DIVISION MINIÈRE DE LA CHAUDIÈRE
La Beauce, 22 novembre 1881, A MONSIEUR PAUL WIALLARD Québec, « Mon cher monsieur,
« Vous me demandez un résumé des opérations minieres dans le bassin de la Chaudicre ; je regrette de ne pouvoir vous satis-
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faire pleinement par des chiffres, mais les rapports mensuels et sous serment que tous les mineurs doivent faire sont des secrets d'office qu'il ne nr'appartient pas de divulguer sans ordres du Commissaire des terres de la Couronne,
« Je vais done vous prier de vous contenter de ce qui suit :
« Les mines d'or et d'argent de la vallée de la Chaudivre, comté de Beauce, quoique découvertes depuis longtemps, ne sont encore que dans leur enfance.
« Diverses causes, faciles à trouver dans une direction inexpérimentée, le manque de capital où d'énergie, et surtout l'incertitude sur la propriété des droits miniers, en ont toujours retardé l'exploitation.
« En effet, comment demander au capital de se lancer dans une aventure aussi périlleuse que celle de commencer de grands et coûteux travaux pour risquer de se voir enlever le sol même sous ses pieds par ceux qui se prétendent propriétaires des minéraux en vertu de Poctroi de la Couronne où autrement ?
« La loi des mines de 1880 est survenue à propos pour rassurer les personnes désireuses de tenter fortune, mais qui, jusqu'alors, n'osaient le faire,
« Depuis cette époque, les compagnies minières sont devenues plus nombreuseset quelques-unes y ont mis des capitaux considérables. La «Gold Mining Association of Canada » de Londres (Angleterre), seule, à dépensé cette année au moins 300.000 franes en travaux préparatoires.
« n’y a que peu de jours que ses opérations hydrauliques sur la rivière du Loup sont véritablement eonmencées, et déjà, quoique ne touchant que la surface proprement dite, elle obtient de magnifiques résultats, Son capital est d'au delà d'un million sterling (25.000.000 de fr), autant que je puis nren souvenir, ayant pas sous lt main son prospectus; mais l'honorable M. Chapleau, un de ses directeurs au Canada, pour-rait peut-être vous renseigner sur ee point,
«La @ Canada Gold Mining Compas s, autre compagnie puis sante de la mème ville de Londres, possede la plus grande exploitation actuelle sur la riviére Gilbert. Son directeur
« nels, quoique loin d'être parfaits, ont mis à découvert un an-
& gérant ici est M. J, NX. Gordon, ingénieur anglais bien connu. & Cette compagnie parait donner d'excellents résultats, si on «en juge par la quantité d'or qu'elle recueille, mais je ne suis «pas juge de ses dépenses,
& Deux compagniesde New-York, lt «Clarence Gold Mining C°5 ef la Beauce Mining and Milling C°», voisines de cette der- “hiére, possédent deux des plus riches placers connus de la « riviere Gilbert,
«La compagnie canadienne de «Mae Arthur Bros », qui à steeédé à Pancienne compagnies Saint-Onge », parait aussi avoir & hérité de son grand succès dans l'industrie minière, car l'on peut & dire avec certitude que, jusqu'à ce jour, ce sont les frères Saint # Onge qui, avec le moins de travail, ont eu le plus de produit.
