‹ Mémoire sur les gisements aurifères du comté de Beauce, province de Québec, Canada [microforme]Chapitre 4 sur 11 · Q . . . . . Q . 0 . . . . . . . . . . . CE · texte numérisé non relu

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« Sans prétendre poser un axiome dans une question aussi difficile que celle des métaux précieux, on peut dire que la valeur de l’oret de l'argent dans le monde dépend des circonstances per-manentes de leur production. Parmi ces circonstances, les plus importantes sont : l'abondance et la continuité des minerais, et le coût de leur extraction et de leur traitement.

« La richesse même des minerais, qui, le plus souvent, frappe davantage, lorsqu'il s'agit d'or ou d'argent, est cependant secondaire.

« Telle mine qui pourra faire grand bruit par des produits d'une teneur exceptionnelle, aura le plus souvent une courte durée et restera sans influence sur la valeur du métal qu’elle produit, tandis que des gisements pauvres, sans importance apparente, s'ils peuvent être attaqués par des moyens d’exploi-

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« tation puissants et économiques, tendrontà avilir le métal qu'ils « renferment, car ils le produiront longtemps en abondance et à « bas prix.

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« C’est surtout ce qui se présente dans les mines des Andes sep- « tentrionules ; les minerais riches y sont rares, accidentels et peu « persistants, tandis que les minerais pauvres v sont répandus « dans un nombre de filons que l'on ne saurait compter, où ils « forment des dépôts réguliers, sur la continuité desquels le « imineur compte toujours avec raison.

« Ces minerais, qu'on pourrait dire de richesse modeste, sont « les véritables réservoirs des métaux précieux pour l'avenir; ils « en ont été d'ailleurs les sources les plus fécondes dans le « passé.

« La découverte de Medina, qui permit de traiter avec profit des « minerais tenant de 1.1/9 à 2 millièmes d'argent, fut plus puis- ! « sante à vulgariser ce métal que les plus brillantes rencontres « d'argent natif ou d'argent rouge des mines du Pérou et du Chili ; « etla Californie elle-même, si elle n'avait eu d’autres trésors « que ceux que rencontrérent les premiers mineurs le long de ses « rivières, aurait eu une durée bien éphémère, tandis qu'avec ses « immenses dépôts de minerais pauvres qu'on appris à exploiter, « elle produit encore 200 millions d'or par année, production « qu’elle maintiendra tant que les ouvriers et les capitaux dont « elle à disposé jusqu'ici ne lui feront pas défaut. « Les grandes mines d'or et d'argent des Cordillères du Nord, « celles de l'avenir, sont donc celles des minerais pauvres, et toute « découverte capable d'augmenter la puissance des moyens d’ex- « ploitation de ces minerais, ou d'abaisser le coût de leur traite- “ ment, aura pour effet, non pas peut-être innnédiat, mais cer- « tainement inévitable, de produire une augmentation notable « dans la production annuelle des métaux précieux. « Les quelques considérations qui vont suivre montreront que « cette augmentation permanente peut se produire l'avenir dans « l’extraction de l'or, à raison des progrès récemment faits en

« Californie pour le lavage des alluvions auriferes.

« L'expérience à successivement démontré au mineur de Cali-

fornie que, pour obtenir de grands produits, il fallait chercher

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à soumettre à un lavage approché de grandes masses d'alluvion, plutôt que de s'efforcer de laver exactement de petites quantités de minerai.

« On a reconnu que les dernières parcelles du précieux métal ne pouvaient s’extraire que par un très long travail sur des appareils minutieux, tandis qu'il était bien constaté que la plus grande partie de l'or séparé par ces exploitations fort soignées pouvait tout simplement s'obtenir en jetant les terres dans un canal de planches parcouru par un violent courant d’eau.

« Je n'ai point à décrire ici les détails de l'exploitation et les précautions à prendre pour bien retenir l'or; je dirai seulement que les bénéfices de la nouvelle méthode ont été tels, que tous les autres appareils ont été abandonnés, et que ces canaux de lavage, sluices, ont été installés partout où le mineur a pu trouver de l’eau.

« L'exploitation de l'or est ainsi devenue un simple travail de déblai de terres qu'on jette dans une rivière encaissée dans un canal en planches.

