‹ Mémoire sur les garanties de catholicité et de succès de la constitution spéciale que le Saint-Siège et la nécessité des circonstances ont donnée à l'Université Laval à MontréalChapitre 19 sur 26 · DOCUMENT N.° VIL · texte numérisé non relu

DOCUMENT N.° VIL

Perillustri Viro Honorato Mercier, Praesidi Summi Concilii Provinciae Qiiaebecensis, LEO PP. XIIL

Dilecfe Fili, salutem et Apostolicam Beneditionem.

Perlatum est ad Nos unionem scholae medicae jam diu in civifcate Montisregii exstantis cum facultate medicinae Universitatis Lavallensis in dicta Urbe erecta, coUatis inter eos Doctores consiliis, in eo jam esse ut perficiatur; publicaraque legem eidem sanciendae brevi in summo provinciae concessu fore proponendam. Quae quidem duarum facultatum in unum corpus conjunctio, cum et pacificandis animis provehendaeque in eo studiorum domicilio doctrinae maxime conducat, optanda imprimis, omnique prorsus conatu exquirenda est. Enimvero confidimus pro tua in gerendis negotiis dexteritate ac spectata in Ecclesiam catholicam fide negotium hujusmodi, ea lege rogata, te esse ad optimum plane exitum perducturum. Quod si effeceris, et rem civitati provinciaeque tibi ci'editae profecto utilem, Nobisque gratissimam perfecturum ambigendum non est.

Intérim coelestium munerum auspicem Nostraeque benevolentiae testem Apostolicam Benedictionem Tibi peramanter in Domino impertimus.

Datum Romae apud Sanctum Petrum, die XIX Novembris An. MDCCCLXXXX, Pontificatus Nostri Decimo tertio.

(Signé) LEO XIIL

(Traduction).

Au très illustre seigneur Honoré Mercier, Premier du gouvernement de la Province de Québec.

Cher fils y sahd et bénédiction apostolique.

On nous a rapporté que l'union de l'Ecole de Médecine qui existe depuis longtemps dans la ville de Montréal, avec la Faculté de Médecine de l'Université Laval, qui a été érigée dans la même ville, après que les docteurs en ont conféré

entre eux, en est actuellement au point de s'accomplir ; et que^ pour la sanctionner, on doit présenter un projet de loi à la Législature provinciale. Cette union des deux facultés en un seul corps, comme elle est un puissant moyen de pacifier les esprits et de promouvoir la science dans le domaine de ces études, est tout à fait désirable, et mérite qu'on fasse les plus grands eiîorts pour la faire réussir. C'est pourquoi nous avons confiance que, vu votre habileté dans la conduite des affaires et votre dévoûement bien connu envers l'Eglise catholique, vous saurez, au moyen de la loi que l'on demande, conduire à la plus heureuse issue une affaire de cette importance. En le faisant, il n'y a pas de doute que vous ne rendiez service à la ville de Montréal, ainsi qu'à la Province dont le gouvernement vous est confié, et vous Nous serez agréable à Nous-même.

Comme gage des faveurs célestes, et comme marque de notre bienveillance, Nous vous accordons, avec une grande affection en Notre Seigneur, Notre bénédiction apostolique.

Donné à Rome près Saint-Pierre, le 19 novembre 1890, en la treizième année de notre pontificat.

(Signé) LÉON Xm.

DOCUMENT N.° VIIL

Déclaration de Monseigneur le Recteur de V Université Laval, faite devant le comité des Bills Privés, le 29 novembre 1890.

Afin d'être bien certain d'exprimer seulement ce que je veux dire, et que l'on comprenne mieux aussi ce que j'aurai dit, j'ai pris soin de mettre par écrit les observations et déclaratious que je viens soumettre à cet honorable comité.

Le projet de loi actuellement soumis à la discussion nous avait d'abord paru demander certains amendements.

D'un côté, en effet, nous avions par devers nous une foule de documents émanés du St. Siège dans lesquels les droits de l'Université Laval et les décrets pontificaux étaient constamment maintenus. Dans l'acte même de la délégation donnée aux archevêque et évêques de la province ecclésiastique de Montréal pour travailler à réaliser l'union tant désirée entre Laval et Victoria, il est explicitement dit " que le St. Siège verrait avec la plus grande satisfaction se réaliser l'union projetée, sans préjudice toutefois des droits de l'Université Laval, ni des Décrets pontificaux. ,

D'un autre côté, la loi proposée, d'après l'opinion de plusieurs de nos plus habiles légistes, paraissait froisser les droits de Laval et blesser les décrets pontificaux.

Nous nous trouvions aiusi dans une espèce d'embarras et de perplexité, et nous nous demandions s'il ne serait pas à propos, afin de nous conformer davantage aux décrets pontificaux, de suggérer des amendements à la loi, amendements

qui auraient fait disparaître tout doute et qui auraient renfermé les voloute's expresses du St. Siège telles qu'exprimées dans la constitution Jarn diidum.

Nous en étions là, lorsque la lettre du St. Père à l'honorable premier ministre, demandant expressément l'adoption de la loi, est venue nous tirer d'embarras et éclairer la situation d'une vive lumière.

Du moment que le texte de cette lettre nous fut connu, le rôle de l'Université fut tout tracé; car aujourd'hui, comme par le passé, l'Université veut ce que veut le Saint-Siège, dès que la volonté du Saint-Siège lui est sûrement et clairement connue.

L'Université Laval est avant tout une Université catholique, et, comme telle, elle a non seulement le devoir d'obéir aux moindres désirs du Saint-Siège, mais encore celui de prêcher l'obéissance à ceux qui veulent l'entendre. C'est ce qu'elle vient faire aujourd'hui par la bouche de son recteur devant cet honorable comité, en exprimant la déclaration suivante.

L'Université Laval, — et quand je dis l'Université Laval, je la prends dans toute l'étendue de son personnel dirigeant, c'est-à-dire ayant à sa tête son Chancelier apostolique, l'Eminentissime Cardinal Archevêque de Québec, — non seulement ne s'oppose pas au projet de loi qui est devant cet honorable comité, non seulement ne suggère aucun amendement quelconque, mais encore désirant sincèrement et de toutes ses forces que les volontés du Saint-Père s'accomplissent, demande instamment que le projet de loi soit adopté.

En conséquence, l'Université prie tous ses anciens élèves et tous ses amis, faisant partie de l'une ou l'autre des deux chambres de la législature de Québec, de favoriser de toutes leurs forces l'adoption de la loi qui leur est actuellement soumise. En agissant de cette sorte, qu'ils soient assurés qu'ils se montreront extrêmement agréables à l'Université Laval, à son Chancelier apostolique l'Eminentissime Cardinal Archevêque de Québec, et au Saint-Père lui même. Université Laval, 27 novembre 1890.

Benj. Paquet, Ptre Recteur de l'Université Laval.

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