« Plus haut, sur la même riviere, l’on trouve la « North és Star Css « Mac Rae and C°» au confluent de la rivicre Gilbert & et de la & Branches: «l'American Chaudidre C°» où se trouve «un filon de quartz aurifère, qui est travaillé depuis quelques & IOis avec sucebs,
& En tout, quatorze compagnies exploitent eette vallée, où plu- « tôt ce ravin de la Gilbert, où on à déjà trouvé tant d'or, et oi vraisemhlablement on en trouvera encore plus, parce que les se {ravaux passés étaient des plus primitifs, vu qu'on y lavait “ presque exclusivement au berceau ‘rocher et que maintenant «On suit un systéme plus amélioré, et que lon a encore d’im- & menses étendues de terrain reconnu aurifère qui n'ont jamai: « été exploitées,
&ONY a trouvé des pépites de 3, 47 et jusqu'à 85 onces: « celles de 45 onces sont assez communes: en général Por sv «Trouve de la grosseur moyenne d'un grain de blé,
«La vallée de La rivicre des Plante a aussi été exploitée «de teinps à autre depuis environ vingt-cinq ans; mais les «mêmes raisons déjà mentionnées faisaient abandonner L'ou- « vrage, Pourtant, on va trouvé de loren quantité suffisante pour & enrichi plusieurs compagnies, mais on Sy prenait si horri- « blement mal que les dépenses excédaient toujours Les recettes,
« Les travaux des dernières années, plus suivis et plus ration-
cien lit de rivière, longeant celle qui coule actuellement, et la Rivière des Plante Hydraulie C9, à qui est due cette découverte, se propose de déployer un surcroît d'énergie pour en voir le fond l'année prochaine, car déjà le gravier aurifère de la surface y est bien riche,
« Des commencements d'exploitation ont aussi été faits sur la rivière Cumberland, à mi-chemin entre la Gilbert et la Famine, et ont prouvé surabondamment que le précieux métal existait là comme ailleurs, particulièrement comme à la Gilbert, dans un lit de gravier d'environ 3 pieds d'épaisseur, reposant sur le plan et au-dessous d'une couche d'argile, Cette rivière se trouve à un niveau beaucoup plus élevé que la Gilbert, et le fait d'y avoir trouvé de l'or semblerait confirmer les dires de plusieurs géologues qui prétendent que, de même qu'aux Andes équatoriules, en Californie et en Australie, on doit supposer l'or aussi abondant ici sur les flancs des montagnes et sur les plateaux élevés que dans les vallées.
« Sur la rivière Famine, il n'y a eu que des travaux de recherche, pour ainsi dire, mais les rapports des explorateurs aceusent un sol des plus propices à l'exploitation, et un grand cours d'eau qui peut alimenter toutes les mines du monde en le ménageant un tant soit peu.
« Des chutes magnitiques situées de distance en distance sur cette riviere, y aideront puissamment ceux qui en entreprendront l'exploitation.
« D'après ce que je puis connaître de cette région aurifere, d'après les rapports qui me sont faits, je regarde cette belle vallée de la Famine comme le futur et prochain Eldorado de la province de Québec.
« En tout vingt compagnies différentes exploitent actuelle ment les mines d'or de la Chaudicre et quelques autres sont organisées pour travailler les quartz au printemps.
« Les gages d'un mineur sont de 4 à 5 francs par jour.
« Les contre-maîtres y obtiennent d'une piastre cinquante à deux piastres par jour.
« Le bois de construction et autre y est à très bon marché; ainsi ce que nous appelons &« un cent de planches », c'est-à-dire
«100 pieds de toise de largeur sur 10 pieds de longueur et
| “un pouce d'épaisseur, peut toujours s'obtenir pour six à sept e « piastres rendu à destination.
« Je voudrais pouvoir parler plus au long de la p “ HOS Mines, Mais, comme je le disais en commen à « empêché par ma position ofticielle.
À « Tout ce
roduction de ‘ant, j'en suis
que je puis assurer, c’est qu'ellé est très satisfai-
t “ saute pour le plus grand nombre, et que, tout dernièrement, " . “ ON est tombé à quelques endroits sur des terrains extrêmea « ment riches,
« Je me permettrai, en terminant, de vous référer à l’excel- | “ lent rapport officiel de M. M. À. Michel en 1866, sur la région À
à « aurifère de la province de Québec, publié dans les Rapports || : « Giéologiques de la même année.
i « Ce Monsieur conclut comme suit :
: « Les alluvions aurifères recouvrant une vaste Superficie du | « bas Canada, contiennent, selon toute probabilité, et particu- ; « lièrement dans le bassin de la Chaudière, non seulement des Zones étendues, dont l'exploitation régulière et méthodique | “ sur une grande échelle par les procédés hydrauliques serait « profitable, mais aussi des dépôts plus ou moins riches, «“ et par conséquent pouvant donner des produits ex- | « ceptionnels. |
« Je demeure avec considération, à # ’ || « Votre tout dévoué,
«& IT, J, J, Ducnesnay, « Inspecteur, division miniére de la Chaudiére. »
«€ Vu au consulat de France à Québec, pour légalisation de la i
« signature, apposée ci-dessus, de M. H. J. J. Duchesnay, inspec- | “teur de la division minière de la Chaudière, province de | « Québec (Canada).
« Québec, le 2 décembre 1881. È
« Le Consul général,