‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 297 sur 317 · RAGUSE · texte numérisé non relu

RAGUSE

alors lieu la première fois depuis sainte Hélène. Il y trouva trois morceaux de bois de la vraie croix enveloppés dans un voile très-fin, sans doute placés dans le sépulcre meme par sainte Hélène; à peine le voile fut-il exposé à l’air, qu’il se délit comme une toile d’araignée, en laissant seulement quelques fils d’or qui étaient tissés avec ceux de lin.

« Il remit dans le sépulcre un morceau du saint bois, & obtint la permission de pouvoir distribuer le reste & de l’employer dans la chrétienté au profit de la terre sainte.

« Après avoir fermé le saint sépulcre, il rétablit dessus un autel, l’orna avec de précieux marbres & plaça dessus une pierre pour perpétuer la mémoire de ce fait, qui fut, avec toutes ses circonstances, enregistré dans les archives du saint sépulcre.

« Boniface divisa le saint bois en plusieurs parties dont il donna au souverain pontife Paul IV, au cardinal Caspio, au cardinal de l’Aracœli, à Philippe II, roi d’Espagne, comme bienfaiteur de la terre sainte.

« Il donna encore, en 1558, à l’empereur Ferdinand IV, à la république de Venise, des fragments de la colonne. Il en envoya aussi à Raguse, sa patrie, en y joignant un morceau du saint sépulcre. Devenu évêque de Stagno, il envoya à la cathédrale de Saint-Biagio à Raguse un morceau qu’il s’était réservé. »

III. — « Outre les fragments qui se conservent dans la cathédrale, il y en a un dans une croix patriarcale d’argent conservée dans le reliquaire des pères dominicains de Raguse. Cette croix est haute de plus de 19 pouces, la traverse d’en haut a 8 pouces, celle d’en bas 11 pouces 1/2 ; elle est ornée de roses & d’étoiles & d’inscriptions en lettres serbes d’où il résulte qu’au xive siècle, vers 1310, cette croix a été faite par l’ordre du roi Urôs & qu’un morceau du bois y fut placé par Grégoire II, évêque de Rassia (Servie), qu’elle fut réparée en 1548, & qu’elle appartenait au couvent des dominicains de Gravosa.

« On ne sait quand ni comment elle échut à ce couvent. Cerva suppose qu’elle aura été apportée à Raguse par quelque marchand de cette ville qui se trouvait dans la Servie ou l’Herzégovine, au moment de la chute de ce royaume. Cette croix resta dans le couvent des dominicains de Gravosa jusqu’en 1618, époque où, pour plus de sûreté, on la porta dans le couvent de ces pères qui est dans la ville, & jusqu’en 1714 on était dans l’usage de la porter à l’église de Gravosa au jour de l’Invention de la sainte croix, le 3 mai, pour l’exposer à la vénération des fidèles.

« Vers l’année 1697, la croix ayant été, suivant l’usage, transportée à Gravosa, pour la fête de l’église, un religieux du même ordre, à l’insu des autres pères, ouvrit la croix, en tira un fragment du vrai bois & le donna au baron Saponara, Napolitain, ambassadeur de l’empereur Léopold, résident à Raguse, en l’engageant à garder le secret, qu’il conserva en effet jusqu’à la mort du religieux. Après la mort de celui-ci, le baron Saponara, pour assurer l’authenticité de sa relique, s’adressa à Étienne de Biagio Tudissio, un des gardiens du trésor public, pour en obtenir le certificat. Alors la croix des dominicains fut ouverte en présence des religieux de l’ordre & l’on trouva qu’il y manquait un morceau en bas du montant de la croix elle-même; ils virent ainsi que leur croix avait été violée, & privée du morceau qui se trouvait entre les mains du baron. Ils décidèrent alors qu’on ne la transporterait plus à Gravosa. Les pères donnèrent de tout cela une attestation qui servit d’authentique à la croix volée.

« Cette croix d’Urôs, qui appartient aux dominicains, est pleine de fragments du saint

PIÈCES JUSTIFICATIVES

bois qui en occupent tout le vide. Le bois est de la même couleur que le fragment que l’on vénère dans la cathédrale & paraît être exactement de même nature.

« La largeur du montant est de 25™°% l’épaisseur de 17'™. »

m. le chanoine seur la ( traduction ).

« Très-cher monsieur,

<c Raguse, 22 juillet 1868.

«... C’est à peine si j’ai terminé ces jours derniers l’impression de ma brochure sur le reliquaire de notre cathédrale; je vous en envoie un exemplaire, que je vous prie d’agréer en témoignage de ma profonde estime; j’y joins la traduction de la préface, ainsi que celle des passages où j’ai l’honneur d*en référer à votre autorité.

« Le Père prieur des dominicains m’a montré votre lettre dans laquelle vous lui demandiez des éclaircissements sur la croix d’Urôs. Je me suis chargé d’y répondre.

« i° Je vous mande d’abord le dessin grandeur naturelle de ladite croix, qui confirme les mesures que je vous indiquais dans mes dernières lettres. — Vous trouverez à la page 108 de ma brochure la gravure de cette croix.

