MÉMOIRE
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Considérations générales
Le comté de Beauce, dans la province de Québec (Canada, dont
Nous nous Occuperons spécialement dans cette étude, est traversé
dans sa plus grande largeur par la rivière Chaudière, un des
affluents du Saint-Laurent, constituant le principal déversoir
d’une série de cours d’eau de moindre importance.
Le cours général de la rivicre Chaudière est S.-S.-E, — »
Prenant naissance dans le lac Mégantic, à quelques kilomètres
de la fronticre des Etats-Unis, elle à
eçoit sur sa route les eaux de diverses rivières parmi lesquelles nous citerons :
La rivière du Loup; La riviere Famine; La rivière Gilbert ;
La rivicre des Plante,
et vient se jeter dans le Saint-Laurent presque en face de Québec.
Sur tout son parcours, elle traverse un pays boisé, dont les ondulations n'exeédent pas une hauteur moyenne de cent mètres.
Cette contrée, bien que relativement peu peuplée, est sillonnée dé nombreuses routes et chemins de communication qui en rendent Paccés facile,
Elle est traversée dans une de ses parties par la ligne du cheain de fer de Boston à Québec et ne tarder pas à être reliée à la frontière des Etats-Unis par une nouvelle ligne actuellement en construction qui, après avoir suivi la vallée de la Chaudivre jusqu'à la rivière du Loup, longera cette dernivre vallée jusqu'à la frontière,
Toutes Les rivières mentionnées ci-dessus ont elles-mêmes de nombreux affluents, formant un réseau de cours d'eau qui couvre toute la contrée, et rend ce pays un des mieux aménagés du globe au point de vue de l’eau et du bois, ces deux éléments primordiaux de toute exploitation industrielle.
Historique des placers canadiens. — Législation
Les gisements aurifères du Canada,connus depuis une trentaine d'années, n'ontété jusqu'ici exploités que par des méthodes primitives et pau: l'effort individuel de quelques chercheurs d'or dont l'action isolée ne pouvait donner de résultats sérieux.
Eu effet, la législation minière du Canada décourageait tout esprit d'entreprise,
Les chercheurs d'or étaient plutôt considérés comme des bracouniers qu'autre ehose, et ils étaient traités on conséquence,
Les descendants des anciens seigneurs, c'est-à-dire des premiers colons, ayant obtenu des concessions sous la domination francaise, avaient toujours prétendu qu'en vendant leurs propriétés, ils mavaient aliéné que le droit à ln surface du sol, et non le droit AUX mines que le sol pouvait recéler,
De là, des contestations sans nombre, des procés sans fin, des décisions contradictoires rendues par les différents tribunaux, qui faisaient du régime minier, dans ce Pays, une véritable bouteille à l'encre,
Frappé des obstacles que cet éat de choses opposait au développement des richesses minivres du Canada, richesses dont. on n'a jusqu'ici qu'une faible idée, l'honorable M. Chapleau, premier ministre de la province de Québec, se mit à la tête d'un mouvement tendant à la réforme de ces pratiques surannées, et à l'établissemeat d'un régime minier offrant toutes garanties de sécurité AUX Capitaux qui viendraient développer les ressources du Pays,
Les membres éclairés du Gouvermement provincial ne manquerent pas d'apprécier toute l'importance du but que poursuivait l'honorable premier ministre, et s'empressérent de lui donner leur Concours,
Le ministre es terres de la Couronne, l'honorable M. Flynn, présenta à la Législature une loi de réformes très étudiée et. fort complète sur la question.
Cette loi fut sanctionnée par les votes de l'Assemblée et COnsAra Un nouveau régime éminemment favorable à ln mise en valeur des mines de toute espèce qui abondent au Canada.
L'effet de cette réforme ne se fit pas attendre, La loi fut promulguée en 1880, et en moins d'une année, vingt Compagnies minieres se fondèrent, tant aux Etats-Unis qu'en Angleterre, pour
l'exploitation des placers auriféres de la vallée de la Chaudivre,
Un nombre considérable d'autres entreprises vinrent favoriser de leurs capitaux le développement des gisements de euivre, phos-
plate, plombagine et autres mine.
Caractères cénéraux des placers de la Chaudière
L'économie générale des gisements auriléeres que nous avons visités et étudiés avec M, Juncker, ingénieur des mines, ancien élève de FEeole polytechnique, dont l'opinion fait autorité dans toutes les questions se rattaehant à l'exploitation de Por, peut se
P'OSTONIOT QINISE
L° Filons quartzeux nombreux, suivant une orientation à peu près constante, et généralement peu aurilères à la surface ;
% Filonscroiseurs, Cross veins, venant couper le plan général d'orientation des filons principaux et généralement d'une grande richesse;
3° Graviers auriléres provenant de lPabrasion des quartz auriféres pendant les mouvements de
la période glaciaire,
Les filons quartzeux iront été jusqu'ici, non plus que les cross veins, l'objet d'aucune étude spéciale au point de vue industriel; l'exploitation aurilére en étant encore à ses débuts, et les facilités présentées par Le traitement des graviers faisant négliger les études plus coûteuses et plus difficiles.
Les travaux des géolognes canadiens, ainsi que les observations personnelles de M. Juneker, consignées dans un remarquable rapport qu'il vient d'adresser à la Compagnie des mines de Québee, démontrent cependant d'une façon indiscutable Pexistence dans
des Hieux déterminés, et lichesse de ces cross reins.
