‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 107 sur 317 · LIVRE I, CH. VI. — LA CROIX EN FRANCE · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. VI. — LA CROIX EN FRANCE

sur 1 5'"'", celui d’en haut 68mra sur 13"™, & celui d’en bas 68 sur 13, d’une épaisseur d’environ 3"‘in. Ils ont ensemble un volume de 9,714""" (aaa, PI. X).

La cathédrale d’Arras possède encore une parcelle du bois sacré enfermée dans un reliquaire d’argent dont le cardinal fit don à son chapitre. « Je n’en connais pas la provenance, m’écrivait M. l’abbé Proyart, vicaire général, mais j’ai toute confiance dans son authenticité; l’illustre cardinal était, en fait de reliques, d’une exactitude quelquefois désespérante. » Il a 57""" de long sur 4"”" de largeur. Son volume peut être de 6oomra (b. PI. X).

Autun. — Il y a dans plusieurs églises des parcelles de la vraie croix reçues presque toutes de Rome ou de Paris. Elles sont peu considérables. Je les évalue à 50"“".

Avignon. — J’ai vu à Avignon un morceau remarquable de la vraie croix dans un reliquaire d’or appartenant à M. le comte Odon de Forbin; son volume est d’environ 220mra c. Il était accompagné d’une attestation du 20 janvier 1804, émanée de l’archevêché de Paris & dont la copie m’a été remise!1) par M. le marquis Louis des Isnards. Cette relique faisait partie d’un morceau plus gros qui aurait été donné (1331) à la maison royale des Cordeliers de Saint-Marcel, par une religieuse de cet ordre. En 1793, la relique originaire a été divisée en plusieurs parties dont une nous occupe actuellement. M. le comte de Forbin l’avait eue, par héritage, de sa mère, née de la Bâtie, qui la tenait de son cousin M6r de Mons, signataire de l’authentique de 1804 comme vicaire général de S. E. Msr le cardinal de Belloy, & mort archevêque d’Avignon.

Baugé. — L’hospice des incurables de Baugé (Maine-&-Loire), desservi par des religieuses hospitalières du Sacré-Cœur de Marie, possède un des plus gros morceaux de la vraie croix que l’on connaisse. L’insigne relique est disposée en forme de croix à deux branches. La tige a environ 270""" de long, 20'"'" de large & 13mm d’épaisseur; la première traverse a 92"”", & la seconde 78""", ce qui produit un cube de 104,000'"'" (PI. X).

Les veines sont très-distinctes, la couleur est d’un brun de châtaigne avec des nuances plus rouges, les unes claires, les autres foncées. Il y a quelques nœuds & des fentes, sans altération par les vers. Les six extrémités de la tige & des traverses sont couvertes d’enveloppes en or garnies sur les faces & les bouts de perles fines & de diamants. A la croisée de la première traverse se trouve

(1) Voir aux pièces justificatives.

sur chaque face un cercle d’or représentant en relief, d’un côté une colombe, de l’autre un étendard entouré de perles & de diamants. Un crucifix en or, d’une époque très-ancienne, repose sur cette croix.

Après la révolution de 1793, on a enlevé une parcelle du bois du bras droit de la petite traverse, pour être distribué à la paroisse du Vieil-Baugé & à l’hôpital de Saint- Joseph de Baugé. Deux entailles ont été faites indiscrètement au bas de la tige en 1790 & au commencement de ce siècle. Depuis cette époque les évêques d’Angers ont donné aux religieuses des lettres d’interdit contre quiconque oserait entamer ce précieux dépôt.

L’importance de cette remarquable relique devant rendre très-sévère dans son examen, je vais entrer dans quelques détails sur les titres dont elle est accompagnée, qui en constatent l’authenticité, & dont les copies m’ont été transmises intégralement avec les renseignements qui précèdent par M. l’abbé Mathis, aumônier de l’hospice, & par les vénérables sœurs religieuses qui en sont les gardiennes.

En 1241, Thomas, évêque d’Hierapetra & d’Arcadie, donne à Jean de Aleïa, seigneur croisé, une portion de la vraie croix qu’il a reçue de Gervais, patriarche de Constantinople, & qu’Emmanuel, empereur, portait dans le combat contre les ennemis de la foi.

Les religieux & abbé du couvent de la Boissière ont acheté de Jean de Aleïa (1244), moyennant 540 livres tournois, un reliquaire contenant une portion de la vraie croix qu’il a rapportée de Palestine .

La relique fut confiée (1379) à Louis, duc d’Anjou, roi de Jérusalem & de Sicile , pour la protéger contre l’ennemi. Sa veuve Marie de Blois (1388), toujours dépositaire de l’insigne trésor, reconnaît qu’il appartient aux religieux de la Boissièré.

Une bulle de Calixte III, sur parchemin, datée de 1456, à la demande de René, roi de Jérusalem & de Sicile, rappelle les maux causés par quarante années de guerre dans le pays oïl se trouve le monastère de Notre-Dame de la Boissière de Cîteaux, dont l’église était recommandable par des reliques importantes, surtout du bois de la vraie croix. Il déclare que les religieux, ruinés par la guerre, ont perdu jusqu’à leurs authentiques.

De cette époque à 1790, ils demeurèrent paisibles possesseurs de la vraie croix ; après leur expulsion , la relique fut remise officiellement au curé de Baugé, avec un procès-verbal qui rappelle les titres que je viens d’analyser.

Le icr octobre 1790, Mllr de la Girouardière, dans une merveilleuse prévision

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