‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 130 sur 317 · BELGIQUE · texte numérisé non relu

BELGIQUE

Bruxelles, Sainte-Gudule (PI. XV). — L’église des saints Michel & Gudule à Bruxelles possède un morceau de la vraie croix qui est peut-être le plus grand connu. Le montant a 470"”", la traverse 270"’“'. — Le bois a 65"”” dans sa plus grande largeur, & 15""” d’épaisseur; son volume 514,590'”’”. Il est découpé d’une manière tout à fait insolite. La couleur est celle du vieux chêne, les veines sont peu apparentes; mais en y regardant très-attentivement on reconnaît un bois résineux.

Il fut rapporté de la Terre-Sainte par Florent III, comte de Hollande. Après avoir appartenu à diverses personnes de distinction, il passa à Vosmer, vicaire apostolique, qui en fit don à LL. AA. Albert & Isabelle. Cette dernière le légua par testament, le 7 janvier 1650, à l’église Sainte-Gudule.

Dans le pillage de l’église au mois de mars 1793, elle fut dépouillée de ses ornements & sauvée, grâce au peu de valeur du reliquaire qui est en cuivre. Le bois brisé fut recueilli par des personnes pieuses, & reconnu par le chapitre, pour être bien la relique qui lui appartenait. Elle fut restituée le 29 septembre de la même année W.

Notre-Dame-de-la-Chapelle. — Bruxelles, indépendamment de cette relique insigne, expose encore à la vénération des fidèles, dans l’église de Notre- Dame-de-la-Chapelle, deux reliques importantes; l’une (n° 1, pl. XV), en deux morceaux, était à l’église de Thérouanne ( Ecclesia Morinensis) depuis l’année 1286, elle est à Notre-Dame depuis 1773. Son volume est d’environ i,200mm.

L’autre (n° 2, pl. XV), en cinq morceaux, a été donnée, en 1250, par Henri III, duc de Brabant. Son volume est de 1,500"”". Ces renseignements sont pris sur un dessin gravé que m’a envoyé M. l’abbé de Bruyn, président du comité archéologique de Brabant, & dans sa correspondance.

Court rai (Pl. XV). — Notre-Dame de Courtrai possède une relique de la sainte croix, qui lui fut envoyée, au mois de juillet 1207, par l’empereur Henri

(1) Voir Bruxelles, pièces justificatives.

de Constantinople (un des empereurs latins de la maison de Flandre) , avec d’autres reliques insignes tirées du palais des Blaquernes, où elles avaient été conservées par les empereurs d’Orient. Ces reliques figurent dans la charte originale & dans le cartulaire de Notre-Dame. Elles furent conservées sur une tablette d’or, que rappelle un dessin publié dans le voyage littéraire de deux religieux bénédictins (t. I, Paris, 1717). Il est fait mention de cette sainte croix dans les inventaires des xiv, xv & xvi° siècles W.

L’épaisseur est d’environ 2mm & le volume de 200m,n. Le bois paraît être de l’espèce des conifères.

Fumes (PI. XV). — On voit à l’église de Saint-Walburg à Fumes, dans un superbe reliquaire en vermeil, un fragment d’environ 70,mn X i$'m” X 5"*"’, cubant 5,250""".

Elle est plus ancienne que celle de Courtrai.

Gand (PI. XIV). — La chapelle épiscopale de Gand conserve en dépôt, depuis la révolution religieuse d’Henry VIII, une relique très-insigne de la vraie croix appartenant autrefois aux rois d’Angleterre, auxquels elle venait de Richard Cœurde-Lion. Son authenticité est parfaitement reconnue W. Mgr Bracq, évêque de Gand, & M. Jean Bethune, m’ont envoyé à ce sujet des documents qu’on trouvera en détail aux pièces justificatives.

Parmi les objets précieux gardés à la tour de Londres, on voyait un morceau considérable de la vraie croix. Dans le temps de Jacques Ior, les choses saintes étant moins appréciées, un noble Anglais, clerc du tapis vert, fonction considérable dans la tour, porta cette insigne relique, enfermée dans un sac de toile de chanvre, à un de ses amis nommé Pudsey, qui en enleva un morceau de deux palmes. Le clerc du tapis vert en garda pour lui un morceau de la grosseur d’une petite noix, & remit le reste dans le trésor. Pudsey en mourant laissa le bois sacré à sa femme, d’où il passa au P. Luther, jésuite, longtemps son confesseur, & qui le conserva pendant douze ans.

Ce Père, voulant s’assurer de l’authenticité de sa relique, la rapprocha de celle qui était x*estée dans la tour, & reconnut son identité à la cassure du bois & à sa nature. Il porta sa croix à Gand & revint à Londi-es pour soigner les malades pendant la peste de 1665, puis écrivit au P. Champion, recteur du collège des Anglais à Gand, de porter la relique à leur père provincial, & d’en remettre une grande partie à la ville de Norwich.

(1) Extrait d'une lettre de Msr Regnier, archevêque de Cambrai.

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