LIVRE II, CH. III. — LA COURONNE D’ÉPINES
baronne d’Eichtahl ajoute un dessin trop peu exact pour être reproduit, mais accusant bien la nature de la plante indiquée par Gosselin. Les pointes sont d’un rouge foncé, la tige est jaunâtre.
Pise. — Une branche d’épine rapportée par les Pisans au xm® siècle a motivé la construction de la jolie église de la Spina, une des célébrités artistiques de l’Italie. La relique était enfermée dans une châsse de métal aussi admirable par le travail que par la matière. Des voleurs s’étant introduits par une croisée basse dans la chapelle, prirent la partie supérieure du reliquaire , en laissant sur place l’épine & la partie inférieure maintenue par de fortes barres de fer. On porta alors la relique à l’hôpital desservi par les pères capucins, où S. E. le cardinal Corsi m’a permis de la voir.
Elle est depuis 1824 dans un reliquaire en bronze doré, cachée par un rideau de soie rouge & enfermée dans une armoire bien modeste. Je l’ai dessinée sur plusieurs de ses faces. C’est une branche de 8o'”'n de hauteur ayant porté autrefois six épines, dont trois seulement sont intactes. Les unes sont droites, les autres plus courtes & recourbées au bas des premières qu’elles accompagnent.
La couleur générale, surtout celle des épines, est d’un noir-brun très-brillant. 11 y a sur un côté de la tige des taches verdâtres plus claires. Un arrachement sur la tige laisse voir des fibres très-serrées dont la couleur est la même que celle du manteau des capucins.
L’épine principale a plus de 20""“ de longueur , une autre en a été détachée & portée dans le trésor de la cathédrale ( PI. XXI ).
Trêves. — Les reliques de Trêves, venues de sainte Hélène, ont un grand caractère d’authenticité; on y distinguait autrefois une branche d’épines de xio““ environ de longueur portant encore une épine droite & quelques épines courbes, dessinée assez grossièrement par dont Calmet (*), mais présentant nettement le même caractère botanique que celle de Pise, c’est-à-dire une épine courbe joignant une épine droite. La conformité de ces deux reliques est une preuve réciproque de leur authenticité (PI. XXI.)
V enise. — Malloni, le commentateur de Palæotti, dit qu’il a vu, examiné, étudié quatre épines qui se trouvaient dans le trésor de Sainte-Marie des Grâces à Venise ; qu’elles avaient conservé la base par laquelle elles tenaient à la branche; & qu’il est certain que ce n’est pas du jonc marin, mais de véritables épines.
(1) Mossoni.