« Les facilités de ce travail dépendent nécessairement des conditions locales de chaque exploitation. Elles sont les plus grandes possibles lorsqu'on peut placer le canal en dessous du dépôt à exploiter. L'eau donne alors la force pour l’abatagedes terres, elle les désagrège, les enlève, et, dans sa chute, les entraîne dans les canaux, où elles doivent déposer leur or.

« L'exploitation devient alors un jeu. Aussi, lorsque dans ces grandes mines de gravier de la Sierra Nevada on voit des montagnes entières s’écrouler sous les puissants jets d’eau qu'y lancent les mineurs, et se dépouiller spontanément de leur or dans les canaux où s’écoulent leurs débris, lorsqu'on parcourt ces immenses plateaux où l'exploitation peut s'étendre et durer indéfiniment, on se demande, à vrai dire, si cet or, qu’on ramasse en quelque sorte à la pelle dans les canaux où il se dépose avec si peu de frais et de travail, peut toujours rester un métal aussi précieux.

« C’est ce fait d'expérience aujourd'hui bien positive qu'une paillette d’or peut se séparer d'un courant boueux qui charrie

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250 à 300 mètres cubes de gravier par heure pour gagner le fond et s'y fixer, qui n'a paru nouveau et capable de transformer les méthodes de l'exploitation de l'or.

« Concevons,en effet, une couched’alluvions aurifères ayant seulement, 1 mètre à 1" 50 de puissance, rendant 1 fr. %5

d'or par mètre cube, formant un plateau sur lequel on puisse amenerun courant d’eau de 900 à 1.000 litres par minute, « L’orpailleur d'Europe avec l’ancienne table de lavage, travaillant sur un pareil gisement, pourrait exploiter par jour 37 mètres cubes de gravier et produirait par conséquent h fr. 87/100 d'or, — en grammes de métal fin 1 gr. Al.

« Le mineur de Californie installant son sluice près de la tranchée qu'il ouvrirait dans le dépôt, pourrait facilement, dans la journée, piocher et jeter dans le courant d’eau de son canal 10 mètres cubes de gravier. Il produirait ainsi 15 francs d'or dans sa journée, soit h gr. 36 d’or fin.

« Le mineur produit done, par l’une ou par l’autre méthode, des quantités d'or qui sont entre elles comme un est à trois. Les frais d'installation sont, dans les deux cas, bien comparables, ‘ar on ne saurait dire lequel est le plus cher, du sluice ou de la table de l’orpailleur.

« Si on conçoit maintenant que la couche de gravier conservant la même quantité d'or par mètre cube prenne des épaisseurs de plus en plus grandes et arrive à ces puissances de 30 et HO mètres que j'ai signalées dans certains dépôts de Californie, l'orpailleuw: d'Europe ne produira pas davantage ; de cette grande masse de minerais il ne saura que faire; tout abondant qu’il soit, l’or restera aussi précieux, car il faudra toujours autant de travail pour en obtenir le même poids. Mais que, sur de pareils gisements, on puisse amener de grandes quantités d’eau, qu’on y installe de larges sluices, au lieu de laver 3% mètres cubes de gravier, chaque homme en lavera #00; au lieu de produire 1 gr, 41 d'or, il en produira 250, environ 800 fr. par dix heures de trarail ; l'or cessera d’être aussi précieux.

« J'ai montré que, dans ce dernier cas, le mineur réduit à ses seules ressources serait impuissant; que pour urriver à pareille production, il lui fallait l’aide du capital. Toutes difficultés

étant d'ailleurs écartées, les résultats sont assez brillants pour que ce capital ne lui sit os refusé,

« La Compagnie £ueka Lake Water Compeny à prété son puissant concours aux mineurs des hauts plateaux de l'Yuba, et elle leur vend toute l’eau dont ils ont besoin.

« Les mineurs peuvent donc payer les capitaux qui leur sont nécessaires, et les nouvelles méthodes d'exploitation sont assez puissantes pour qu'on puisse à grands profits engager des millions sur lexploitation de minerais qui ne rendent que f. 1* ou 13 d'or au mètre cube (D).

« Cette intervention des grands capitaux dans l'exploitation des ulluvions aurifères ne s’est produite qu'avec cette méthode de lavage au sluice,

« Auparavant, la production dépendait uniquement de la quantité de main-d'œuvre, du nombre de travailleurs occupés sur les mines; aujourd'hui, elle dépend de la grande quantité d'eau que de grands ouvrages préparatoires peuvent mettre en mouvement sur les gisements.

