C!° H, DE SESMAISONS
Nous nous permettrons maintenant de faire remarquer la con
cordance absolue des vues exprimées par les géologues canadiens et
xu' M. Juncker dans son rapport déjà mentionné, où il dit ceci l | ;
pages 13 et suivantes :
LU
« Les vallées sont bordées pardes dépôts alluviaux considérables, lesquels sont horizontaux, et par suite en stratification discordante avec les roches siluriennes.
« Ces alluvions sont taillées en talus, la rivière coule au fond. « Elles présentent une alternance d'argile, de graviers ou de sables plus où moins comprimés par le tassement.
« On y rencontre souvent de très gros blocs de rocher, Certains bancs d'argile sont tellement durs qu'ils ne se laissent entame qu'au pie.
&« Évidemment, ces dépôts ne présentaient, à une certaine époque, aucune solution de continuité. — Ce sont Les érosions marines qui ont creusé le lit de Ja rivière en emportant et disséminant plus loin une partie des alluvions.
« Des parties en talus sont restées à droite et à gauche.
« Ces lits de rivières contiennent tous des paillettes d'or en abondance, lesquelles paillettes présentent le caractére général d'avoir été roulées par les eaux : elles ont tous leurs angles «arrondis.
« Les parties inférieures des dépôts alluviaux dans le voisinage de leur contact avec la roche (Bed Rock) contiennent des paillettes d'or également roulées par les eaux.
«& De nombreuses parcelles se sont logées dans les anfractuosités mémes du Bed Rock.
« Ilest évident qu'il devait en étre ainsi, e’est-h-dire que la base des lits d'alluvion doit être la partie la plus riche en or, à cause de la forte densité de ce métal.
« Nous avons analysé des sables d'alluvion pris à la base des dépôts ; nous avons trouvé une teneur de 4 grammes d'or par tonne, soit 14 francs, ce qui est magnitique.
« Quand on monte vers le sommet du dépôt d’alluvion, la quan-
tité d’or contenue à la tonne diminue progressivement, mais
LA
l'ensemble du dépôt contient certainement en moyenne 1/3 ou 1/2 gramme d'or à la tonne, soit de 1 fr. à 1 fr, 50 d'or. « Cela nous semble merveilleux, étant donné la facilité d'exploitation deces alluvions, comme nous lexpliquerons.
«I y a en outre une grande quantité de pyrite de fer aurifcre. Elle à été analysée par nous tant en morceaux qu'en fine poussière mélangée de fer titané, de fer magnétique, de zircons, de grenats, de rubis, d'un peu de platine.
« Cette pyrite de fer donnera beaucoup d'or libre après grillage : nous y reviendrons, »
Et plus loin :
« Tous les lits des rivières de la Beauce sont extrêmement riches en or; mais de méme que cela a eu lieu en Californie où tous les lits ont été nettoyés pendant la courte période de 1848 à 1855 (époque de la fievre de l'or où un renchérissement désordonné de la main-d'œuvre et de tous les objets de consommation se fit sentir, et où, en somme, les bénéfices furent beaucoup moindres et beaucoup moins certains qu'aujourd'hui), de même aussi au Canada l'exploitation des lits des rivières n'aura qu'un temps.
« Le véritable avenir du travail aurilere de la Beauce, mis en coupe réglée et normale, réside dans Pexploitation des escarpements alluviaux en contre-haut des rivieres, laquelle est facile, économique, de longue durée et d'un inimense profit.
« En Californie, les 200 millions de francs d'or que lon produit aujourd'hui pur année, proviennent presque exclusivement du traitement des alluvions pauvres disséminées sur les flancs de la Sierra Nevada, et qu'à l'époque de liticvre de Por on négligeait avec dédain., Onest arrivé maintenant à exploiter les alluvions californiennes au prix de revient total extraordinaire de ? sous 1/2 à 3 sous par tonne. On exploite encore avec profit des alluvions d'une teneur de 5 sous d'or à la tonne !
« On en traite plusieurs dix milliers de tonnes par jour à laide du procédé hydraulique, que nous décrirons, et on réalise d'imnnenses profits.
pre
M om nr 1 te
&« Tout réside dans un aménagement d'eau convenable, réalisé à l'aide de barrages-réservoirs et de canaux de distribution.
« Une fois cela fait, l'exploitation n'est plus qu'un jeu. C’est ce qui fait dire en Californie que l’eau est aussi précieuse que Por, & Dans la Beauce, les aménagements d'eau pour réaliser un but semblable seront beaucoup plus faciles et moins coûteux qu'en Californie, conune nous le démontrerons. »
Au témoignagne de M. Juncker sur l'exploitation profitable des
graviers aurifères d’une richesse médiocre, nous ajouterons celui
de M. Laur, ingénieur en chef au corps des Mines.
A la fin du remarquable mémoire qu'il a remis an Ministre des
Travaux publics qui l'avait chargé, il y à vingt ans, d'étudier les
progrès de l’industrie aurifère en Californie, il résume ainsi toute
la philosophie de la grande exploitation de l'or:
Extrait d'un rapport de M. Laur, ingénieur en chef
au corps des Mines