‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 285 sur 317 · LYON · texte numérisé non relu

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argent, pour mettre sous lesdites reliques, auxquelles sont deux esclats de la vraie croix. »

LYON. — son ém. le cardinal de bonald à M. Rohault de Fleury.

« Millau, 21 septembre 18 66*

a Je suis loin de Lyon dans ce moment, monsieur, c'est la cause du retard que j’ai mis à répondre à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m’écrire.

<f Votre nom, monsieur, est trop honorablement connu à Lyon pour que je ne sois trèsflatté d’entrer en relations avec vous,

« Nous possédons à la métropole plusieurs parcelles assez considérables de la vraie croix. Elles nous viennent de plusieurs papes. Je les ai réunies dans un même reliquaire, qui, quoique moderne, offre assez d’intérêt. Il sort des ateliers de M. Poussiclgue-Rusand, dont j’ai eu à louer le bon goût. J'ai voulu que les médailles d’or des empereurs d’Orient qui se sont occupés surtout de la vraie croix ornassent ce reliquaire. J avais le bonheur de posséder ces médailles & j’ai pensé qu’elles ne dépareraient pas le reliquaire de la croix trouvée par sainte Hélène.

(t Nous serions charmés, monsieur, que quelque circonstance vous amenât à Lyon. Nous nous empresserions de mettre sous vos yeux le petit trésor archéologique de notre cathédrale.

n Nous avons aussi un reliquaire qui appartenait à Pîe VII, dans lequel j’ai mis une parcelle assez importante de la couronne d'épines que Msr de Quélen m’avait donnée,

« Veuillez agréer, monsieur, &c. »

Notice sur les reliques des saints de V Église de Lyon} par D.M. {tiré à cent exemplaires ),

Lyon, 186^2 page 4g , appendice ,

Reliquaire du bois de la vraie croix à la cathédrale, . ,

tt II est une relique qui n’est étrangère nulle part : c’est le bois de la croix de Notre- Seigneur Jésus-Christ, le sauveur & le juge du genre humain,,.

« Le premier fragment de ce bois sacré, que notre chapitre primatial possède, lui fut donné au xnie siècle par Ponce de Chaponay, qui l'avait apporté d’Orient. Ce fragment avait fait partie de la chapelle des empereurs de Constantinople, Il fut sauvé du pillage en 1562 par Jean Cropet, greffier choisi par les calvinistes pour faire l’inventaire de l’argenterie & des meubles de notre église métropolitaine Après la mort de Jean Cropet, sa veuve le rendit aux chanoines, qui le firent renfermer dans un reliquaire en forme de croix latine, à double croisillon garni de velours & enrichi de perles. On présentait cette croix à la vénération des fidèles, le vendredi saint.

« Lors de notre grande révolution, comme les dévastateurs se montraient surtout avides des objets d’or Sc d’argent, après avoir enlevé les perles qui entouraient la relique, ils la jetèrent à terre. Le suisse de T église la ramassa 8c plus tard la porta à Fribourg, où

(1) Menestrier, Introduction à la lecture de V histoire. Lyon, 1694, p. y 47.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Mgr l’évêque de Lausanne, qui a son siège dans cette ville, ne permit qu’elle y fût publiquement vénérée qu’après avoir délégué, pour en faire la reconnaissance, trois ecclésiastiques lyonnais alors réfugiés en Suisse : c’étaient MM. Marduel, vicaire de Notre-Dame de la Plàtière, jadis habitué de la Primatiale; Marchand, prêtre perpétuel de la même église; & Gay, sacristain custode de Sainte-Croix. Tous la reconnurent aisément à la forme du velours qui lui servait de soutien, remarquant en outre que la trace des perles , placées autrefois aux extrémités, paraissait encore. C’est pourquoi, par acte du 23 mai 1794, le prélat que nous venons de nommer permit d’exposer ce fragment de la croix de Notre-Seigneur dans les églises de son diocèse.

« Après la restauration du culte en France, le même évêque, accédant au vœu de MM. les vicaires généraux de Lyon, leur rendit la sainte relique. Elle fut remise, le 31 juillet 1804, à M. l’abbé Frangin, délégué pour la recevoir, qui la rapporta à la Primatiale (archives de l’archevêché).

« Une seconde portion provient de l’abbaye de Saint-Denis; elle fut sauvée par les soins d’un membre de la commission temporaire, établie en 1794 pour la conservation des divers objets d’art trouvés dans le pillage des églises. Depuis, le même personnage se dessaisit de ce fragment en faveur de M. l’abbé de Pins, alors évêque nommé de Béziers, en y joignant une déclaration écrite par laquelle, à la date du 23 décembre 1819, il attestait, sous la foi du serment, l’exactitude du fait qui vient d’être rapporté. Devenu archevêque d’Amasie & administrateur apostolique de Lyon, Mgr de Pins enrichit de ce fragment notre église métropolitaine (archives de l’archevêché).

« Un troisième morceau avait été donné le 22 septembre 1804 au cardinal Fesch, par la sacrée congrégation romaine des Reliques & des Indulgences. Les lettres de donation le désignent ainsi : magnam sacram partem vivificœ crucis D. N. Jesu Cliristi (archives de l’archevêché).

« Un quatrième appartenait aux princesses Victoire & Clotilde, filles de Louis XV. Elles s’étaient réfugiées, au temps de la Terreur, à Bologne, où elles moururent, laissant la relique qu’elles possédaient à M. l’abbé Courbon, qui leur servait d’aumônier. Rentré en France, & devenu vicaire général, cet ecclésiastique conserva ce morceau du bois de la croix jusqu’en 1824, date de sa mort, à laquelle il devint propriété de la cathédrale.

« Un cinquième fragment faisait partie du trésor des reliques de l’église de Saint-Chamond; il a été détaché d’une portion plus considérable qui fut donnée jadis à cette église par le roi saint Louis. On avait pu heureusement le conserver lors des deux grandes commotions sociales de 1562 & de 1793.

a Enfin, un sixième & dernier fragment était enchâssé dans la croix pastorale du cardinal Fleury; il échut à l’une de ses nièces qui vivait encore en 1844, & qui la donna à un ecclésiastique devenu depuis membre de notre chapitre primatial. Celui-ci a bien voulu le joindre aux autres fragments dont il vient detre question. »

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