‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 154 sur 317 · LES SAINTS CLOUS · texte numérisé non relu

LES SAINTS CLOUS

lique a i20mra de long, 8mra 1/2 de grosseur à sa plus grande dimension, & sa tête est couverte d’une espèce de chapeau creux au fond duquel il est rivé comme on le voit à quelques clous antiques, à ceux par exemple de la Bibliothèque du Vatican (voir la figure ci-contre).

D’après cette disposition, ne serait-il pas une des douze représentations faites par Constantin, dont j’ai parlé plus haut dans l’article consacré à la multiplication des clous, & ce chapeau ne serait-il pas le symbole ou l’image de la couronne asiatique? 11 ne paraît pas, en effet, disposé pour servir; car au moindre coup porté à faux sur cette tête, elle se serait détachée.

Collin de Plancy, qui doute de l’authenticité de presque tous les clous, ne doute pas de celui-ci. On doit donc en rapporter l’origine à sainte Hélène. Cette espèce de contradiction entre l’opinion favorable d’un auteur sceptique & la forme de la relique s’expliquerait en en faisant remonter, comme je viens de le dire, la façon à Constantin. Le modèle le plus gros du clou de Sainte-Croixin-Jérusalem, & qui paraît se rapprocher davantage de l’original, a été trouvé du poids de 63 grammes.

Santa-Maria-in-Campitelli. — L’église de Santa- Maria- in -Campitelli conserve un clou dont le reliquaire lui-même est un bien remarquable authentique ; c’était l’autel portatif de saint Grégoire de Nazianze, apporté à Rome vers l’an 750, avec le corps de ce saint, qui resta longtemps à Santa-Maria-in-Campo- Marzo, & fut ensuite transféré, par ordre de Grégoire XIII , dans la basilique du Vatican. Il porte une inscription grossière & barbare mais simple, probablement du xie siècle, indiquant qu’il y avait là du bois de la vraie croix, du sang, du saint sépulcre, & des clous, enfin des reliques de saint Pierre & de saint Paul (fi.

La relique dessinée par moi est un gros clou à tête de 75““ de longueur, dont le bout a été coupé & qui avait peut-être une longueur double de sa longueur actuelle. Il est gros à peu près comme celui de Paris. L’extrémité a été arrondie à la lime; elle est plus unie, tandis que la tige, qui a conservé sa surface antique, est comme rongée par la rouille (PI. XVI).

(1) Erra, Storia délia chies a di Santa-Maria-in-Campitelli

Sienne* — Hôpital de la Scala. — J'ai vu & dessiné à l’hôpital de la Scala, à Sienne, un clou que Ton considère comme véritable. C'est une petite barre de fer carrée un peu touillée, courbe, sans tête ni pointe, dans un reliquaire du xive siècle & sur la base duquel se trouvent, sur un fond d’émail, les armes de la ville & de l'hôpital. Il a été cédé à cet établissement en 1359, avec le morceau de la vraie croix dont j’ai déjà parlé, par Pietro Torrigini, qui l'avait acheté aux enchères à Constantinople Ch.

Il était donc dans le palais des empereurs à Constantinople, & peut, comme celui de Rome, celui du couvent Degli Angioli à Florence, & d’autres, avoir été composé, dès le temps de Constantin, de fer ordinaire mêlé avec quelques fragments d’un vrai clou.

Spolëte. — On voit à Rome, dit Corrieris, une pierre récemment placée dans la bibliothèque du Vatican, par Benoit XIV, représentant, peinte en rouge, la forme du clou du temple du Sauveur à Spolète. Il est un peu plus gros que celui de Sainte-Croix, auquel il ressemble.

Torcello, près Venise. — Alban Butler, Vite dei Padri, dei Martin, croit que tous ceux de Venise, y compris Torcello, sont faux (2),

Trêves et Toul. — On regarde comme certain que le clou de Trêves a été donné à l’évêque de cette ville par sainte Hélène. On le considère, d’après cela, comme le plus authentique. La pointe qui manque a été détachée pour être donnée à Toul, où elle est l’objet d’une grande vénération (Pl. XVI).

On raconte que Théodore, évêque de Metz, voulant soustraire cette insigne relique, en fit faire une copie qu’il mit à la place du vrai clou, qu’un miracle le força ensuite à restituer.

En 1794, le saint clou, la sainte robe & d’autres trésors furent emportés de l’autre côté du Rhin. Le duc de Nassau donna le saint clou au prince Metternich qui, avant sa mort, le rendit à Trêves. Son poids doit être de 300 à 3 >0 grammes calculés d’après les dessins qui m’ont été envoyés.

Troyes. — M. l’abbé Coffinet, en décrivant les reliques du trésor de Troyes, signale un riche reliquaire d’agate orientale contenant une parcelle de clou.

Venise. — D’après Flaminius Cornélius, sénateur vénitien, parmi les trois clous déposés à Venise dans les basiliques patriarcale, ducale & des Clarisses, le

(r) Voir les reliques de la vraie croix, les pièces justificatives & la PL XII*

(2) De Corrieris, Reliques à Sain££-Croix-de- Jérusalem ^ 1829, note 9, p, xSo à 187.

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