JÉRUSALEM
A 14/V0 du petit arc, en suivant la ligne droite vers l’ouest, apparaît le rocher que le déblaiement a dégagé à une hauteur de 4 mètres...
« D’après la tradition mahométane, le prophète Isa (Jésus), comme le derviche m’a assuré, consacra ce lieu par sa présence. D’accord avec les chrétiens, les possesseurs actuels disent que cette place faisait partie d’un sérail. Cela me semble prouver que déjà, du temps de l’occupation arabe, un souvenir de la Passion se rattachait à cet arc. Sur le pied du pilier il y a une autre tradition qui dit que la sainte Vierge s’adossa contre ce bloc, lorsque passa le cortège de la Voie douloureuse. Ce lieu de prière est considéré par les musulmans comme un véritable sanctuaire.
« Le petit arc sera compris tout entier dans la nouvelle église des religieuses de Notre- Dame-de-Sion. Un mur provisoire le sépare du monastère de l’Ecce Homo. On conservera la niche placée entre les deux arcades.
« Une troisième partie de l’arc a été supposée au côté sud ; Rosen, dans une publication récente, prétend tenir de l’iman lui-mème, que cet arc a été démoli il y a une vingtaine d’années pour élargir l’hospice musulman. Le derviche que j’ai consulté, & qui depuis vingt ans est préposé à la garde de cet établissement, a complètement démenti le fait. L’existence de cette construction me paraît donc improbable.
«Vous désirez, monsieur, quelques notices sur la porte du prétoire & sur la porte Judiciaire. Je regrette qu’il y ait si peu de chose à en dire; la dévotion des pèlerins vénère une certaine partie des murs, comme étant l’emplacement où se trouvait la Scala sancta. Pour ma part, je ne puis accorder grand crédit à cette tradition ; personne, je crois, ne saurait y reconnaître une porte murée; ce sont de simples moulures arabesques qu'on ne remarque que d’un côté. Il y a seulement dans les assises inférieures quelques blocs qui pourraient être d’un temps plus reculé que celui des Sarrasins. Je suis entré hier dans la caserne pour examiner l’intérieur de cette très-modeste façade. Il me fut impossible de démêler ce mur du reste des constructions.
« La distance de la Scala sancta à l’arc de l’Ecce Homo eût été de io6m,5o.
« Le seul vestige d’antiquité que l’on trouve à l’emplacement de la porte Judiciaire est une colonne de marbre haute de 6 mètres, enclavée en partie dans une boutique-café. En tout cas, il y avait là une porte communiquant avec le nord, du côté des tribus d’Éphraïm & de Benjamin. Près de cette colonne, il y a encore de longues voûtes modernes ; on se plairait dans cette illusion, qui trouverait encore aujourd’hui, là, une limite entre la ville & les faubourgs... »
le R. p. hornung à M. Rohault de Fleury .
« Jérusalem, 11 mai 1867.
« Il y a à Jérusalem quatre morceaux de la vraie croix qui sont d’une certaine
importance.
« Le plus grand de ces morceaux se trouve dans l’église Saint-Jacques, appartenant aux Arméniens schismatiques. Je suis donc allé me présenter chez le patriarche arménien, & ce prélat bienveillant & bon m’a accordé tout ce qu’il pouvait permettre, d’après leurs usages. Il donna ordre à l’évêque-trésorier de la grande église patriarcale de m’introduire dans le trésor & de m’ouvrir le reliquaire précieux dans lequel est enchâssée la vénérable relique.
« Mon ami le recteur de l’hospice autrichien m’a accompagné, & tous deux nous avons cherché à prendre les mesures aussi exactement que possible. La lumière qui se réfléchissait
PIÈCES JUSTIFICATIVES
trop fortement sur le cristal du reliquaire a pu occasionner une légère différence de quelques millimètres en plus dans les chiffres que je vous donne. Le dessin a été fait par M. de Hoerman, recteur de l'hospice.
« Il a fallu nous contenter de ces mesures prises à travers l'épaisseur du verre, puisque ni l'évêque ni le patriarche ne pouvaient nous donner la permission de dégager la relique de son reliquaire.
« La recherche microscopique que vous demandez n'eût pu s’exécuter que sur une petite parcelle prise de la grande relique elle-même. Or, pour obtenir une telle grâce , la complaisance du patriarche ne suffisait point, puisque le trésor est soumis à un rigoureux contrôle...
« Je regrette vivement, monsieur, de ne pouvoir vous satisfaire en ce point...
« On n'a pu me donner aucun document sur la relique vénérée. La châsse elle-même ne révèle rien. Un Arménien, qui passe pour savant dans la nation, prétend qu'elle vient de Rome. Un pape l'aurait donnée à un missionnaire arménien dans un temps où une partie de l'Arménie venait d'être réunie à l'Église romaine.
« Les Arméniens ont la fête de saint Jacques dans le mois de janvier. Ce jour-là, ils font une grande procession dans l'intérieur de l'église. La relique y est portée par le patriarche lui-même. Un grand concours de peuple, tant schismatique que catholique, assiste à cette cérémonie, afin d’avoir la consolation de vénérer cette insigne relique. On peut dire qu’en général elle est regardée, même par les catholiques, comme authentique.
« Trois autres morceaux de la vraie croix sont en la possession des frères de Terre-Sainte à Jérusalem. Le premier me fut montré par le Père Castade, & il se trouve enfermé dans une châsse en forme de croix, d'un assez beau travail. Cette relique fut donnée aux Pères franciscains par l'empereur du Mexique. Voici les mesures de la relique, qui a également formé la croix : longueur du montant, 22,mn; largeur du montant, 3*™, 5 en bas, 2in,n en haut; longueur du bras gauche, ymin ; largeur, 4mm; longueur du bras droit, ymm\ largeur, 4m,n.
« A la pointe de l'angle qu'il forme avec le montant, la largeur se réduit à 3,n,n.
« Les deux autres morceaux se trouvent au Saint-Sépulcre. L'un est enchâssé dans une croix de procession qu'on porte dans les solennités de premier ordre ; il ne forme qu'un montant d'une longueur de 43,nra & d’une largeur de 4mm en haut, 2min en bas.
« Il n'y a pas de traverse, on voit seulement quelques particules extrêmement fines qui se soustraient à la mesure du mètre.
« L'autre nous a été montré par le frère sacristain. Il présente l’aspect d'une croix dont un des bras aurait été détaché. La longueur du montant est de 19 à 2amin, celle du bras, iomm...
« Vous me demandez, très-honoré monsieur, ce que je comprends sous un second mur du roi Ézéchias ou Niskias. Nous, Allemands, admettons ordinairement trois enceintes qui furent successivement construites. La première se date de David & Salomon. La seconde fut nécessaire sous les rois, quand la ville avait pris plus d’étendue au nord, & c'est Josèphe qui parle clairement sur cet ouvrage de fortification, auquel il fallut travaillera l'approche des ennemis assyriens , & il dit qu'on attribuait à Ézéchias le second mur. D'ailleurs ce sont les Écritures elles-mêmes qui font mention de la muraille d'Ézéchias, qui fît fortifier une partie de la ville, non comprise dans la première enceinte. C'est effectivement cette seconde muraille qui longeait la Voie douloureuse au temps de Notre-Seigneur. La troisième enfin, construite