‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 296 sur 317 · RAG USE · texte numérisé non relu

RAG USE

ainsi que Récrit l'archidiacre Giorgi à l’abbé Etienne de Gradi, patrice de Raguse, bibliothécaire de la Vaticane, en date du 4 août 166 7.

« Elles restèrent chez les dominicains jusqu'au moment où elles furent transférées solennellement, en 1785, dans la chapelle de la cathédrale.

« La richesse de ce trésor est vraiment remarquable, & l'abondance des saintes reliques qui sont conservées dans ce magnifique ouvrage d'or, d’argent, représentant des têtes, des mains, des pieds, des calices, des vases, &c., est tel que, sous ce point de vue, Raguse est vraiment distinguée des autres villes de la chrétienté,

« L’insigne relique de la vraie croix est renfermée dans une croix d'argent doré qui a 5551,,m de haut, 450™ de large. Sur les quatre angles, d'un côté on voit en relief les quatre évangélistes, au faîte saint Jean, dans le bas saint Luc, dans le bras droit saint Matthieu, & dans îe gauche saint Marc. À l'envers 011 voit aussi quatre figures, c’est-à-dire au faîte la sainte Vierge & l'enfant Jésus, au bas sainte Claire avec un calice à la main, au bras droit saint Biagio qui tient la ville dans sa main, 8c au bras gauche saint Étienne, premier martyr, avec un encensoir. Dans le milieu de la croix il y a, du haut en bas, une ouverture longue de 255™% large de i2oimn, couverte des deux côtés par une glace garnie d’un treillis en argent doré, 8l où se trouve ce précieux bois que l’on peut voir ainsi des deux faces.

u Ce fragment, dont la plus grande hauteur est de aqi1™1, & la largeur de 8om“, est trèsirrégulier, ainsi qu’on peut le voir par la figure. Les deux faces, vues de près, sont criblées de fentes dont les unes sont à peine visibles, 8c les autres ont de 2 à 31™ de largeur.

« L’épaisseur du bois, autant qu'on peut en juger dans son irrégularité, est en moyenne de

a Sa couleur est celle de la châtaigne, très-foncée, presque noirâtre ; sa consistance est si forte que le fer le mieux affilé ne pourrait en enlever un morceau, sans le briser en parcelles irrégulières.

u On ignore quand le saint bois a été placé dans cette croix d’argent, cependant le travail doit en être très-ancien.

(c Possesseurs de parties si considérables, on comprend bien que les Ragusains en aient détaché quelques-unes pour les placer dans des coffrets, des croix, des vases, des tablettes, qui sont cdnsignés dans les divers inventaires du trésor & qui figurent notamment dans celui de 1844.

« i° Crux pairiarchaîis in tabula . Très-petite table couverte d'une lame d’argent de t8omin, sur 288lïim' on voit dans le haut, en bas-relief, deux anges, & dans le bas, à droite la sainte Vierge, 8c à gauche saint Jean. Dans le milieu de cette tablette une croix patriarcale de quelque mastic très-fendillé, où se trouve une parcelle très-petite de la vraie croix. Le travail doit être très-ancien.

« 20 Crucis lignum in tabula cum lamina argentea . Table couverte d'une lame d’argent de 220™, sur 375min, semblable à la précédente, avec cette différence que la croix du milieu est en bois dur, contenant dans le milieu de la traverse inférieure quelque minime fragment du saint bois.

« 30 Signum crucis . Coffret en forme d'ostensoir d'argent de 370™ de hauteur, compris la base. Dans le milieu de ce coffret soutenu par un aigle, il y a un fragment du saint bois de 2jmm sur 32“* de hauteur, qui devait avoir autrefois 47™* de hauteur, parce que

PIECES JUSTIFICATIVES

dans le cordon de la soie orange avec lequel le bois est attaché on remarque un vide de 15“™ qui devait être occupé autrefois par la sainte relique. A l’envers le sceau du chapitre est imprimé sur de la cire d'Espagne.

« Ce fragment, qui était dans un coffret de bois doré, a été placé dans celui-ci le 2 p mars 1743.

« 4° Theca informa pyxidis cum ligno sanctce crucis & reliquiis plurimorum sanctorum martyrum . Un très-minime morceau du saint bois.

« 50 Crux patriarchalis lignea cum lamina argentea. Croix patriarcale de 380™" de hauteur, i^omm à la traverse supérieure, & i8oimn à la traverse inférieure; le travail doit être très-ancien. Dans la partie supérieure de la croix il y a un vide en forme de croix où devait être placé le saint bois. Trois côtés manquent; il reste seulement la base, longue de 30,mn, large de $mm.

« Dans la partie inférieure de la croix il y a de même un vide en forme de croix où devait se trouver du saint bois. Il n’eft reste que la traverse de & une partie de la base de 2 5min. Cette perte doit être attribuée au peu de soin que l’on a pris de le garnir avec du verre ou autrement. La couleur en est beaucoup plus claire que celle de F autre bois renfermé dans le reliquaire.

« 6° Crux argentea . Croix d’argent doré orné d’émail, travail très-ancien, privée de son

bois.

« 70 Crux argentea. Croix également d'argent, d’un travail très-ancien, privée de son

bois.

« 8° Tabula lignea deaurata cum cruce Domini . Petit cadre doré, avec une croix d'argent de 5omm sur 60 & un très-petit fragment du saint bois. Elle a été transportée à la cathédrale du couvent des religieuses de Sainte-Marie.

« 90 Crux argentea cum particulis ligni sacrcv crucis . Dans une croix de 26omm sur 205, se trouve un fragment de la vraie croix de 6ymm sur ymm non couvert par du verre, & par ce motif plus clair en couleur que les autres fragments du saint bois.

« Nota . — Le fragment du saint bois qui se vénère dans la grande croix d’argent était plus grand autrefois. Le défunt évêque de Raguse, Thomas Gederlinich, en détacha une portion pour en faire présent au cardinal Jacques-Philippe Fransoni. Dans cette circonstance quelques personnes dévotes & beaucoup d’églises eurent la consolation d’en obtenir des parcelles.

a Le même évêque en donna ensuite un fragment à l’archiduc Maximilien, actuellement empereur du Mexique, qui le fit entourer de diamants, & qui, lors de son pèlerinage à Jérusalem, entre autres largesses, en fit hommage à la chapelle de Sainte-Hélène, pour le placer dans la croix que tient cette sainte. »

II. — « Outre Tinsigne fragment du bois de la vraie croix & les autres parcelles qui se conservent dans le reliquaire de la cathédrale, on en voit un autre dans une croix d’argent apportée de Jérusalem par le frère Boniface de Stéphanisda, alors qu’il était gardien du saint sépulcre. Boniface, d’une très-grande science, avait étudié à Paris & fut condisciple de Sixte-Quint.

« Sous Paul IV, en 1555, ^ obtint la permission d’ouvrir le saint sépulcre, ce qui eut

Page 1