‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 161 sur 317 · DÉCOUVERTE DE LA RELIQUE DU TITRE · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DE LA RELIQUE DU TITRE

Des témoins contemporains, Lælius Petronius, Paul de Mestre, Étienne Infessura, rédacteurs d'un ancien mémorial de la ville de Rome, racontent ainsi les circonstances dans lesquelles la relique du titre fut retrouvée W.

« Le iw février 1492, on apprit la grande nouvelle de la victoire de Grenade remportée par le roi d’Espagne, & de la prise de la ville qu’il assiégeait depuis longtemps. Le même jour Rome fut témoin d’un miracle.

« Pierre Gonsalvi de Mendosa, cardinal de Sainte-Croix, faisait réparer & blanchir son église ; lorsque les ouvriers atteignirent le sommet de l’arc, au milieu de la basilique près du toit, où l’on voit encore deux petites colonnes, ils sentirent un certain vide, & y découvrirent une niche dans laquelle se trouvait une boîte de plomb de deux palmes, bien close, & au-dessus une tablette de marbre où étaient gravés ces mots : hic est titulus verœ cnicis. On trouva dans cette boite une planchette d’un palme & demi de long rongée d’un côté par le temps, & portant, en caractères gravés en creux & colorés de rouge, l’inscription suivante : Jésus Na^arenas Rex Judæorum. Mais le mot Judœorum n’était point entier, la dernière syllabe rum s’arrêtait à l’R, les deux dernières lettres um étant tombées par suite de la vétusté. La première ligne était écrite en caractères latins, la seconde en caractères grecs, & la troisième en caractères hébreux.

« Toute la ville vint le voir; & trois jours après le pape Innocent vint aussi, & ordonna de conserver la relique dans sa boîte en la couvrant d’une lame de verre. Tout le monde est resté convaincu qu’on avait devant les yeux l’inscription que Pilate plaça sur la croix & au-dessus de la tête du Sauveur, & que sainte Hélène, mère de Constantin, avait mise dans l’église à l’époque de sa constniction (1 2). »

Le sommet de l’arc de la basilique me fut montré sur les lieux mêmes par le prêtre qui me rappelait cette antique tradition. C’était un lieu très-apparent & plus convenable pour vénérer une relique que pour la cacher.

(1) Bosïoj De cructj p. 60*

(2) Bosio, Gretzer, Benoît XIV.

Lorsqu’en 1492, on examina le titre & sa boîte, on y reconnut le sceau du cardinal Gérard Caccianemici, correspondant à l’année 1143 ; ce qui fait voir que la relique avait été visitée à cette époque W.

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