LIVRE II, CH. VI. — RELIQUES DIVERSES DE LA PASSION
gioli , à Saint- Jacques-sur-l’Arno , à Saint-Jean-in-Via-Iata, à Sainte-Marie-des- Fleurs, & à l’église d’Ogni-Santi. (Richa.)
Beaucoup d’autres églises ont quelques morceaux de la pierre du saint Sépulcre, mais ces parcelles sont fort petites. Comme toutes les reliques de la Passion de Notre-Seigneur, celles-ci ont été fort recherchées, fort répandues. On n’est étonné que d’une chose , c’est que, puisant pour ainsi dire dans une carrière, on n’en ait pas emporté davantage.
Arrivé au terme de ma tâche, ai-je été assez heureux pour atteindre, au moins en partie, le but que je me proposais? Le lecteur en jugera. J’ai cherché si des témoins matériels du supplice de Notre-Seigneur ont pu arriver jusqu’à nous , & si l’authenticité de chacun était incontestable , malgré leur dispersion & l’anéantissement du plus grand nombre, causé par les convoitises des impies & les richesses dangereuses dont ils ont toujours été entourés. Enfin j’ai essayé, au moyen des procédés actuels de l’archéologie, de reconstituer les instruments de ce supplice. Mettant à profit les loisirs que la Providence a accordés au déclin de ma carrière, je n’y ai rien épargné : efforts persévérants, longues études, voyages, correspondances étendues facilitées par les plus hautes bienveillances, & avant tout recherche constante de la vérité. L’Église n’en craint jamais la manifestation; & ma joie a été grande, en rencontrant une fois de plus la confirmation de ses traditions & de mes espérances.
Mes travaux, je le sais, sont incomplets, mes restaurations probablement imparfaites; mais j’en serais consolé par la seule pensée qu’elles serviront d’échelons à d’autres travailleurs destinés, peut-être, à s’élever un jour au-dessus des nuages qui couvrent encore ces mystérieux débris. Mais si la connaissance de tous ces pieux secrets ne doit pas nous être accordée sur la terre, n’est-il pas permis à une âme d’artiste & de chrétien d’espérer qu’au temps du triomphe de la croix, elle sortira de la poussière où je l’ai cherchée, & se présentera à notre adoration ressuscitée pour ainsi dire, reformée dans son état primitif, & portée, avec les autres instruments du supplice, au milieu des concerts célestes, par les anges qui avaient apparu à l’imagination des Orgagna & des Buonarotti.