« Quelle sera, dans lPavenir, l'influence de ce nouvel élément de production, le capital? C’est fort difficile à dire, mais il semble qu'elle peut être fort grande. La Compagnie Eureka Lake Water Company, en immobilisant un capital de cinq millions de lrancs seulement, a créé une production brute de 50 à 60 uillions d'or par année de travail. Il suffirait done de quatre à cinq entreprises de cette importance pour que,au bout de quelques années, l'abondance de l'or sur le marché général fût très sensiblement affectée,

« L’emploi du sluice s'applique d’ailleurs à toutes les exploitations, à celles qui travaillent 2 à 3.000 mètres cubes par jour, comme à celles qui n’en lavent que 20 ou 30. On peut y travailler des alluvions de toute nature, et quelle que soit la ténuité de l'or, on peut conduire le travail de façon à ne perdre qu'une assez faible partie du métal contenu dans les minerais ; c’est un appareil d'un emploi général, possible partout où il y

(1) 1 fr. 25 au mètre cube égale 70 ec. à la tonne, le mètre cube de gravier pe-

saut eu iuoyenne 1.800 kilous.

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« a de l'eau, Et quant à l'avantage des nouvelles méthodes sur « les anciennes, on à vu qu'elles pouvaient varier du triple au « centuple,

« Les mineurs de Californie comparent avec regret la pauvreté « des terres qu'ils doivent aujourd'hui exploiter aux riches dé- « pôts qu'ils trouvaient en 1849 et 1850, Ce n'est plus par onces, « mais par livres, disent-ils tous, qu'il aurait fallu peser l'or ex- « trait par le mineur qui aurait travaillé au sluice, La production « fut alors bien rapide; elle l'eût été bien davantage encore, si « dans ces premières années on eût eu l'expérience acquise au- « jourd'hui. Aussi, peut-on dire que ces derniers progrès de l'ex- « ploitation ne pourront qu'exagérer à l'avenir les brusques va- « riations que la production de ce métal a souvent présentées « dans le passé,

« L'exploitation des terres pauvres par l'emploi des grands « sluices n’a commencé à être bien établie en Californie que vers « les années 1853 et 1854. Il est probable que dans les autres pays « à mines d'or, en Australie, dans l’Oural, en Sibérie, ces mé- « thodes n'ont pas eu le temps de se généraliser, si même elles y « sont connues, Quelle sera leur influence sur la production de « l'or par ces contrées? Cette influence est manifeste en Califor- « nie; elle ÿ à été très grande; le pays exploite aujourd'hui des « alluvions qui ne rendent peut-être pas en moyenne à fr. d'or « au mètre cube et il produit encore 950 millions par année, tout “ comme aux époques où il exploitait des minerais 35 ou A0 fois « plus riches. »

Les citations remarquables que nous venons de faire démontrent donc d’une façon irrécusable :

1° L'existence en Beauce de graviers aurifères ; 2 La possibilité de les exploiter fructueusement au

moyen des deux procédés du sluice et de l’hydraulic process.

Nous n'avons pas à entrer ici dans le détail technique de la

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construction et du fonctionnement du sluice, et la description

qu'en donne M, Laur dans son rapport au ministredes travaux

publics suffit à donner une idée de l'appareil.

M. Juncker, p. 45 de son rapport sur les placers de la Beauce

qu'il vient de visiter, dit ceci :

« L'efficacité du travail étant représentée par : 1 dans le lavage à la battée, il est représenté par 37 dans l'emploi du rocker, par 15 pour le Long Tom, pu hh pour le petit sluice (tel qu'on l'emploie sur les placers « de lu Guyane), par 1.500 pour le grand sluice employé dans l'hydraulic pro- 66 CES,

Qu'est-donc au juste que ce procédé hydraulique, d'une puis-

sance si considérable? Voici comment le décrit la Commission géologique du Canada (p. 788 du rapport de 1863).

