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Fig. 4. Décoration du mur d'enceinte.
Mémoires, t. VI.
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décoration était partout la même, et permettent de la reconstituer d’une manière absolument certaine. Tous les cinq mètres. en effet, tant à l'extérieur qu'à l'inté-
rieur du mur, le même motif se reproduit. occupant toute la hauteur du mur sur
Fig. 5. Décoration du mur d'enceinte.
lequel 1l se détache en relief. Sa largeur totale est de o m. go cent. Nulle part nous n'} avons relevé des traces de peinture.
La partie inférieure représente en bas relief des porteurs d'offrandes, du type ordinaire. Au-dessus était la bannière royale, surmontée de l'épervier couronné du pschent et terminée en bas, comme d'habitude, par la représentation d’une
orte de tombeau. La sculpture de ce sujet est excessivement soignée, et les (D E ÿ :
moindres détails de lornementation sont gravés à la pointe avec une finesse extrême; nous en avons retrouvé deux variantes légérement différentes Fune de l'autre; la première est complète (fig. /), tandis qu'à la seconde il ne manque que la partie supérieure (fig. 5); tous les fragments découverts çà et là se rapportent à ces deux modèles (pl. VI).
Dans ce qu'on est convenu d'appeler la bannière, K le nom d'Horus du roi Ousertesen I, ? fl = \
est toujours accompagné du nom ou du prénom
se trouve pas isolé, comme d'habitude, mais il
(®) — 2 \ 4 AVE + —#— Ou © , sculptés en caractères de très
grandes dimensions. Au-dessus de la bannière, un
—— épervier coiffé du pschentse détache en haut relief; CN : :
l dan il suit la courbure du chaperon, et sa couronne, ANA qui arrive Jusqu'au faîte du mur, y rejoint l’extrémité de celle de l'épervier placé sur l'autre de. ii face (fig. 6).
Les deux décorations, comme nous l'avons dit plus haut, sont done des deux côtés du mur, absolument symétriques. ,
L'identification de la pyramide se trouvait ainsi déterminée d’une manière absolue par la présence
de ces grandes représentalions semées à profusion
tout le long du mur de la première enceinte; le Æ nom d'Ousertesen [°° y figurait gravé en caractères monumentaux et elles étaient placées dans la position la plus en vue de la nécropole. La découverte des statues et de la chapelle funéraire devait, du reste, confirmer encore cette certitude.
Toute la partie comprise entre ce mur et la
base de la pyramide était recouverte d'un beau
| À dallage en calcaire blanc; il ne semble pas avoir
Ë Fig. 6. Décoration du mur d'enceinte 1) g- 6. ‘ Re PR | ï ” Reconstitution de M. G. Jéquier.
FOUILLES DE LICHT. 18 eu de constructions, autant du moins que peuvent le faire supposer les sondages effectués dans cette région. Il y a lieu de remarquer cependant que les abords k de la pyramide offraient un terrain très difficile à reconnaître: les débris qui
. . . Wu recouvraient le sol en place avaient une très grande épaisseur. Les sondages au ID 1e . . * . | milieu de cette masse composée principalement de quartiers de roche, demandaient
une somme de travail telle qu'il ne nous fut pas possible de les multiplier.
Nous n'avons donc aucun renseignement pré
ais sur celle première enceinte, mais 11 nous est permis de supposer qu'elle communiquait avec l'extérieur parune , ! porte, située sans doute sur la face orientale. dans l'axe de la chapelle funéraire; Il
nos travaux n'ont cependant pu retronver les assises de cette porte, le dallage [|
lui-même ayant disparu dans l'emplacement qu'elle devait occuper. |
Q £ Dre ñ ’ ; : ; La grande tranchée qui avait amené la découverte du mur d'enceinte de pierre et du cheminement des chercheurs de trésors nous fournit un document relatif à
l'antiquité des spoliations(fig. 7). Au sud de la pyramide et à l'intérieur de lapremière
Mur d'enceinte en calcaire
Décombres
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Fig. 7. Coupe de la tranchée du Sud. Î \
enceinte nous ayons mis à jour un amas de décombres qui, allant jusqu'au mur, se
trouvait en face de l'orifice de la galerie des spoliateurs dont il a été question 8 ] I
plus haut. Ces déblais provenaient évidemment de celle-ei et n'avaient subi aucun
remaniement depuis l'époque du forage de cette voie souterraine. Les couches de
débris qui s’y rencontraient suivaient, en effet, l'ordre de succession des terrains dans le sous-sol et à la parhe supérieure. On reconnaissait le calcaire marneux qui dans cette région n'apparait qu'à partir de dix mètres de profondeur.
À l’époque du ereusement de la galerie, le revêtement de la pyramide était en place et sa masse croulante n'était pas venue combler l'espace qui la séparait
de son mur d'enceinte. Celui-ci n'avait pas encore subi l'action des efflorescences
= “ à 2 no à D a a 4 éR salines qui, dans cette région, désagrègent si rapidement le calcaire exposé à
leurs atteintes.
