‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 108 sur 317 · LIVRE I, CH. VI. — LA CROIX EN FRANCE · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. VI. — LA CROIX EN FRANCE

des événements qui allaient s’accomplir, acheta la propriété perpétuelle de la croix & du reliquaire, moyennant une somme de 400 livres, qu’elle paya à la caisse du district, & l’obligation de nourrir à perpétuité deux pauvres infirmes de la commune de Denezé.

Le 17 octobre 1790, la vraie croix fut transportée de l’église paroissiale de Baugé à la chapelle de l’hospice des incurables, où on la vénère encore aujourd’hui M.

Bernay. — « Morceau considérable de la vraie croix à Bernay, en Normandie. » Telle est la description que Calvin & ensuite Collin de Plancy donnent de l’insigne relique que, d’après cette pompeuse annonce , je désirais vivement connaître, afin de me rendre compte d’appréciations qu’on ne contrôle pas toujours assez. M’étant adressé à Mer Devoucoux, évêque d’Êvreux, dans le diocèse duquel se trouve la ville de Bernay, Sa Grandeur eut la généreuse pensée de m’envoyer à Paris la pièce elle-même par M. l’abbé Hamet, son secrétaire particulier, pour que je pusse bien la voir & la dessiner. Je prie Sa Grandeur de vouloir bien agréer ici l’hommage de ma respectueuse reconnaissance.

Le bois sacré est enfermé dans un reliquaire plus que modeste, en bois noir, orné de cailloux du Rhin, & se composant de trois petits morceaux dont la longueur est ensemble de 80™, sur une largeur moyenne de 5™ & une épaisseur d’environ ira™, cubant 375™- Au lieu d’être considérable, il est donc très-petit (PI. XIII).

Au mois de mars 1649, l’évêque de Lisieux étant allé dans la ville de Bernay, faisant alors partie de son diocèse, un frère mineur, possesseur de cette relique, lui offrit de la donner à la paroisse de Sainte-Croix. La remise eut lieu devant témoins sûrs, & avec approbation empressée de l’évêque, qui y vit un moyen d’étendre la piété des fidèles.

Voici l’attestation de cette donation.

« Nous Léonard; par la grâce de Dieu & du Saint-Siège, évêque & comte de Lisieux, à tous & à chacun, à qui il appartient, salut & bénédiction apostolique.

et Le révérend frère Constant de Bernay, de Tordre des Frères mineurs, capucin, ayant en sa possession une croix formée de petites parcelles de la vraie croix, certifiée par des témoignages à Tabri de tout soupçon de captation, nous ayant demandé avec instances de faire don de cette précieuse relique à Téglise paroissiale de Sainte-Croix, nous le lui avons accordé par mandement dans le saint temps du carême.

a Ayant égard à ses pieuses prières, & désirant de tout notre cœur que le culte de notre rédemption soit répandu par tous les moyens dignes de confiance, nous avons ordonné que la relique serait dévotement 8c sûrement déposée dans le trésor de cette église ; d'après la teneur des présentes, qu'elle serait présentée

(i) Pièces justificatives : Baugé,

à la vénération, du peuple non-seulement aux fêtes de l'Invention & de l'Exaltation, mais encore à toutes les fêtes paroissiales,

« Nous avons déplus défendu, sous peine d’excommunication, que personne enlevât la moindre parcelle de cette relique, objet d'une piété insigne, pour la plus grande gloire de Dieu,

« Donné à Lisieux le mars de Tannée de notre rédemption 1649. 7

(t Par ordre :

« f LÉONARD,

« Évêque de Lisieux,

« Le Révérend., >> de Lisieux }

<f Signé : P I Q U O T, »

Besançon. — Les reliques les plus considérables de la vraie croix, à Besançon, appartiennent à la cathédrale de Saint-Jean. L’une d’elles provient de l’abbaye de laSaussaye, en Normandie. Quand ce monastère fut supprimé, ses revenus furent réunis à la maison royale de Saint-Cyr, qui se trouva ainsi en possession de la vraie croix. Elle était exposée sur l’autel intérieur du cloître. Lors de la révolution française, une des dames chassées de leur pieux asile, Mme de Moustier, sauva la sainte relique & l’apporta à Versailles. Une autre parcelle de Saint- Cyr, échut à une autre de ces dames, M,ne de Luchet, des mains de laquelle elle est passée dans celles de Mllc des Mazis, son possesseur actuel. Le marquis Lionel de Moustier, avant de mourir, exprima le désir que le précieux dépôt fût remis à l’archevêque de Besançon, qui le reçut des mains de son fils, le 28 mars 1830.

Un autre morceau de la vraie croix a été rapporté de Rome, par Mr le cardinal de Rohan, 0^1829; il est enfermé dans un reliqitaire en forme de croix & exposé au public tous les vendredis de carême.

Une troisième parcelle est portée chaque année aux processions des Rogations & de la fête de saint Marc.

Une quatrième enfin est conservée dans la chapelle privée de Son Éminence l’archevêque de Besançon.

D’autres églises de la province possédaient autrefois ou possèdent encore des reliques de la Passion. Quelques parcelles existent à l’abbaye de Saint-Claude ;

Chez les capucins de Lure ;

Chez les religieux de Bellevaux, &c.

D’après Golbert, on en verrait encore à Rosières, à Dole ;

Une relique insigne à Lisle-sur-le-Doubs, donnée par les seigneurs de Neufchâtel ;

Un morceau dans l’église de Saint-Maurice, à Besançon ;

Un autre était en grande vénération à Bellevoir avant la révolution française. 11 disparut jusqu’en 1833 , époque oùM. Vuillemin, curé de Bellevoir, eut le bon-

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