IV. TOMBEAU DE NAKHT
Vers l'angle sud-est de l'enceinte se trouve, touchant presque le mur, un
monument de briques en si mauvais état qu'on peut à peine en délimiter le
contour; dans ce vaste massif rectangulaire, on distingue deux petites chambres
er
vers l'angle sud-est. Un large mur de briques descend obliquement du côté de la vallée. En dehors de cette construction se trouve un grand puits, de section presque carrée (fig. 98, p. 81), qui descendait jusqu'à dix-sept mètres de profondeur environ, et là, donnait accès, par des portes pratiquées sur chacune de ses faces, dans quatre sépultures absolument distinctes les unes des autres, simplement creusées dans la roche.
Trois de ces tombes étaient violées et aucun objet n° fut découvert; de l'une d'elles peut-être provient un petit objet trouvé dans les décombres qui remplissaient le
puits : c'est le socle d’une petite statuette d’un personnage
debout dont on ne voit plus que les pieds; elle est en
calcaire revêtue d’une couche de peinture rouge où se
dessine, en hiéroglyphes cursifs tracés à l'encre noire, une courte inscription donnant le nom du défunt, Mentouhotep, fils de Hor-
hotep (fig. 99).
La quatrième chambre communiquait par un long
couloir sinueux avec la porte pratiquée dans la paroi ; hiea k Ha ouest du puits; elle était encore fermée par une légère muraille de briques quand nous y pénétrâmes. De même que les trois autres sépultures, celle-ci forme une cavité à peine dégrossie, à peu près carrée. Le
mobilier funéraire était des plus simples : un ou deux
vases en terre très grossière seulement gisaient dans un coin, et, à côté du sarcophage, une ravissante petite statuette en bois dur (fig. 100), représentant le mort debout, vêtu d’un pagne long, avec une figure très expressive malgré la petitesse des proportions; son nom, Nakht, est gravé sur le socle. Les trois autres tombes étaient vraisemblablement aussi pauvres que celle-ci, et c'est sans doute cette raison qui l'aura fait
négliger aux spoliateurs, certains‘ de n'y trouveraucun objet de valeur. Fig. 100. Statuelle de Nakht. La momie était complètement pourrie; elle était
couchée dans un double sarcophage qui reposait dans un coin de la chambre. Ge cercueil, de même forme que celui de Sesenb-nef, à part le couverele qui en était plat, avait des dimensions un peu plus petites; il avait aussi beaucoup souffert
FOUILLES DE LICH
Fig. 98.
Plan et coupe du tombeau de Nakht.
mores, t. VI.
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de l'humidité et tombait en poussière presque au moindre contact, mais :nous
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Fig. 102. Parois latérales extérieures du premier sarcophage.
pümes cependant encore relever une bonne partie des inscriptions, au moins de celles des parois latérales, les petits côtés étant complètement désagrégés.
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Fig. 103. Inscription du couvercle du deuxième sarcophage.
Ici, comme d'habitude, nous avons à l'extérieur, sur les faces de droite et de gauche (fig. 101 et 102), des formules très simplifiées, toutes au nom du pro-
ne I 5 mn priétaire du tombeau, le à 3, une ligne horizontale surmontant qua- = Y" 0
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tre colonnes verticales, le tout peint en bleu. La bande d'hiéroglyphes du même style qui se trouvait sur le couvercle était presque complètement effacée. A l'intérieur de ce premier sarcophage, nous trouvons sur la paroi de gauche
RANCE MENENS TNT A 8
Fig. 105.
Inscriptions du deuxième sarcophage.
tout d'abord une nouvelle ligne de grands hiéroglyphes, puis, au-dessous, à côté de la traditionnelle porte de tombeau, la représentation des objets nécessaires au mort dans l’autre monde, dressés sur des tables basses, puis un amoncellement de victuailles, et enfin une longue liste d'offrandes (pl. XXVIT). Le tout était peint d'une manière assez négligée, les hiéroglyphes cursifs tracés en noir.
De l’autre paroi, il ne reste qu'une partie du texte qui se trouvait dans le bas, inscription très mutilée, à laquelle manque la portion inférieure de toutes les colonnes (pl. XXVIIL, a). Par contre, celle qui était tracée sous le couverele
FOUILLES DE LICHT. 85 a pu être relevée entièrement et ne présente que des lacunes insignifiantes (pl. XXVIIE, b) (.
Le sarcophage interne était en beaucoup plus mauvais état encore que le précédent. C'était en dehors, la même disposition (fig. 103 à 105), tant pour les parois latérales que pour le couverele, mais la décoration intérieure avait totalement disparu.
(Cf. le même texte dans Lepsius, Aelteste Texte, pl. , et seq.