D'autre part, ces déblais, imprégnés de salpêtre, avaient acquis une certaine cohésion, aussi lorsque les efflorescences eurent profondément rongé le mur d'enceinte, conservèrent-ils leur forme première, montrant de ce côté un plan vertical (v.fig. 7, ligne A B) qui n'était autre que l'empreinte du bloc contre lequel ils étaient venus s'appuyer alors qu'il était encore en place.
Il semble résulter de cette observation qu'on doive faire remonter l'époque de cette tentative de spoliation à'une date assez voisine de celle de la construction
de la nécropole. :
On sait. en effet, combien promptement dans cette partie de l'Égypte s'exerce ce travail de désagrégation; notre habitation de Maharraq en est un exemple : bien que sa construction remontât au plus à soixante ans, nous dûmes consolider sa base affouillée, dont les assises inférieures avaient presque complètement disparu.
Le fait que les déblais extraits de leur galerie par les voleurs sont restés à la place même où ils les ont déposés, nous prouve que nous n'avons pas affaire ici à des fouilles elandestines, mais que la spoliation a été opérée soit par ordre supé-
rieur, soit à un moment où il n’y avait plus de gardiens préposés à la conservation du tombeau royal. Cette spoliation méthodique qui s'étend sur toute la nécropole memphite, a été ici aussi complète, sinon plus, que partout ailleurs: aucun point ne semble avoir échappé à l'acharnement de ceux qui s'y employèrent : dans la seule enceinte de la pyramide, où nous avons exploré plus de soixante puits, toutes les tombes avaient été violées, vidées et sondées avec le plus grand soin. À défaut de renseignements précis sur l’époque où eut lieu ce pillage, qui comme
nous l'avons vu plus haut, n’a pas dû être fort éloignée de celle de la construction
de la pyramide, l'hypothèse qui vient le plus naturellement à l'esprit est de la fixer sous le règne des Hyksos, rois étrangers qui avaient tout intérêt à détruire
la mémoire des maîtres légitimes de l'Égypte et à prendre possession des richesses
| renfermées dans leurs tombeaux.
Si cette supposition est vraie, nous pouvons considérer cette spoliation comme
une des raisons qui engagèrent les rois thébains du Nouvel Empire, par crainte
de partager un jour le sort de leurs ancêtres après leur mort, à abandonner leur
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1h mode de sépulture, à rechercher pour eux-mêmes un des ravins les plus isolés de la montagne thébaine, el à creuser leurs tombeaux loin de leurs somptueux temples funéraires élevés dans la plaine.
Un autre genre de spoliation a amené la ruine totale des monuments funéraires:
des siècles durant, les habitants du pays se sont accoutumés à considérer comme
une carrière les nécropoles abandonnées de leurs morts et de leurs gardiens. Les murailles de pierre, le revêtement de la pyramide, le dallage même, tout disparut peu à peu, le reste s'éboula; il n°y a plus maintenant, au lieu où s'élevaient ces grandioses monuments, que des masses informes de débris. des amoncellements de blocs brisés au milieu desquels il est souvent bien difficile de relever un plan architectural et de reconnaitre quelques fondations échappées à cette œuvre de destruction à laquelle chaque siècle semble avoir pris sa part.
Du sommet de la pyramide, l'inspection du terrain nous avait fourni de précieux renseignements permettant de donner, dès le début, une direction à nos travaux (pl. VIT). Sous la lumière frisante du soleil oblique, les ombres de légers
ressauls, apparus en quelques points, nous avaient révélé l'existence d’une vaste
S BR N - .: ste ne S 7 Double enceinte Enceinte Enceinte Enceinte a lu Sud en caleaire encakaire en briques 4
Fig. 8. Coupe d'ensemble de la nécropole. &
enceinte rectangulaire. Son périmètre, reconnu sur les quatre faces, délimitait |: A le champ où devaient, tout d'abord, s'exercer nos efforts (fig. 8). C'est en effet à k || l'intérieur de cette enceinte que nous pouvions espérer retrouver les tombes des D personnages appartenant à la famille royale et les vestiges du temple funéraire. 3
Nos premiers travaux délimitérent la grande enceinte : construite en briques À crues, elle affecte la forme d’un carré dont le côté mesure deux cent cinquante
mètres environ. Au sud, l’enceinte est double et les murs qui la constituent sont distants de quinze mètres. Ces constructions, rasées presque partout jusqu'à la base, ont totalement disparu sur une partie du pourtour. L'épaisseur des murs à
leur fondation est de 2 m. 70 cent.; aucun indice n'autorise à en fixer la hauteur primilive. Leur état de délabrement est tel que seule, la position d’un des angles de l'enceinte put être relevée d’une façon précise, par conséquent, les mesures précédemment données doivent être tenues pour approximatives. Îl est à noter que les angles du nord-ouest et du nord-est , au lieu d'être droits, présentent une erreur d'environ 0° 30': la figure de l'enceinte se rapproche done plutôt de
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celle d’un losange. De semblables fautes ont élé signalées dans diverses nécropoles
égyptiennes; pour ce qui regarde cette enceinte, elles sont absolument né gligeables. L'orientation des enceintes, comme celle de la pyramide, est N-4° E, inter-
médiaire entre le nord vrai et le nord magnétique.