‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 185 sur 317 · RELIQUES DE JONCS · texte numérisé non relu

RELIQUES DE JONCS

Arra s (PL XXI.) — Le jonc d’Arras est placé dans un tube en cristal adapté à deux palmes en bronze doré. Sa longueur est de 55“”“» d’après le dessin qui m’a été envoyé par Sa Grandeur Mïr Lequette, évéque d’Arras, & grâce à l’intermédiaire de M. l’abbé Proyart, son grand vicaire. Elle a été donnée à l’ancienne cathédrale (1556) par Antoine Ternot, évêque d’Arras, plus connu sous le nom de cardinal de Granvelle, qui mourut archevêque de Malines. Emportée en émigration , elle ne revint qu’en 1820, avec le morceau de la vraie croix.

Autün. La cathédrale d’Autun possède un fragment de jonc dont je parlerai plus loin avec les autres épines de cette ville (PL XXI).

Chablis (PL XXI). — La relique de joncs de Chablis paraît être la plus importante, après celle de Notre-Dame de Paris. M. l’abbé Thomas, curé doyen de Chablis, envoyant le dessin, m’écrivait: « Je la tiens de don Dienzi, trésorier de l’abbaye de Saint-Denis, qui lui-même l’avait détachée de la couronne, au moment de l’enlèvement du reliquaire du trésor en 1793. Cette relique est parfaitement semblable à celle de Notre-Dame, c’est donc du jonc. Vous trouverez encore du jonc chez les dames du Calvaire & chez les pères jésuites de Vaugirard. »

Lille. — L’église de Notre-Dame-de-la-Treille & celle de Saint-Pierre à Lille ont obtenu, il y a quelques années, un fragment de la couronne de Paris, qui avait appartenu à M®T de Quélen, archevêque de Paris.

Lyon. — A la cathédrale de Lyon, Saint-Jean, il existe un jonc de 60"1"1 environ, exactement pareil à celui de Notre-Dame de Paris. Il est placé dans un beau reliquaire style Louis XIV, qui avait appartenu à Pie VII & que l’on retrouva chez un marchand d’antiquités.

Ce jonc fut donné à M*r de Bonald, alors évêque du Puy, par Mgr de Quélen lors de la translation des restes de saint François de Sales (1826). L’archevêque de Paris espérait avoir quelque chose de plus que les autres évêques qui n’avaient

rien apporté ; on ne lui donna rien de plus ; il laissa alors un bel ornement de chapelle qu’il avait promis, & garda pour lui la portion du jonc de la couronne qu’il avait dû donner.

M. le chanoine Chapot alla à Paris en 1826 à l’époque du transfèrement des reliques de la sainte épine dans un plus beau reliquaire. Naturellement & plus malheureusement encore, dès qu’on découvre une relique, chacun en désire des parcelles; & Mgp de Quélen accorda des fragments du jonc de la couronne à chacun des neuf chanoines présents & à M. Cahier.

M. Cahier, orfèvre, chargé de faire un reliquaire, partagea son morceau de 1811™ avec M. Chapot qui en obtint 9"™. Comme ils étaient dix, on doit en conclure que le jonc de M®' de Quélen devait avoir environ 180™™ de longueur. Je suis bien de l'avis du vénérable chanoine de Lyon ; ces divisions de reliques amoindrissent leur prestige, & suppriment des pèlerinages qui n’ont plus de raison pour aller vénérer au loin ce qu’o n a près de soi.

Vaugirard. — Les jésuites conservent du jonc provenant nécessairement de la couronne de Paris (PL XXI),

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