —, «
ein Stück k wie eine senkrechte Mauer, 1,40 m. dick; die Ziegel, die schwarz sind
und wenig Stroh enthalten, sind klein und dünn. Dieses Ziegelbau muss also
wieder einen Mantel gebildet haben, der nach oben ganz verloren ist, und über
den Ziegeln muss dann erst die äusserste Bekleidung, von der nichts mehr zu sehen
ist, gefolpt sein. Daher das grosse Missverhältnis zwischen Basis und Hühe. Die kleinen Steine des Baues h L sind mit Nilerde verbunden; um diese (g) herum liegen die kleinen Steime mit grossen Blôcken vermischt, diezuweïlen und namentlich mehr nach aussen häufiger werden (A. {.). Dann folgt der Nilziegelbau, dann ganz kleinkôrniger Schutt, statt der Bekleidung, Die grossen Blôcke sind nicht
scharf zugehauen (sondern unrepelmässig kaum in Lagen (M), Auch die Ziegel-
mauern scheinen keinen massiven Mantel gebildet zu haben, sondern zum Teil mit Nilerde ausgefüllt gewesen zu sein; so scheintes an der O. Seite. Der grôsste Teil der kleinen Mauer — oder Füllsteine ist Mokat-
temstein, die grossen Blôcke sind vom Fels des Ortes; unter den 8 ;
kleinen finden sich auch abgebrochene rote Zeichen, w ahrscheinlich Schutt aus den Steinbrüchen. odes Abfall von Blôcken anderer Gebäude.
An der Ostseite sind noch die grossen Stufen der um die kleinsteinigen Wände gelegten grossen Blücke zu sehen; sie waren ca.
20 engl. Fuss hoch ; die Pyramide von Stein
hatte 5 solche Stufen bis zur Seite der jetzi-
gen Pyramide ®);nach demInnerbau scheint
es, dass jede Stufe wieder in Unter stufen von 7 oder 6 Fuss geteilt war (s. oben).
Nehmen wir die Linie ag als den Abschnitt
einer Stufe an, so trifft gerade die Hôhe
S. 0. Ecke [one masstab].
emer dritten Stufe von 20 Fuss mit ibr
zusammen; da nun der Punkt m ungefähr gegeben ist; und die grossen Blôcke hinter k, so erhalten wir ungefähr die Neigung und die Hôhe; danach war das Plateau der obersten Kernstufe ca. 10 Fuss über der jetzigen Spitze, 100 Fuss über dem Boden; die Spitze des Ziegelmantels pyramidalisch gedacht ca. 400 Fuss hoch, die der äuss
rsten Bekleidung ca. 153 Fuss hoch = 7 m. Die Pyramide konnte hôchstens steiler sein, aber nich flacher.
Das in Klammern Geschlossene, das im Texte des Foliobandes I fehit, nach 12° IV 164.
19° IV 169 : «Die Pyramide hatte 5 solche Stufen ohne was nun um diese wieder lag (die Spitze als eine Stufe gerechnet)».
FOUILLES DE LICHT. 93 Die nürdhchen Hüpel, die wie Reste von Pyramiden aussehen, sind nie Pyramiden gewesen; sie sind ausgehôhlt, wahrscheinlich zu Steinbrüchen: südlich
aber ist ein Felsabhang mit Gräbern (s. den Plan L D, 1, 43).
Stepyramide No. LXI®, auf dem südlichen Plateau von Lischt, ein fast umzugänglicher, schutthedeckter Haufen von ca. 1 10 m. an der Basis (450 feet nach Perring) und 6ofeet(= 91 m.) nach P. hoch. Es scheint, dass die Pyramide ziemlich hoch war.
Sleinpyramide No. LXIT,
klein, 30 m. an der Basis, zu der vorigen gehôrig, an deren Nordseite sie stand.
Slenpyranide No. LXI,
bis auf Schutthaufen zerstôrt; sie hat zwar auch nur 45 m. an der Basis, scheint
aber doch emem Kônige zuzugehôren, und keine Nebenpyramide von No. LXT zu
sein. Sie ist nicht wie die Nebenpyramiden neben einer grôsseren gelegen, sondern liegt auf einem besondern Plateau über Eck mit No. LXI, versammelt ein besonderes Gräberfeld um sich, und hat selbst an der S. W. Ecke eine Nebenpyramide
neben sich, die
Steinpyramide No. LXIV,
die nur 20 m. an der Basis hat und auch fast abgetragen ist. Die Pyramide No. LXIIT scheint daher einem Kônige angehôrt zu haben, der
nur wenige Jahre repierte, vielleicht der Skemiophris.
M. Maspero, en même temps qu'il déblayait l'entrée de la pyramide méridionale, faisait opérer des recherches analogues au tombeau d’Amenemhat I®. Il découvrit sur la face nord du monument une étroite galerie, œuvre des spoliateurs de l'antiquité. Ge cheminement, qui ne mesure que o m. 50 €. à o m. 60 c. de hauteur sur une largeur semblable, suit à l'extérieur la paroi droite de la descenderie, formée d'énormes prismes de granit juxtaposés (fig. 106, voir p. 87). Après un parcours fort irrégulier au travers d’une masse instable de débris de roche mêlés
x k ; à du sable, ce couloir se termine en eul-de-sac à trente-quatre mètres de son
0) Pyramide des Kônigs (© Fi Li) À LE me, .
Ta Ta TRES AE LEE 94 J. E GAUTIER ET G. JÉQUIER.
orifice; à gauche, sous le bloc de granit, un passage ayant à peine o m. 30 cent.
de hauteur, donne accès dans la descenderie qui elle-même, aboutit deux mètres plus loin, à une chambre de forme carrée, dont la partie centrale est occupée par un puis laissant tout autour une margelle de o m. 5o cent. environ. Ge puits, déblayé jusqu'à huit mètres de profondeur, rencontra à ce niveau la nappe d’eau qui partout ailleurs vint interrompre les recherches.
Lei, comme à la pyramide méridionale, le couloir donnant accès aux appartements funéraires, est une descenderie à section carrée, mais d’une pente plus faible, d'environ 10°. Le blocage est de même nature : ce sont de pros prismes de granit qu'on a glissés dans le couloir, mais l'appareillage de ces blocs est moins précis : sans doute, le peu d’inelinaison de la pente devait rendre plus difficile le glissement de ces masses pesantes (fie. 107, voir p. 88). Parmi les matériaux employés dans cette construction, nous avons remarqué, tant dans la descenderie qu'à l’orifice du couloir des spoliateurs, divers blocs ayant appartenu à des
monuments de l’ancien empire, dont nous aurons l’occasion de reparler plus loin.