OBJECTIONS GRAMMATICALES
Il y a longtemps que l’on a contesté l’authenticité de la relique de Sainte- Croix par la critique des caractères qui la composent; on a dit que les Latins ni les Grecs n’écrivaient de droite à gauche ; qu’on ne pouvait admettre s pour n, ni 8 pour o; que le signe 8 ne se trouve pas dans les inscriptions antérieures au vu* siècle, &c., &c.
Commençons par le sens de l’écriture. Gretzer rapporte des exemples d’inscriptions grecques & romaines écrites de droite à gauche. Les lettres sont ellesmêmes renversées lorsque l’inscription est renversée. Le premier exemple est tiré de Pausanias décrivant une inscription placée au bas de la statue d’Agamemnon, & disant que les Grecs avaient coutume d’écrire alternativement de gauche à droite, puis de droite à gauche en changeant à chaque ligne, comme dans ces deux vers :
THN TH AE KE4POÏ AAPNAKA XOÏT-TI H3UH© YOA3TÏM OT
Ils appellent ce mode d’écriture ^oucrfoçzâov, en revenant sur ses pas comme les bœufs qui labourent & se retournent à chaque sillon. L’usage hébreu d’écrire de droite à gauche n’était donc pas inconnu aux Grecs W.
Le même auteur parle d’une table d’airain trouvée en Ombrie ; & cite Golzius, pour une monnaie de Sidon où on lit KAI2AP suivant notre usage, puis ïOTSYOlïA (auyouGTo;) suivant l’usage hébreu <aL
Il a vu beaucoup de monnaies sur lesquelles les inscriptions latines vont de droite à gauche.
J’ai lu moi-même au campanile de Pise, & sur des vases au musée des Offices de Florence, plusieurs inscriptions latines retournées. Enfin cet usage s’est continué jusque dans ces derniers temps, ainsi qu’on peut le voir dans les cahiers de notes de Léonard de Vinci, déposés à la bibliothèque de l’Institut à Paris.
(i) Gretfzer, Di cruce? p. 94.
(a) Golzius, ch* vj Luc> n>