‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 168 sur 317 · ÉTAT PRIMITIF DU TITRE · texte numérisé non relu

ÉTAT PRIMITIF DU TITRE

Après avoir décrit ses débris, nous avons à rechercher quelle était la figure du titre complet, tel que Pilate le fit écrire. Nous rapporterons les objections grammaticales qui ont été faites, & les réponses de Gretzer (1616), Niquet (1670), Montfaucon (1708), Gosselin (1828), & d’autres.

Textes des évangiles. — D’après l’Evangile il était en trois écritures braïque, grecque & latine.

hé-

Saint Matthieu a écrit

Saint Marc

Saint Luc

Saint Jean

HIC EST JESVS

HIC EST JESVS

. . . . JESVS NAZARENVS. . . .

REX JVDÆORVM REX JVDÆORVM REX JVDÆORVM REX JVDÆORVM W

Il est crucifié parce qu’il est roi des Juifs, Rex Judœorum. Qu’importent les omissions du nom de Jésus par saint Marc & par saint Luc? tout le peuple connaissait ce nom. Quant aux mots hic est ajoutés par saint Matthieu & par saint Luc, ils sont les mêmes que ceux indûment ajoutés par Lælius Petronius à l’inscription de la brique qui couvrait la relique ; ils ne sont pas du style des inscriptions ; ils sont inutiles ; ils n’ont donc pas du être écrits. Il suffit, comme le rapporte Niquet, que tous les auteurs soient 'd’accord sur ce point, que le titre se composait uniquement des mots donnés par saint Jean.

Saint Jean est le seul qui emploie le mot Na^aremiSj afin de compléter ce que les autres avaient dit ; &, par une circonstance singulière, c’est presque l’unique mot que nous ait conservé la relique du titre, comme pour confirmer le texte de saint Jean, le seul qui n’ait pas quitté Notre-Seigneur un instant pendant sa passion. Il a vu & rapporté littéralement ce dont les autres ont donné l’esprit. Si l’on eût voulu falsifier la relique, on eût cherché, ce me semble, à être plus adroit en la composant de manière à satisfaire aux quatre versions.

(1) Selon saint Matthieu (xxvii, 37), l’inscription portait : ootoç eornv ’IyîgoOç ô paaiXeü; twv 'IouSouwv. Selon saint Marc (xv, 26), on lisait seulement la cause de la condamnation du Sauveur : ô flaotXeù; tô>v ’loo&atwv. Selon saint Luc (xxiii, 38), elle était tracée en caractères grecs, latins & hébreux. Selon saint Jean (xix, 19), l’inscription était écrite en hébreu, en grec & en latin : ’Iyîcjgu; 0 NaÇwpaloç 0 (iaaiXeù; twv 'IouSaitov

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