‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 190 sur 317 · LIVRE II, CH. III. — LA COURONNE D’EPINES · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. III. — LA COURONNE D’EPINES

L'épine est cylindrique , & a sensiblement le même diamètre dans toute sa longueur ; en l’examinant vers la section supérieure , elle paraît évidée à l’intérieur, & ressemblerait d’après M. l’abbé Lacotte, à un morceau d’écorce de bouleau roulé & jauni par le temps. Mgr Bon ange nous apprend que cette épine détachée du trésor de Paris a été donnée à Aucun au commencement de ce siècle.

L’église de la Visitation à Autun en a aussi un fragment assez considérable, provenant de la même source, détaché au xvie siècle. Ce doit être du jonc auquel s’applique très-bien la description de M. l’abbé Lacotte.

Le grand séminaire de la même ville possède deux épines de la sainte couronne, l’une de 38™"“, l’autre de 34'™, blanches dans leur plus grande partie & d’un brun noir à leur base ; elles sont disposées dans un très-riche reliquaire en or & diamants qui est lui-même un objet très -précieux, & présente intrinsèquement une garantie d’authenticité ; sa petitesse me permet de le donner dans mes planches. Cette relique était autrefois vénérée dans l’abbaye royale de Saint- An do che- le s-Autun. Copie de l’authentique m’a été remise par M. l’abbé Picard, vicaire général & supérieur du grand séminaire. C’est un procès-verbal dressé en 1813 par Mgr Imberties, évêque d’Autun, constatant que la relique a été reconnue par plusieurs anciennes religieuses de l’abbaye qui l’avaient vénérée avant la Révolution (PI. XXI) W.

Baume. — Une épine est déposée à Baume, diocèse de Besançon.

Besançon. — Avant la Révolution, deux épines avaient été envoyées à Besançon par Hugues Michiel, originaire de cette ville & évêque de Paris en 1330. Ce prélat avait destiné l’une de ces reliques au chapitre de Saint-Jean, l’autre à celui de Sainte-Madeleine. Elles disparurent en 1794. Cette église possède encore quelques parcelles enfermées dans un reliquaire en forme de couronne d’épines (1 2fi

Bordeaux. — L’église de Sainte-Croix de Bordeaux jouit d’un précieux débris de la couronne d’épines. Elle faisait partie autrefois des reliques des bénédictines & fut sauvée en 1793 par une sainte fille de l’ordre, la sœur Griot, morte centenaire en 1851, qui la remit, après le concordat, à M. Bournazeaux , curé de Sainte -Croix. Volée en 1853, la sainte épine fut retrouvée le même jour. Ce

(1) Voir pièces justificatives*

{2) Lettre de M«r le cardinal Mathieu, pièces justificatives

vol fut l’occasion d’un travail intéressant de M. l’abbé Dupuy dont on trouvera l’extrait aux pièces justificatives. Les authentiques ont été perdus & l’on ignore sa provenance.

L’épine a 5om,n de longueur, 3""" d’épaisseur à la base ; elle se termine en pointe, comme une grosse aiguille, & ressemble aux longues épines de ces plantes qu’on trouve en abondance le long de la Leyre & du Giron & qu’on appelle vulgairement jungues ou ajoncs, espèce de juncus acutus. Elle est enfermée dans un tube en cristal de roche & un beau reliquaire en argent.

Les frères de la doctrine chrétienne ont un fragment d’épine de 9'mn.

Bourbon- l’A,rchamb a ult. On voit dans cette ville une épine de 6omm de longueur, 2""" d’épaisseur à la base, finissant en pointe d’aiguille & un peu noire (*), donnée par saint Louis à son fils Robert. Elle fleurissait, dit-on, tous les ans au 1" mai.

Bruges. — A Bruges, un joli reliquaire du xve siècle renferme une épine <2), dans le couvent de l’église de la Potterie.

Bruxelles. — A Sainte-Gudule de Bruxelles , on voit une épine parfaitement conservée 0).

Carpentras. — Il existe dans cette ville, au couvent des dominicains, une épine de 45""" de longueur. Elle appartenait avant la Révolution à un couvent de cet ordre, d’où elle passa à la paroisse. Le curé l’a rendue à ses premiers possesseurs (PI. XXI).

Chalette. — A Chalette, en Gâtinais, on voyait uneépine delà longueur du petit doigt (4).

Chalons (diocèse d’Autun). — Une épine à l’église de Saint-Pierre (î).

Chelles. — Un inventaire des reliques de l’abbaye royale de Notre-Damede-Chelles y signale une épine (6).

Cluny. — Une épine, donnée à l’abbaye des bénédictins par saint Louis, est actuellement dans l’église de Notre-Dame de cette ville.

(1) Lettre de M»* l’évéque de Moulins.

(2) M. Béthune.

(3) M. Stinglhamber.

(4) D. Morin, Histoire du Gâtinais .

(5) M*r Bouange, vicaire général à Autun.

(6) L’abbé Denis, chanoine de Meaux.

Ce n’est pas quatre épines, mais deux seulement que M. l’abbé Passini m’a fait voir dans le trésor de Saint-Marc. Elles ont été données par saint Louis à la République, dans une petite boîte en velours & argent doré ; vingt fleurs de lis en argent sont placées sur le couvercle ; on en compte dix sur les côtés, & sur la face, avec une ravissante serrure gothique, certainement du temps de saint Louis. Un pareil reliquaire est un véritable authentique.

La plus longue des épines a 6o‘n,n, d’une couleur blanchâtre; l’autre 48'""'.

Au Villa rs, diocèse d’Autun, on vénère une branche portant trois épines dans une châsse d’argent W.

Wevelghem {‘Belgique) . — Une relique de la couronne d’épines est l’objet d’un pèlerinage à l’église paroissiale du village de Wevelghem, aux environs de Courtrai.

Elle consiste en une branche qui parait de même nature que celle de Pise & qui est soutenue par un petit ange en vermeil rappelant le style du xve siècle (PI. XXI) «.

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