‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 295 sur 317 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

RAGUSE. — EXTRAIT d’un manuscrit de m. le chanoine stefano scurla,

du 12 mai 1866, portant ce titre : Note sur des parcelles du bois de la vraie

croix que Von vénère à Raguse.

I. — « Raguse est très-riche en reliques de la vraie croix, & la principale est sans contredit le magnifique fragment placé dans une croix d’argent, que l'on voit dans le reliquaire de la cathédrale.

« Quoiqu’il n’y ait pas de document public qui atteste sa provenance & nous assure de son authenticité, cependant les renseignements particuliers suffisent pour nous donner toute garantie à cet égard.

« Quelques écrivains du pays voudraient qu’elle vînt de Rome, & qu’elle ait été apportée dans notre ville par Paulimir Belo, quand sur la fin du Xe siècle il partit de Rome, pour reprendre le trône de ses pères.

« ... Cependant... peu de personnes croient que ce soit ainsi que les précieux fragment ont été apportés à Raguse, & ils leur attribuent une autre origine.

« Crescimir III régna en Croatie de iooo à 1035, & s’étant soumis à la suprématie de la Porte, il en reçut honneurs & secours. Son fils Etienne lui succéda, & dans une grande maladie il rit vœu de visiter l’église de Saint-Étienne, de la restaurer & de l’enrichir, & consacra à ces travaux une somme de 6000 hiperpères de Raguse. Après avoir recouvré la santé, il joignit à ces libéralités le don des terres de Bruno, Bergatto, Ombla, Gravosa, Malfi, & une partie de Gionchetto, avec la condition que dans toutes ces localités on élèverait une église en l’honneur de saint Étienne. On voit encore deux de ces églises à Ombla & à Malfi.

« Le roi étant mort vers 1050, sa veuve Marguerite, emportant avec elle ses trésors, se retira à Raguse, & donna à l’église de Saint-Étienne 200 livres d’argent pour y renfermer ses reliques & en outre deux morceaux de bois de la vraie croix. Elle prit ensuite le voile avec deux de ses demoiselles d’honneur, fit bâtir près de Saint-Étienne une chapelle dédiée à sainte Marguerite & fut ensevelie dans le cimetière de Saint-Étienne. Une inscription sur la façade de la petite église de Sainte-Marguerite, reconstruite en 1571 par le sénat de Raguse pour faire place à des fortifications, relate la tradition qui en attribue la fondation à cette reine.

« Presque tous les écrivains de Raguse s’accordent à dire que les deux morceaux proviennent d’elle.

« ... Ils ont été toujours conservés dans le reliquaire avec un grand soin, & ils figurent tous deux dans un inventaire de 1493. Depuis ce moment on n’en trouve plus qu’un, sans savoir comment l’autre a pu disparaître. Retirées des ruines, les saintes reliques, qui se conservaient dans la cathédrale, furent provisoirement placées dans le fort Rcvellino, puis transportées dans le chapitre des dominicains le dernier dimanche de juillet de la meme année,

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