« Hydraulic Process »

« Dans cette méthode on se sert de la force d'un jet d’eau sous une grande pression, pour faire des excavations dans la terre aurifere et pour la laver, L'eau, sortant en jet continu avec beaucoup de force d'un grand tuyau comme celui d'une pompe à incendie, est dirigée contre la base d'un banc de terre ou de gravier et le sépare avec violence, Ce banc est rapidement enlevé et le gravier détaché est débarrassé de toutes les particules de l'or qui y adhérent, et le sable fin et l'argile sont emportés par l'eau. De cette manicre, on peut enlever des centaines de tonneaux de terre et de gravier, et tout l'or qu'ils contiennent est ‘amassé avec beaucoup plus de facilité et plus vite que dix tonneaux ne pourraient être enlevés et lavés d'après l'ancienne méthode. Toute la terre et le gravier d’un dépôt sont enlevés, lavés et emportés dans de long canaux par l'eau, laissant l'or.

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LA « Des arpents entiers de terre sur le côté des montagnes peuvent être ainsi transportés dans les vallées sans l'aide du pie ou de lu pelle, L'eau fait tout le travail enlevantet lavant la terre dans la ième opération, pendant que dans l'excavation à main-d'œuvr les procédés sont entièrement distincts, La valeur de cette mé thode et 1e rapport de l'or comparés à l'ancienne peuvent à peine s'évaluer, L'eau agit constamment, avec un effet uniforme, et peut être projetée presque partout, même où il pourrait être dif: licile de travailler, Elle est plus spécialement effective dans une région couverte d'arbresoù des racines enchevêtrées retarderaient beaucoup l'œuvre des ouvriers, Dans de tels placers, le jet d’eau lave la terre de dessous, et lesarbres tombent les uns après les autres dans le courant, et tout l'or qui a pu adhérer aux racines se trouve ainsi emporté, Avec une pression de soixante pieds et untuyau d'un à deux pouces de diamètre, plus de mille boisseaux de terre peuvent être lavés d'un bane en un jour. La terre qui ne contient que de grain d'or, équivalant à 2 centimes par

boisseau peut bien être lavée de cette manière avec profit, et toute terre où gravier qui pourra payer les dépenses, selon l'ancienne méthode, rend des profits énormes par: ce nouveau procédé,

« La description ci-dessus a été copiée d'un rapportsur les mines d'or de la Géorgie par M. William Blake, qui avait étudié soigneusement la méthode d'exploiter les mines en Californie et qu'on avait adoptée d'après sa recommandation dans les États du Sud, nous dit que dans le cas d'un dépôt dans la Caroline du Nord, où il fallait dix hommes pendant 3b jours pour creuser la terre avec le pic et la pelleet la laver dans des canaux, deux hommes avec un seul jet d'eau peuvent accomplir l'ouvrage dans une seule semaine, La grande économie de cette méthode est évidente par le fait que plusieurs anciens dépôts dans le lit des rivières, dont le gravier avait déjà été lavé à la main, ont été lavés de nouveau avec profit par la méthode hydraulique. Il rapporte qu'en Californie tout l'art d'exploiter les dépôts diluviaux d'or à été révolutionné par cette nouvelle méthode.

« Le terrain aurifére qui se trouve sur les collines, et à quelque distance au-dessus du niveau des cours d'eau, devait parles mé-

thodes ordinaires être enlevé et transporté près de l'eau; mais par le présent système l’eau est amenée par des aqueducs près des dépôts aurifères, et des surfaces de plusieurs milles carrés qui étaient auparavant inaccessibles ont été dépouillées de leur précieux métal, Il arrive quelquefois, par l'inégale distribution de l'or dans le terrain diluvien en Californie que les parties supérieures ne contiennent pas assez d'or pour être lavées par les méthodes ordinaires, et par conséquent elles devraient être enlevées à grands frais pour atteindre les portions plus riches au-dessous. Par la méthode hydraulique, cependant, la dépense de faire des tranchées et des excavations est si petite, qu'il y a à peine un banc de terre qui ne paie le coût du lavage pour atteindre les plus riches dépôts d'or au-dessous.

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« Pour juger de la possibilité d'appliquer cette méthode de lavage à nos dépôts auriferes, nous allons nous servir d’un simple calcul basé sur les expériences faites sur la rivière du Loup. Nous avons montré que le lavage de terrain, sur un arpent, à une profondeur moyenne de deux pieds, équivalant à 87.190 pieds cubes, à donné en nombre rond près de 7.772 grammes d’or, où un peu plus de 38/100 de grain par pied cube; ce qui équivaut à un peu plus de 3 4 de grain d'or par boisseau.

