LIVRE I, CH. VI. — LA CROIX EN FRANCE
l’église de Saint-Victor, à Marseille; cette supposition vient probablement de ce qu’avant la Révolution cette église possédait la croix de saint André, apôtre, dont une petite portion seulement lui est revenue depuis peu. 11 n’y reste qu’une parcelle très-minime de la vraie croix, comme dans toutes les églises un peu importantes (Msr Jeancart). On ne doit pas, d’après cela, l’évaluer à plus de 150""".
Ne vers. — Un triptyque byzantin du xiv* siècle, appartenant à M®r Dufètre, évêque de Nevers, renferme un morceau de la vraie croix dont la tige peut avoir 26" ', la traverse 1 8mm, la largeur 4"”“.
Le volume est de ij6mm.
Poitiers. — Sainte Radegonde demanda des reliques de la vraie croix à Justin II, successeur de Justinien sur le trône de Constantinople. Cet empereur lui en envoya un morceau dans un riche reliquaire orné de pierreries. Depuis ce temps son monastère prit à Poitiers le nom de Sainte-Croix. La translation de l’insigne relique donna lieu à la belle hymne: Vexilla regis, que le poëte Fortunat composa à cette occasion. Saint Grégoire de Tours hésita à recevoir le fragment de la vraie croix du monastère de Poitiers, malgré la caution de saint Hilaire & les affirmations de sainte Radegonde. Il lui fallut de nombreuses épreuves & de plus nombreux miracles pour qu’il consentît à croire. « C’était, dit- il, à cause de la folie de mon esprit naturellement rebelle & stupide que je ne m’étais jamais senti excité à croire ces choses jusqu’à ce qu’elles m’eussent été démontrées W. »
La croix est à deux traverses. Sa tige a 69mm de long, les deux traverses ensemble 36™" ; la largeur du saint bois est de 4'nm. L’épaisseur est toujours fort difficile à apprécier ; les reliques étaient plus épaisses dans l’origine par rapport à leur largeur. — D’après cela, son volume serait de 870mm (PI. XII).
Pontignv. — La maison des missionnaires de Pontigny aune partie notable de la vraie croix qui lui vient de la famille Gille. Elle faisait partie d’un morceau plus considérable dont une partie est restée la propriété de cette famille, & le reste a été remis à M. le curé de Molay ; on peut évaluer le volume de l’ensemble de ce morceau à 12,000““". On dit, mais sans preuves authentiques, qu’il a été trouvé à Rome dans le pillage d’un couvent (2) .
Riel-les-Eaux. — M. l’abbé Bergerot, curé de Riel, qui a fait hommage à la
(1) Gretser, Gloire des martyrs } De cruce, liv. I, ch. V.
(2) Voir pièces justificatives.
cathédrale de Dijon de sa plus insigne relique, m’a appris que l’église paroissiale possède un fragment de la vraie croix en forme de croix dont la tige a 35““ sur 3'™ & 2”“, & la traverse 29™ sur a1"'" & 2”™, ayant par conséquent un volume de La couleur est brun-fauve-marron.
Il en possède lui-même un morceau que lui donna Msr l’évêque de Dijon, & dont le montant a 14™"1, la traverse imm 1/2, de mêmes largeur & épaisseur que celui de la paroisse, produisant un volume de 343™™ C1).
Royaumont. — Saint Louis donna à la célèbre abbaye de Royaumont « deux fragments de la croix de Jésus-Christ & de la couronne, pour remplir deux croix d’argent, dont une partie a été transportée dans une croix de cuivre, & depuis dix ans dans une d’argent que les religietix ont achetée (3). » On ignore ce qu’ils sont devenus.
Saint -Dié. — La cathédrale de Saint-Dié possède un morceau de la vraie croix qui existait avant la Révolution dans la Sainte-Chapelle du Palais à Paris ; elle fut recueillie par une personne digne de foi, lors de la spoliation de cette antique chapelle, & confiée à M®1, de Beaulieu, ancien chanoine régulier de Sainte-Geneviève, & depuis évêque de Soissons. Mgr de Beaulieu donna la relique, en 1820, à son ami M. Siret, curé de Saint- Séverin. En 1828, Son authenticité ayant été reconnue par Mgv l’archevêque de Paris, une portion en a été extraite pour Mgl' Jacquemin, évêque de Saint-Dié, incluse dans un médaillon semblable à celui de la croix de Saint-Séverin, & l’un & l’autre médaillon scellés du sceau de l’archevêque.
Le développement de la tige & des bras de la relique de Saint-Dié est de 33"™, la largeur 3“", l’épaisseur imin, ce qui produit un volume de 99""".
Sa couleur brune la fait ressembler à du vieux palissandre, son fil est sinueux, & sa dentité moyenne.
M. le chanoine Balland, secrétaire de Monseigneur, en me donnant ces renseignements, voulait bien y ajouter : « Notre diocèse n’est malheureusement pas riche en reliques de la Passion de Notre- Seigneur. Un certain nombre de paroisses & de particuliers possèdent des parcelles microscopiques du bois de la vraie croix : la plus considérable est échue à notre cathédrale. Si les autres parcelles répandues dans le diocèse étaient réunies, elles ne formeraient peutêtre pas le volume de celle-ci. »
(1) Voir aux pièces justificatives : Dijon,
(2) Gaignières. Note sur les reliques de Royaumont. Préface du manuscrit i\° 5472. Eiblioth. Imp., p. -j.