LIVRE I, CH. VI. - LA CROIX EN FRANCE
médecin nommé Philippe Genty, natif de Riel, pais à la nièce de ce dernier, Thérèse Tintnrier, enfin à M. le curé de Riel, qui en fit hommage à la cathédrale de Dijon. La relique a été coupée en deux sur son épaisseur. La longueur totale des deux morceaux avant leur séparation était de 156™', la largeur varie de 6"™' à 2, 5 mLtl ; la plus grande épaisseur est de 10"™, Son volume est de 28,85on11". M. l’abbé Pillot, vicaire général de Dijon, à qui je dois ces renseignements, ajoute que la paroisse a obtenu de l’évêché une parcelle d’un volume de 326"""’, & lui-même une de 9omm, ce qui porte le volume de l’ensemble des reliques de Dijon à 33,091“™ W (PL XII).
M"0 la comtesse de Berbis possédait une relique importante de la vraie croix, que son mari tenait de son oncle le chanoine de Berbis, lequel l’avait reçue d’un carme qui l’avait sauvée de son couvent, à Dijon, pendant la Révolution.
Le verre qui recouvrait sa relique s’étant cassé, elle désira la faire authentiquer; alors l’évêque de Dijon, Mer Rivet, en prit une partie & lui rendit le reste dans un beau reliquaire en vermeil.
Fontainebleau. — D. Morin indique une relique de la croix dans l’église royale de Fontainebleau (2 3>.
Gramont. — A l’abbaye de Gramont, en Limousin, on vénérait un phylactère semblable à celui de Comme & renfermant dubois de la vraie croix; il avait appartenu à la famille Ducas. Alexis Duc as descendait de l’impératrice Irène, épouse de l’empereur Alexis Comnène, & mère de son aïeule. 11 vivait vers l’année 11 66. La relique fut donnée par Alinaric, roi de Jérusalem, à Guillaume VI, prieur de Gramont, en 1174 0).
Il est regrettable que Ducange ni les autres auteurs ne donnent jamais exactement les dimensions des reliques dont ils s’occupent. Le phylactère d’Amiens cubait 4,300”", celui de l’impératrice Marie 22,000’’™, d’autres, comme celui de Donawert, ont plus de ioo,ooomm. Le phylactère d’Amiens devait être de la grandeur la plus commune. J’en attribuerai les mesures à celui de Gramont, soit 5,000"™.
Jaucourt (Aube). — L’église paroissiale de Jaucourt possède, dans unreli-
(1) Voir aux pièces justificatives, Dijon, les renseignements donnés par M. L’abbé Pillot, vicaire général de Msr l’évêque de Dijon, & par M, l'abbé Bergerot, curé do RieL
(2) Histoire générale du GasttnaiSj D. Morin, p, fao.
(3) Ducange, cité par Venuti, De cruce Cononiensij p, 24 *
quaire du xivc siècle, un fragment de la vraie croix qui peut être évalué à 3,5oo'mn.
Lagny. — Dom de Changy en indique à Lagny (*>.
Langres. — La cathédrale de Langres, comme la plupart des autres cathédrales, n’a qu’une petite parcelle du bois de la croix.
Laon. — En 1112 on vénérait à la cathédrale de Laon, dans une châsse qui contenait d’autres reliques de la Passion, une parcelle de la vraie croix qui n’y existe plus (1 2 3 4), et une petite portion de l’abbaye de Saint- Vincent, à Laon (3).
Libourne. — On avait à Libourne, diocèse de Bordeaux, un morceau considérable de la vraie croix provenant du pillage du trésor de Saint-Denis, où Louis XVI l’avait fait porter, la croyant là plus en sûreté qu’à la Sainte-Chapelle.
Elle passades mains du conventionnel Villard à celles de l’abbé Picard, puis de M. Beyloc, archidiacre d’Aix, qui n’en reçut que la moitié, & la légua en mourant à l’église de Saint- Jean.
La longueur développée delà tige & de la traverse est de ioom“, la largeur est approximativement de iom,n & son épaisseur de 3""", ce qui produit un volume de 3,ooomm (4).
Lille. — S. G. Ml?r l’archevêque de Cambrai a eu la bonté de m’envoyer
sur une insigne relique de Lille les renseignements dont j’extrais ce qu’on va lire.
Le premier document est un acte de Mgr Belmas, archevêque de Cambrai, de 1838,
constatant la translation de cette relique dans un nouveau reliquaire, & reconnue
par des témoins dignes de foi, comme ayant été exposée autrefois dans l’église de
Saint-Pierre, & appartenant à celle de Saint-Etienne.
Le second document est la copie des leçons du deuxième nocturne de matines, en la fête de l’Oblation de la sainte croix, qui se célébrait, avant la Révolution française, le 16 juillet de chaque année, dans l’ancienne collégiale de Saint- Pierre, à Lille. On y voit que Walter de Courtrai, chancelier de l’empereur Baudouin, obtint, lors du pillage de Constantinople, une partie assez grande du bois de la vraie croix, qu’il offrit au chapitre de cette importante église.
(1) L’abbé Denis, Histoire inédite de l'abbaye de Lagny, par D. de Changy, au grand séminaire de Meaux.
(2) M. l’abbé Bourgeois, vicaire général, archiprètre de Compiègne. Pièces justificatives .
(3) Histoire de l'abbaye, par Robert Wiard, 1755, p. 389.
(4) Je dois ces renseignements à l’obligeante intervention de M. l’abbé Chabannes, curé de Libourne, & de M. l’abbé de Salomon, professeur, à Bazas.