Quant à leur puissance et à leur mode d'exploitation, nous ne sommes pas préparés à donner à cette importante question les développements qu'elle comporte,
Nous jugeons, en effet, que si l'on peut trouver l'or en quantité considérable à ciel ouvert, sans appareils de broyage, sans matériel coûteux, ilest pour le moment inutile de s'occuper d'un genre d'exploitation nécessitant, pour arriver au même résultat, des installations onéreuses et de grands frais de main-d'œuvre,
Nous nous bornerons donc ici à l'étude des graviers aurifères,
Nous ne pouvons à ce sujet faire mieux que de citer le rapport
officiel de la Commission géologique du Canada (année 1863).
Rapport de la Commission géologique du Canada
« L'or qu'on à obtenu jusqu'ici dans cette région à été recueilli « des dépôts superficiels d'argile, de sable et de gravier qui abon- « dent là et qui paraissent provenir des débris de roches conte- « nant les veines aurifères,
« Ces dépôts appartiennent probablement, en partie, à l’ancienne « alluvion glaciale, ou terrain de transport, boulder formation, et « en partie aux argiles et aux graviers stratifiés plus récemment « qui consistent en matériaux de ces substances modifiées et « arrangées par l'action subséquente de Peau.
« Sur la rivière Magog, au-dessus de Sherbrooke, il se trouve « des parcelles d'or dans un gravier très dur, à 156 pieds au-des- « sus du Saint-François, auprès de là.
« Sur la riviere Fanine, on rencontre un grand dépôt d'argile, « partout recouvert de sable et de gravier, Le long des bancs de « cette rivière, on voit près du haut du gravier une couche d'oxyde « de fer et de manganèse, de six à huit pouces d'épaisseur dans « quelques parties, remplissant des interstices parmi les cailloux
« des roches de la région, L'or se trouve dans ce gravier supérieur
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ainsi que dans Pargile au-dessous; ces deux dépôts paraissent appartenir à lalluvion modifiée,
« On le rencontre sur la Metgermet, dans des conditions semblables, dans tous lesbanes de maticres stratifiées, qui atteignent une hauteur de cinquante pieds au-dessus du lit de la rivière, « L'or se rencontre encore en plus grande abondance dans les alluvions récentes, dans les lits et le long des banes de sable des cours d'eau qui traversent cette région, et qui, dans les grandes eaux, enlévent l'argile et le sable de leurs bords, déposant les parties Les plus pesantes dans leurs lits, Aussi, l'on trouve souvent de l'or dans les fissures des schistes argileux qui forment fréquemment le fond du lit des rivières, et, par conséquent, ces schistes sont riches en or allnvial.
« L'alluvion aurifére du Canada oriental s'étend sur une grande superficie au sud du Saint-Laurent, comprenant la contrée montagneuse appartenant à La chaîne ‘de Notre-Dame et s'étendant de là au sud et à l'est jusqu'aux frontières de la province, On pose ces grandes limites, parce qu'on trouve les mémes caractères minéralogiques dans toute cette étendue, bien qu'on n'ait pas trouvé de l'or partout; et, dans sa continuation vers le sud à Plymouth, et ailleurs dans le Vermont, on a ohtenu des quantités considérables d'or des dépôts alluviaux.
« En Canada, on à trouvé de l'or sur le Saint-François depuis le voisinage de Melbourne jusqu'à Sherbrooke, dans les cantons de Westbury, Weedon et Dudswellet sur le lae Saint-François, On l’a aussi trouvé sur l'Etchemin et sur li Chaudière, et sur presque tous ses tributaires, depuis la seigneurie de Sainte-Marie jusqu'à la fronticre de l'Etat du Maine, y compris le Bras, le Guillaume, la riviere des Plante, la Famine, la rivière du Loup et la Metgermet.
« Bien que la plus grande partie de l'or à la rivière du Loup fût extraite du gravier des dépôts alluviaux sur les bords de la rivière, on en à obtenu une portion en lavant les matériaux pris sur les bancs au-dessus.
« Comme on l’a remarqué auparavant, la distribution de l'alluvion aurifére sur la surface de cette région a eu lieu avant la
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lormation des cours d'eau actuels, et la plus grande richesse du gravier de leurs lits doit être attribuée au fait que ces rapides cours d'eau ont lavé partiellement la terre, emportant les ma tériaux plus légers en laissant l'or et les matières plus pesantes,
« M. Blake dit qu'on trouve en Californie que l'or dans les dépôts alluviaux, qui ont été ensuite bouleversés par les cours d'eau, n'est pas uniformément distribué, mais qu'il se trouve aceumulé iei et ten plus grandes quantités que dans d'autres places, Pendant la premiére déposition de la terre et du gravier, le précieux métal s'est aceumulé dans des dépressions à la surface de la roche, constituant ee que les mineurs appellent poches, »
« [ paraitrait, d'après les faits que nous donnons ici, que la quantité d'or dans la vallée de la Chaudière est assez grande pour rémunérer l'exploitation habile et doit encourager la mise de fonds des capitaux. [n'y a pas de raison pour supposer que la proportion du précieux métal qu'on pourra trouver le long du Saint-François, de l'Etchemin et de leurs différents tributaires soit moindre que sur la Chaudière, »
Nous venons de voir dans le rapport officiel de la Commission
‘ologique du Canada que des dépôts de graviers aurifères eou-
vrent toute ln vallée de la Chaudicre.
A ce document, nous ajouterons la communication suivante due
l'obligeance de M. I, J, J, Duchesnay, inspecteur du gouverne-
ment, pour la division minière de la Chaudière :