‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 164 sur 317 · INTEGRITE DE LA RELIQUE · texte numérisé non relu

INTEGRITE DE LA RELIQUE

La description que je viens de donner n’est pas tout à fait d’accord avec celle du mémorial ou journal de Rome de 1491. D’après ce journal, le titre était plus grand qu 'aujourd’hui Faut-il y voir qu’il ait été réduit successivement, ainsi qu’il résulte des constatations faites au xvT & au xvne siècle ?

En|i04 on visita ce précieux monument & en se reportant à la description de 1492 ou crut voir que depuis ce temps il avait été diminué à gauche du côté où était le mot jvdæorvm, mais qu’il était resté intact vers la droite ; enfin en 1648, lors d’un nouvel examen, on remarqua que le côté droit, où était le mot jesvs, était aussi emporté, de sorte qu’il ne restait plus que le milieu de l’inscription primitive : nazarenvs re 00.

Voilà ce que racontent des historiens savants & graves, mais qui attachaient peu d’importance à l’exactitude scrupuleuse des mesures, à une époque où l’on se contentait d’à peu près dans la description des monuments.

Cherchons à en dégager la vérité.

(1) Benoit XIV, liv* I, ch. VH, n, 6$. — Niquet, De sancta trace ^ p* 60 .

Lælius Petronius, en 1492, a cru voir une tablette de marbre. Elle est en terre cuite. 11 a lu: hic est titvlvs veuæ crvcis. J’ai lu & copié : titvlvs crvcis seulement.

Arrêtons-nous un instant sur ce monument de terre cuite, qui est bien le même en 1492 & en 1869. La fidélité avec laquelle ces reliques sont gardées nous présente d’abord une garantie certaine d’identité. On ne peut dire qu’il date du moyen âge ; car il porte en lui-même une preuve irrécusable de l’époque où il a été exécuté. Les magnifiques lettres dont il est couvert ont certainement été tracées dans les temps antiques.

Quant aux diminutions successives constatées un peu légèrement sur le titre en 1564 & en 1648 , elles n’ont aucune réalité ; est-ce que l’histoire, qui précise avec tant de soin les enlèvements successifs faits sur une relique de la vraie croix à Saint-Pierre de Rome, aurait été muette sur des enlèvements contemporains des premiers, & bien autrement importants à l’égard d’une relique dont l’intégrité était plus nécessaire à conserver que celle de morceaux de bois déjà tant divisés ?

Nous allons trouver une nouvelle preuve de l’authenticité de la brique servant de couvercle & de la relique elle-même dans leur examen comparatif, qui montrera qu’elles sont exactement faites l’une pour l’autre, & peuvent ainsi se servir réciproquement de contrôle.

La niche disposée pour recevoir le titre dans la clef du grand arc de l’antique basilique devait être entourée d’une feuillure dans laquelle se plaçait la brique servant de volet ou de couvercle. Supposons que cette feuillure, comme dans des conditions analogues nous la verrions aujourd’hui, ait 20œm de largeur, la niche aurait eu dans les deux sens deux fois 20ra,u soit 40"”” de moins que son couvercle. Rappelons-nous que les mesures du couvercle étaient 320""" sur 2ioram, la niche sera de 280""" sur ijomm.

11 y avait dans cette niche une boite en plomb, nécessairement plus petite & pouvant laisser io'"'" de jeu tout autour. Déduisant ce jeu de la grandeur de la niche, nous aurons encore à ôter deux fois io"r,“, c’est-à-dire 20ram sur les deux dimensions, 280""'1 & 170""", & nous trouverons pour la mesure extérieure de la boîte 26o,nm sur 150““.

Mais la tablette portant le titre ne pouvait remplir exactement cette boîte 5 elle avait elle-même une certaine épaisseur. Évaluons à ioram ce qu’il faudrait compter tout autour pour l’épaisseur du plomb & le jeu entre l’intérieur du plomb & la relique, soit 2o'nm de chaque côté, à ôter de 260"“" sur 1 ^o™"1, la tablette

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