JÉRUSALEM
Jérusalem, qui avait caché dans son sein pendant trois siècles toutes les reliques de la Passion, en fut successivement dépouillée. Héraclius, après avoir repris aux Perses la croix qu’ils avaient enlevée de la ville sainte, l'y replaça pendant quelque temps, puis la porta définitivement à Constantinople. Il en laissa cependant encore quelques parcelles qui furent honorées par les fidèles jusqu'à la destruction complète de la Palestine. Martin Abbé, fuyant Jérusalem, apporta avec lui de la vraie croix. Lorsque l’armée chrétienne fut vaincue par Saladin (vers 1187), la vraie croix qu’elle portait fut perdue & ne put être retrouvée, malgré les recherches ordonnées par Saladin lui-même (2b
En 1555, le frère Boniface obtint la permission d’ouvrir le saint sépulcre, y trouva trois morceaux du bois de la vraie croix & n’en laissa qu’un (3) .
Voulant connaître la situation de ces reliques, à la recommandation du R. P. de Ratisbonne, je m’adressai au R. P. Hornung, prêtre de Notre-Dame de Sion, dont l’obligeance est égale à la science; il eut la bonté de m'envoyer à ce sujet des détails intéressants :
« Il y a à Jérusalem plusieurs morceaux de la vraie croix d'une certaine importance. Les plus grands se trouvent à l’église Saint-Jacques, appartenant aux Arméniens schismatiques (4L
(1) Extrait tTune lettre de M$r Porphyre.
(2) Stefano Borgia,
(3) Voir Raguse, page 144.
(4) Voir ph IV & les mesures sur la planche.
« On n’a pu donner au R. P. Hornung aucun document sur la relique vénérée. La châsse elle-même ne révèle rien ; un Arménien qui passe pour savant dans la nation prétend qu’elle vient de Rome. Un pape l’aurait donnée à un missionnaire arménien dans un temps où une partie de l’Arménie venait d’être réunie à l’Église romaine... En général elle est regardée, même par les catholiques, comme authentique. Elle se compose de trois morceaux de forme irrégulière, le plus grand de 115'"'" sur 8min & 3""", le deuxième de 5 3 """ sur 4"’"' 1/2, & le troisième de 3 7""” sur 5'"'", ayant ensemble un volume de 4,326""”. »
Trois autres morceaux sont en la possession des pères de la Terre-Sainte à Jérusalem. Le premier a été donné aux RR. PP. franciscains par l’empereur du Mexique, Maximilien; il provient du gros morceau de Raguse.
Des deux autres morceaux, le premier est sans traverse & placé dans la croix des processions. Sa longueur est de 43'”’", sa largeur moyenne de 3m,n, son volume de 344'"™.
L’autre n’a qu’un bras ; le montant a 19 à 20'"'”, le bras io'nm, & si l’on en juge par la petitesse des autres morceaux, son volume pourrait être de 130""". — Soit en tout 5,045'”'".
Voilà ce qui reste à Jérusalem, plus pauvre encore que Rome, par laquelle nous avons commencé ce saint inventaire.