‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 184 sur 317 · RELIQUES DE LA COURONNE · texte numérisé non relu

RELIQUES DE LA COURONNE

Les reliques dos joncs détachés de la sainte couronne sont extrêmement rares, car le cercle de Notre-Dame paraît entier, & on n’a pu en arracher beaucoup de parcelles. On n’en connaît qu’un très-petit morceau aux Carmélites de l’avenue de Saxe à Paris, un à Arras, un à Lyon & d’autres à Chablis.

Les épines sont beaucoup plus communes; voici celles indiquées par Gosselin W :

i° L’abbaye de Saint-Denis reçoit de Charles le Chauve, au ix" siècle, une portion de la sainte couronne (3) , & de Philippe-Auguste en 1205 une épine venant de Baudouin Ier, empereur de Constantinople.

2° Vers 960 l’empereur Othon Ier fait un cadeau semblable au roi d’Angleterre Ethelstan , qui en cède une partie à l’église de Malmesbury.

3" Sainte Hélène envoie à Trêves une branche d’épines.

4* Le palais électoral de Munich en Bavière a une branche à cinq pointes qui paraît être une espèce de rhamnus.

5“ Plusieurs églises de Cologne gardent un pareil trésor.

6° Sainte-Croix-de-Jérusalem à Rome nous montre deux longues épines envoyées par sainte Hélène.

7” L’église de la Confrérie de la Charité à Venise possède une branche d’épines avec quatre pointes.

8° L’église de Saint-Dominique à Bologne, & celle des Chartreux (3), sont dépositaires chacune d’une épine.

9“ On en voit une très-longue à Citta di Castello, duché d’Urbin.

10“ A Tarraga, au diocèse de Solsona en Catalogne, deux épines ont été reconnues authentiques en 1604 par le pape Clément VIII.

La plupart des églises dont on vient de parler possédaient ces épines avant la translation de la couronne à Paris. Celles qui suivent les ont obtenues depuis :

(ï) Page 120.

{2) Ne proviendraient-elles pas de celles que Constantin, empereur de Constantinople, donna à Charlemagne revenant de Jérusalem, ainsi que le raconte Nicole Gilles dans les Anndks françaises, dont nous venons de donner un extrait, d’après Bosio?

(3) Mail o ni.

1 1° Saint Louis en donne une à Bernard, évéque du Puy, le jour où il reçut la sainte couronne de Sens.

12° Il en donne encore au chapitre de Valence en Espagne,

130 Au chapitre de Tolède,

140 Au bienheureux Barthélemi de Brégance, évêque de Vicence dans l’État de Venise,

150 A l’abbaye du Bourg-Moyen de Blois,

160 A celle de Saint-Eloi près d’Arras,

170 Aux Cordeliers de Séez.

180 Le roi Jean Ier W en offre une à l’empereur Charles IV, qui en fît instituer la fête (1637) par le pape Innocent VI.

19° C’est de la couronne de la Sainte-Chapelle que viennent les épines gardées à Saint-Eustache, à Paris,

20° A Saint-Germain-l’Auxerrois,

2i° Aux Saints-Innocents,

220 A Saint-Barthélemi,

230 Aux Mathurins,

240 Aux Carmes de la place Maubert,

2 50 A Port-Royal-des-Champs,

26° A Port-Royal de la ville, qui a eu la dernière.

A l’époque de la Réforme, Calvin en énumérait une quarantaine P). Ces listes sont incomplètes & les renseignements que j’ai pu recueillir m’ont fait reconnaître qu’il en existe un beaucoup plus grand nombre. Sont-elles toutes authentiques ? 11 est permis d’en douter; on doit donc examiner avec soin leur nature, que je crois avoir suffisamment démontrée, &leur origine. Cependant leur grand nombre ne suffit pas pour les faire rejeter à priori ; car nous venons de voir quelle quantité prodigieuse d’épines pouvait contenir cette masse de branches épineuses réunies par un cercle de joncs sur la tète de Notre-Seigneur.

Nous aurons à examiner deux espèces de reliques, le jonc & les épines. Celles du jonc sont excessivement rares & leur histoire les montre sortant de la couronne de Paris. Nous en verrons d’abord l’inventaire, puis nous passerons aux villes qui possèdent des branches entières où il est facile de reconnaître la plante, & enfin à celles qui 11’ont conservé que des épines détachées.

(1) Il dit que de toutes les églises qui prétendent avoir des épines de la sainte couronne, il n’y en a presque pas qui ne reconnaissent les avoir reçues de la Sainte-Chapelle.

(2) Baillet écrivait cela avant que les églises eussent été dépouillées de leurs trésors.

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