HISTOIRE DES CLOUS
Sainte Hélène ayant réuni les restes précieux des instruments de la Passion & disposé de la croix, comme on l’a vu plus haut, employa un clou pour le mors du cheval de son fils, un autre pour le casque, & jeta un troisième à la mer pour apaiser une tempête. Saint Grégoire de Tours dit que le quatrième fut fixé à la tête de la statue de Constantin!3); Théodoret, Sozomène, saint Ambroise, voient là un double emploi, & confondent ce dernier avec celui du casque. Saint Ambroise ne parle que de deux clous : De nno clavo frænos fieri præcepît, de alterodiadema intexuit, umim ad décor ern , alterum ad devotionem vertit... Ces deux clous, d’après Socrate, auraient servi à attacher les mains.
(1) Bosioj De crace triomphante j p. 99.
(2) Gretzer? ch. XC11L
On a peine d’abord à se rendre compte du motif qui a engagé sainte Hélène à employer un clou de la croix de Notre -Seigneur pour en faire un mors de cheval. Saint Cyrille d’Alexandrie, saint Ambroise, Théodoret, saint Grégoire de Tours y reconnaissent l’accomplissement de la prophétie de Zacharie (ch. xiv, v. 20) : « Ce qui est placé sur le frein du cheval est agréable au Seigneur W. »
Probablement sainte Hélène n’aura pas mis des clous entiers dans le casque, ni dans le mors du cheval de Constantin ; & plongeant dans la mer le quatrième, elle n’aura fait que le présenter à l’eau, pour que cet attouchement calmât la fureur des flots. L’histoire ne dit pas si elle l’abandonna (a).
Les saints clous ont été conservés à Constantinople jusqu’en >550, le saint mors jusqu’au xm® siècle. Sans doute une partie fut transportée en Occident par saint Grégoire le Grand, légat du saint-siège à Constantinople, d’où il revint à Rome en 585, avec de très~précieuses reliques f parmi lesquelles il s’en trouvait quelques unes de la Passion de Notre -Seigneur (3)