‹ Mémoire sur les garanties de catholicité et de succès de la constitution spéciale que le Saint-Siège et la nécessité des circonstances ont donnée à l'Université Laval à MontréalChapitre 13 sur 26 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Avous-nous à Montréal, dans notre Constitution universitaire, la perfection du genre ? ce n'est par là notre prétention. Je prétends seulement que, étant données les circonstances, nous avons réussi, même au delà de toute espérance, à établir légalement le mode d'être le meilleur. Gomme toutes les choses humaines, notre oeuvre est sans doute perfectible, et, au besoin, nous travaillerons volontiers à la perfectionner, en respectant les droits acquis d'un chacun, en même temps que les grands intérêts publics.

Ce qu'il y a de singulier, dans cette affaire, c'est que ceux qui nous reprochent d'avoir, dans notre Constitution particulière, des lacunes, sont ceux-là même qui, par la délicatesse des situations qu'ils ont contribué à créer, nous ont empêchés, en grande partie, d'êt)"e plus complets. Au lieu de nous embarrasser, qu'on nous aide, et bientôt toutes les objections auront disparu: c'est d'autant plus facile que le remède à tous les maux existe dans la Constitution de l'Université elle-même, je veux dire la Constitution canonique que lui a donnée le Saint Siège. Pourquoi s'obstiner à ne pas y avoir recours ?

Ce remède se trouve dans le Conseil Supérieur des Evêques. Sur ce point la Constitution Jam dudum s'exprime clairement :

" Les Evêques des deux Provinces de Québec et de Montréal se " réuniront tous les ans pour prendre connaissance de l'enseignement " et de la discipline de l'Université, et ils détermineront d'un com- " mun accord tout ce qui sera jugé nécessaire suivant les temps et " les circonstances. „

Voilà le tribunal auguste, régulièrement constitué par le Saint Siège, oii devrait être porté le règlement des difficultés, au fur et à mesure qu'elles se présentent.

L'épiscopat, chez nous, malgré nos misères, est encore respecté. Il a fait la nation, il a protégé toutes nos libertés religieuses et civiles, et le peuple le sait. Son caractère le met au-dessus des luttes de parti; et son intérêt est de rendre justice à tous les droits, à toutes les aspirations légitimes qui font appel à son impartialité. On accepte volontiers, en général, sa missiou de diriger dans toutes les matières qui touchent à la foi et aux moeurs; et, dans tous les cas difficiles, il est le seul modérateur qui soit acceptable à tous.

C'était l'opinion de Mgr A. Racine, Evèque de Siierbrooke, lorsqu'il écrivait à TEminentissime Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, le 6 janvier 1892:

" Là, dans l'ëpiscopat réuni des deux Provinces, se trouve le " vrai, le seul lien de l'unité universitaire, si importante à conserver " pour l'avenir de notre pays; là se trouve la solution de toutes nos " difficultés, si toutefois cette autorité suprême est acceptée réelle- " ment et pratiquement dans les deux sièges de l'Université, et si " cette autorité elle-même peut et veut exercer les droits qui lui sont " confiés. „

Dès l'année 1890, j'exprimais la même idée: " Toutes nos diffi- " cultés ne trouveront de solution véritable et durable que dans l'ac- " tion supérieure, libre, indépendante et efficace de l'épiscopat. En " debors de là, il n'y aura que des triomphes momentanés, des vic- " toires plus désastreuses que des défaites, et des luttes toujours " renaissantes, luttes d'autant plus déplorables que des prêtres et de " puissantes institutions ecclésiastiques y sont mêlées. „ (Lettre de l'abbé J. B. Proulx à Son Emimnce le Cardinal Simeoni, 1" juin 1890).

Je termine ici ce long Mémoire. J'ose espérer avoir répondu, d'une manière satisfaisante, aux accusations que l'on porte contre nous. Pour en arriver là, j'ai dû démontrer que le mode d'être actuel de l'Université Laval à Montréal a été établi, à raison des exigences des circonstances, par l'initiative, ou sous la diretion et avec l'approbation du Saint Siège; qu'il est en conformité avec les décrets romains et qu'il respecte les droits de l'Université Laval ; enfin qu'il a produit les meilleurs résultats.

Espérant que cette démonstration prouvera, on ne peut plus clairement, à Votre Eminence, que tous, dans la Province ecclésiastique de Montréal, unis dans un même effort, Evèques, Prêtres, Laïques de bonne volonté, nous sommes à faire de l'Université Laval à Montréal une grande Institution, qui n'est pas indigne des sympathies et des faveurs du Saint Siège, je demeure dans les sentiments du plus profond respect et de la vénération la plus haute.

De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur,

Le très humble et très obéissant serviteur, J. B. PROULX pire, Vice-Rect.

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