‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 213 sur 317 · LES SAINTES ROBES · texte numérisé non relu

LES SAINTES ROBES

Parmi les plus insignes reliques de Notre-Seigneur on compte ses vêtements, qui étaient grossiers. Il devait porter, suivant l’usage juif, une tunique, espèce de chemise sans couture, une robe par-dessus, semblable à la soutane des ecclésiastiques, & enfin un manteau comme vêtement extérieur qui s’enlevait facilement & ne se conservait pas dans l’intérieur des habitations. Les Juifs n’avaient pas de vêtements séparés pour le corps, les cuisses & les jambes 00.

11 est certain qu’Hérode fit couvrir Jésus-Christ d’une robe blanche en signe de dérision ; que la robe blanche était le signe de la royauté, que les rois ne permettaient pas à d’autres qu’à leurs parents de la porter, que les accusés étaient ordinairement vêtus d’une tunique noire. Hérode involontairement rendait ainsi hommage à son innocence (Baronius).

Notre-Seigneur pouvait avoir deux tuniques ou robes, sans contredire ce qu’il avait enseigné, qu’il ne faut pas avoir deux tuniques, entendant par là qu’on ne doit pas en avoir de rechange (1 2).

Dans sa passion il apparaît avec une seule tunique, celle sans couture que les soldats tirèrent au sort; cette robe était grossière, semblable à celle des Galiléens. Peut-être fut-il dépouillé de la robe de dessus ou robe d’honneur, comme Joseph, qui était l’image de Jésus-Christ, en fut dépouillé avant d’être jeté dans la citerne.

Sur la pluralité des vêtements de Notre-Seigneur, M. Guérin (p. 87), s’exprime ainsi : « Se peut-il trouver un texte plus net & plus décisif que ces mots de saint Marc rapportant l’histoire de l’Hémorroïsse : « Jésus, dit-il, connaissant en a soi-même la vertu qui était sortie de lui, se retourna vers la foule & dit : Qui esl- « ce qui a touché mes vêtements? quis tetigit vestimenta mea? » Pour que l’Evangéliste emploie ici le pluriel, ne faut-il pas que Jésus-Christ ait eu plus d’un vêtement? Nous pourrions, assurément, nous en tenir à ce texte sacré, mais écoutons quelques commentateurs sur ce passage de Job : Leur multitude consume mon vêtement

(1) Cornélius à Lapide j Matth.? XXVII? 3 y,

(2) Sandinij Histoire âc la. sainte famille ^ 1764* in-ia* p- 81.

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