‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 112 sur 317 · LIVRE I, CH. VI. — LA CROIX EN FRANCE · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. VI. — LA CROIX EN FRANCE

général à Autun, m'indique une parcelle co nsidérable de la vraie croix, à Chamirey, paroisse de Touches, dans la chapelle de M. Brunet, qui m’a donné les renseignements suivants :

« Il est de tradition dans ma famille que la relique que nous possédons , & une autre de moindre dimension qui nous a été volée en 1842, provenaient d’un de mes oncles qui était abbé de Clairvaux, au moment de la fermeture de ce monastère. Le dernier supérieur aurait fait cadeau de cette relique à mon oncle, en lui disant qu’elle était dans la maison depuis saint Bernard, qui l’avait reçue lui-même du pape Eugène, lors du voyage qu’il fit à Rome. Cette relique est restée dans ma famille depuis ce temps... La couleur du bois est celle de l’olivier & du chêne. Mgr Bouange en a enlevé quelques fragments. » — La tige a 38ram, les deux bras ont ensemble 18""", la largeur du bois est de 4"“" 1/2, & son épaisseur de 2,nm 1/2, ce qui produit un volume de 605""" (PL XII).

Chatillon. — Dom Morin signale à Châtillon-sur-Loing une parcelle de la vraie croix.

Cheffes, près Angers. — Une inscription de 1167 placée dans l’église de Chefïes indique qu’elle en possédait W.

Chelles. — D’après un manuscrit du grand séminaire de Meaux, il y avait à Chelles un fragment du bois sacré (1 2).

Compïègne. — M«r Gignoux, évéque de Beauvais, à qui j’avais pris la liberté de m’adresser pour avoir des ren seignements sur le saint Suaire de Compiègne, m’écrivit immédiatement en me mettant en rapport avec M. l’abbé Bourgeois, archiprêtre de cette ville.

Parmi les pièces dont il a bien voulu m’envoyer des extraits, je lis :

« Article Ier de l’inventaire : i° Une belle croix toute d’or, dans laquelle il y a une partie assez notable de la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en forme de croix. C’est un présent de Charles Second, surnommé le Chauve, fondateur de cette abbaye, lequel en avait hérité de son grand-père Charlemagne, lequel le portait ordinairement sur soi, allant à la guerre. »

M. l’abbé Bourgeois ajoute :

(1) Barbier de Montault, Rapport sur la vraie croix découverte à Saint-Florent en 1858. — Extrait de la Revue de l’Anjou (F du Maine , t. IV.

(2) M. l'abbé Denis, chanoine de Meaux; manuscrit du grand séminaire.

« Nous ne possédons plus cette précieuse relique , mais nous en avons une peut-être plus remarquable encore, donnée par Philippe le Bel au couvent de Royal-Lieu, qu'il avait fondé. Elle était l’objet d’une vénération toute particulière. Tous les ans on l'apportait solennellement en ville le vendredi saint pour la présenter aux infirmes, aux malades, aux prisonniers, aux religieuses cloîtrées. Trois notables étaient consignés comme otages dans l’abbaye, & on ne les relâchait que lorsque la croix était rapportée.

« J'ai suivi toutes les péripéties de cette précieuse relique dans le cours de la Révolution, & il résulte des monuments & témoignages qu’elle est identiquement la même que celle de l’abbaye. Objet d’une grande vénération dans la paroisse, on la donne à baiser aux fidèles, aux fêtes qui rappellent la Passion, &on la porte pi-ocessionnellement comme par le passé.

« La hauteur du montant est de 90™, la longueur de la traverse 8o,n"‘, la largeur du bois 121""1, son épaisseur, environ im™ ; son volume 1,896'"'".

« La croix est attachée sur un carton au moyen d’un fil d’or W (PL XII). »

Conques. — Le vénérable Bégon devenait abbé à Conques lorsque Pascal II fut nommé pape. Ils moururent la même année & concoururent tous deux à la restauration du monastère. Pascal envoya des reliques à son ami, &, entre autres, un morceau de la vraie croix, pour lequel Bégon fit faire un reliquaire arrivé jusqu'à nous, après bien des mutilations (*).

La parcelle, placée dans le haut de la croix, a environ ^ 6lllin de développement sur 3™ de largeur. Le volume est évalué à io8min.

Dijon. — Dijon possède deux reliques de la vraie croix, La première, à la cathédrale, provient de la chapelle portative des ducs de Bourgogne. Les fragments sont au nombre de quatre, d'une longueur développée de 15 3““ sur iomm de largeur & 2 à 3"1111 d’épaisseur, produisant un volume de 3,825"™. La couleur est d’un brun foncé tirant sur le noir.

La deuxième relique, beaucoup plus importante, est à l'évêché ; elle faisait partie de la croix de saint Louis qui existait à la Sainte-Chapelle. Lorsque le reliquaire fut porté à la Monnaie, un député à la Convention, Jean de Bry, chargé de constater un vol considérable qui fut fait à cette époque, prit un morceau de bois qui n'avait aucune valeur pour la Monnaie, & le donna à un savant médecin de ses amis nommé Bourdoîs. La relique passa par héritage à un domestique du

(1) Pièces justificatives. Compïègne.

(2) Didron, Annales archéologiques.

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