« Maintenant, selon M. Blake, une terre contenant un quarantequatrième de cette quantité, où 1% de grain d'or, peut être lavée avec profit par la méthode hydraulique, par laquelle le travail de deux hommes avec un jet d'eau suffit pour laver mille boisseaux par jour, qui dans un dépôt comme celui de la riviere du Loup, contiendraient environ 1137 grammes d'or. IL est probable cependant qu'une certaine portion de la poudre aurifere la plus fine, qui est recucillie par le procédé ordinaire, se perd dans une exploitation sur une plus grande échelle. Nous avons déjà montré que l'or du Canada n'est pas limité aux graviers des lits des rivieres et des bancs alluviaux, mais on le trouve sur les rivieres Metgermet et Saint-François, à une hauteur de cinquante à cent cinquante pieds au-dessus de

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leurs lits; et bien que sa proportion fût bien moindre que dans le gravier de la rivière du Loup, ces dépôts épais quis'étendent sur de grandes superficies pourraient être exploités avantageusement par la méthode hydraulique. La pente, dans la plupart des tributaires de la Chaudière et sur le Saint-F ‘ançois, dans toute la région aurifère, est telle qu'il ne serait pas difficile de trouver assez d’eau à une hauteur convenable, sans dépenser beaucoup pour la construction de canaux; et on peut donc raisonnablement s'attendre qu'avant longtemps les dépôts de terrains aurifères qui sont si étendus sur le Canada Oriental soient exploités, »

Voici comment, de son côté, M. Juncker décrit le fonctionne-

ment d’un de ces appareils hydrauliques, nommés « Little Giant »

par les Américains, qu'il a eu l'occasion d'observer sur une des

concessions de la rivière du Loup.

« L'eau est projetée avec une violence telle qu’elle tuerait un homme à 0 pieds de distance. Elle sort sous forme d'un boudin que l’on ne peut toucher sans risquer de se voir la peau de la main enlevée.

« La buse projette 260 litres d'eau par seconde sous la pression de 57 mètres d’eau, déduction faite, bien entendu, de la perte de charge due au frottement.

« Dans les conditions d'épaisseur et de disposition du banc d’alluvion que nous avons décrit, on désagrège avee chaque buse 1.500 tonnes d’alluvion par 24 heures, ce qui correspond à une consommation de 15 mètres cubes pas tonne d'alluvion.

« Le personnel nécessaire pour traiter les alluvions par le procédé hydraulique est actuellement compté au Canada sur la base d'un homme par 160 tonnes d'alluvion traitées en 2h heures.

« Ainsi par exemple, pour un traitement de 4.000 tonnes en 2h heures, il faudrait, dit-on, un personnel de %5 ouvriers; c'est considérable!

« IL est probable que l’on pourra réduire notablement ce chiffre.

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« En Californie, on compte sur 1.200 à 1.500 tonnes d'alluvion « traitées par homme et par jour. »

Nous avons donc constaté l'existence de bancs superficiels de graviers aurifères d’une richesse plus que suffisante pour permettre une exploitation fructueuse à ciel ouvert.

Nous avons vu que, grâce au procédé hydraulique pour l’abatage du minerai et au système du sluice pour son traitement, des graviers beaucoup moins riches que ceux de la Beauce Canadienne donnent lieu à une exploitation constante et rémunératrice.

Nous avons constaté également l'existence de banes de gravier souterrains reposant sur le Bed Rock, et d’une richesse beaucoup plus considérable que les graviers superficiels.

Au mode d'exploitation à ciel ouvert par PHydraulie Process pourrait donc venir se joindre un système d'extraction par puits et galeries dans le massif des graviers souterrains, système déjà pratiqué sur certains placers canadiens et qui donne des résultats tres satisfaisants comme rendement, grâce à la richesse plus grande du gravier.

Le mode de traitement du minerai resterait toujours le même, c’est-à-dire le grand sluice avec tous ses perfectionnements.

Nous toucherons plus loin la question de la réduction des résidus (tailings), pyrites de fer, sables noirs(Black sand), par les procédés de grillage et d'amalgation recommandés par M. Juncker au cours de son rapport.

Nous passerons maintenant à l'étude détaillée des concessions

auriféres que nous possédons …au Canada.

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