LIVRE I, CH. V. — LA CROIX A PARIS
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à Farinée, non-seulement par Constantin, mais par ses successeurs , quia ipsam in spem victor iœ consueveranî ad bel la de ferre, comme le dit Baudouin dans le titre authentique par lequel il en fit don à saint Louis, & qui est conservé dans la Sainte-Chapelle W..* On lit dans ce titre: Crucem sanctam*,* aliam magnant partent de ligno sanctce crucis , . . item ferrum sacrœ lancées qua perforatum fuit in cruce latns D, N* J* C... crucem aliam mediocrem quant crucem triumphalem référés appel lobant®..* Ce qui ajoute à Fauthenticité des reliques données aux rois de France, c'est qu'elles provenaient de la chapelle du palais Bucoléon qui n'avait pas été pillée par les Croisés en 1204, parce que Baudouin s'en était emparé, pendant que son frère s'emparait du palais de Blaquernes, & qu'ils mirent des gardes à tous les deux * »
Nous voyons d'après cela que saint Louis acquit trois morceaux de la vraie croix :
Un premier sans qualification de grosseur: crucem sanctam.
Le second qualifié de grande : magnam partent;
Et le troisième mediocrem , qui est la croix de victoire.
Et de plus un reliquaire du plus grand intérêt & dont nous allons d'abord nous occuper (3),
20 U étui de Baudouin * — D'après Morand, ce reliquaire serait l'étui dans lequel fut apporté en France le principal morceau de la vraie croix, donné à saint Louis, Garni de lames d'argent doré, il a dû, à en juger par les vides qu'on y avait ménagés, renfermer trois croix patriarcales de grandeurs différentes. Les mesures de la croix principale étaient 8oomm de hauteur, 54™ de largeur &41™ d'épaisseur, Quant aux mesures des autres parties, on peut les voir dans une figure de l'étui, copiée d'après l'œuvre de Morand, & qui est au quart de sa grandeur naturelle (Pl. XI),
Si l'on se rend compte des volumes de ces vides correspondants à trois reliques considérables, on trouvera approximativement un cube de 3,500,000™
Dans la partie supérieure du reliquaire on voit deux anges & deux archanges, & dans le bas, Constantin & sainte Hélène, qu'on retrouve presque toujours dans les tables de ce genre, dont une déposée à Murano a été décrite par Costadoni, & une autre que j'ai vue à Saint-Marc de Venise.
(1) Morand, p. 23.
(2) Idem j p. p.
(3) Voir aux pièces justificatives. Paris.
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3° La grande relique de Notre-Dame * — Revenons aux trois reliques cédées par Baudouin & qui devaient se trouver à la Sainte-Chapelle , qui en possédait une prodigieuse quantité dans de riches reliquaires inventoriés par Morand en
Voici l’état de celles qui nous intéressent davantage :
i° La couronne d'épines*
2° Une grande partie du bois de la vraie croix* 3° Un morceau du fer de lance*
4° Du manteau de pourpre*
5° Du roseau,
6° De Té ponge.
7° Les menottes.
8° La croix de victoire*
Du sang de Notre-Seigneur.
io° Du sang miraculeux sorti d’une image de J. -G. ii° Des drapeaux de son enfance* i2° Du linge dont il se servit au lavement des pieds* 13% 14% 150 Reliques de la sainte Vierge.
160 Le haut du chef de saint Jean-Baptiste.
17% i8fl Du saint suaire; une sainte face. it)° Du saint sépulcre.
2o° La verge de Moïse*
On voit d’après cet inventaire qu’il n’y est question que de deux reliques de la croix :
Savoir: au n° 2 une grande partie du bois de la vraie croix, & au n° 8 la croix' de victoire* Il est probable que nous avons la première, ou au moins un débris considérable* La croix de victoire a disparu* Nous verrons plus loin ce qu’est devenue la seconde acquisition de saint Louis*
La grande relique de Notre-Dame continua à être conservée dans le trésor de cette église jusqu’en 1791; placée alors dans celui de Saint-Denis par M. Gilbert sur l’ordre de Louis XVI, pour en éviter la profanation, retirée enfin de ce trésor par la municipalité de Paris, le 12 novembre 1793, pour en faire hommage à la Convention, comme objets servant d’aliment à la superstition, elle fut, avec les autres reliques, portée à la commission temporaire des arts* Pendant cet examen, M* Jean Bon voisin, peintre, membre de la commission, prit sur la table la portion de la vraie croix qu’on exposait à la Sainte-Chapelle, il la remit à sa pieuse mère, & tous deux, en 1804, sous la foi du serment W, attestèrent que c’était bien la môme* Le 13 avril 1808, Mr le cardinal de Belloy, archevêque de Paris, la fit mettre dans le reliquaire où on la voit aujourd’hui.
Il est tout rempli parla sainte relique dont une des extrémités est échancrée* Cette échancrure a mis à nu l’intérieur de la relique & montre la nature du bois dont la surface est entièrement cachée par la patine noire qui la couvre* Cette
(1) Gosselin, p, 65%