‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 145 sur 317 · LIVRE II, CH. I. ~ LES SAINTS CLOUS · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. I. ~ LES SAINTS CLOUS

car la tète des clous n'aurait pû passer dans les chairs. Des auteurs ont prétendu qu’ils avaient été replacés dans les trous ; mais quelle raison plausible peut-on donner d’une pareille opération? Les clous furent certainement jetés à terre, à mesure de l’avancement de la déposition, ainsi que la couronne & le titre. Or tout ce qui venait de Notre- Seigneur était tellement précieux que ceux qui le déposèrent durent recueillir ces reliques faciles à emporter, auxquelles plus tard ils joignirent les saints suaires & les linges innombrables qui avaient dû servir à l’ensevelissement de la victime divine. Ce sont tous ces objets que sainte Hélène recueillit 0), soit chez les pieux fidèles qui les avaient reçus de leurs pères, soit même dans le sépulcre. Elle s’occupa d’abord du principal, de la croix ; puis, après qu’elle l’eut trouvée, post inventionem, elle rechercha les objets accessoires, qu’elle se procura facilement au moyen des grandes sommes d’argent qu’elle avait apportées avec elle pour cette destination.

L’histoire ne spécifie pas l’invention du titre, de la couronne & des autres reliques ; elle le fait pour les clous, comme le seul complément nécessaire du supplice , & comme le plus grand trésor après la croix. Il était inutile d’en faire alors la nomenclature, mais on ne peut douter que cette sainte princesse ne voulût tout avoir, & qu’elle y parvint1, puisque les reliques que nous avons encore proviennent de la même source, de Constantinople.

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