« 20 J’y joins une parcelle du bois de la sainte croix que j’ai pu obtenir des pères dominicains, & que j’ai enlevée moi-même de la croix d’Urôs. — Elle est détachée d’un fragment d’environ 3omm de longueur, dont vous pourrez ainsi faire examiner la nature & sur laquelle vous voudrez bien me donner votre sentiment.

« A cette occasion, en ouvrant un côté de la croix, je me suis persuadé qu’un tiers à peine de ce reliquaire était encore rempli du saint bois , réduit en fragments plus ou moins considérables & reliés avec de la soie... »

Trésor de la cathédrale de Raguse . — Historique du bois de la sainte croix, du lange de Notre-Seigneur & des autres reliques relatives à la vie & à la mort de Notre-Seigneur, par M . le chanoine Seur la, 1868 (extraits de la préface).

« Toutes les personnes du pays ou de l’étranger visitant le trésor des saintes reliques de notre cathédrale demeurent surprises d’un tel monument de la piété de nos pères...

« Au printemps de l’année passée, une personne haut placée me demanda une relation sur le bois de la sainte croix que nous vénérons, pour la transmettre à l’hagiographe français M. Rohault de Fleury, qui depuis plusieurs années se livre à des études aussi sérieuses que persévérantes sur les reliques de la Passion de Notre- Seigneur.

« Je fis de mon mieux & je remplis ma mission aussi bien que le permit le peu de temps dont je pus disposer...

« Un tel jugement sur nos reliques... m’engagea à revoir mon premier travail, à le compléter par de nouveaux renseignements & à le rendre capable d’être publié, non comme œuvre littéraire, mais comme un simple exposé de la vérité... Tel a été mon unique but; si je l’ai atteint, il me servira de récompense. »

ROME

ROME, — sàïnte-croix-in-jérusàlem. — Copie de V inscription relative au titre de la croix sur les murs de V escalier qui descend à une porte de V oratoire^ à droite en entrant 0)#

({ Sacra ulterior capella, dicta Hierusalem, quod beata Helena, magni Constant! ni mater, Hierosolymam rediens anno Domini cccxxv, dominici trophæi insigniis reperds, in proprio eam cubiculo erexerit, terraque sancta montis Cal varias navi inde adducta, supra quam Cliristi sanguis effusus fuit redcmptionis humanæ pretium, cuj usque vigore in cœlcstem Hierusalem mortalibus aditus patuit, ad primum usque ad inferiorem fornicem repleverit, ex quo sacellum ipsum, ac tota basilica Sc xmiyersa urbs secunda Hierusalem mer ni t appel lari; apud quam, & Donnons ad illius robur fidei in Petro iterum crucifigi voluit, ubique unius Dei veneratio, ac fides indeficiens, & Domini precibus, & Pétri favore ad ultimum usque judicantis Domini adventum in urbe sublimi, & valenîe, ac inde veriore Hierusalem creditur permansura* Hune ergo locum regina ipsa raulîis Cliristi & sanctorum reliquiis ornavit, & a B, Sylvestro, xm kab aprilis cum multiplici peccatorum venia visitantibus indulta, consecrari obtinuiî* Inde centum fera labentibus annis, Placidius Valentinius III imperator, filins Constantii Cæsaris, Àrcadii & Honorii imperatorum nepos ex sorore Galla Placidia, lilia magni Theodosii Hispani, in solutionem voti sui, ac matris Flacidiæ, & Honorine sororis, opere vermiculato eam exornavit. Inde quasi mille centum annis evolutis, titulus sanctæ crucis ab Helena Romam delà tu s, qui supra arcum majorera istius basilicæ in par va fenestra, plumbea theca, mura lateritio clan sus tamdîu latueraî, musivis tamen liîteris ad extra id referentibus, quod illic titulus staret ; quæ quum litteræ, præ vetustate, vix legi poterant, sedente Innocentio octavo, sapientissimo pontidee, anno Domini mccccxcii, pontificatus sui anno octavo, cum bonæ memoriæ R, D. Fetrus Grandisalvius de Mendoza, nobilissimus cardinalis Sanctæ Crucis in Hierusalem, Toletanus primas, tectum basilicæ istius & musivas illas litteras fenestræ reparari faceret, fabris bitumen quo litteræ figebantur indiscrète cUruentibus, aperto fenestræ for ami ne, contra eorum & cardinalis beneplacitum, gloriosus titulus veræ crucis post tôt annos ab Helena visibilis apparuit... eaque die magna gravata olim dicta Hilliberia a filia regis condita & appellata, deinde sub Cbristo sincere mente Deum reverens, tum post cladem Hispaniæ a Mahumetanis Africanis sub Roderîgo rege illatam multo teinpore Mahumetis miiitiæ servions, tandem Ferdinando & Helisabeth sacris conjugibus, Hispani or um rege & regina, catholicis valida illam tune obsidione cïngentibus dedita illis Romæ nunciaîur ut, apparente signo Filii Dei in urbe, quæ universum orbem refer î, simul contra Mahumetum præcipuum Christi hostem victoriam insignem nunciari contîngeret, ac inde in mémo ri am utriusque tam præclari divini mysterii una die Romæ relati, Innocentius ipse banc basilicam cum senatu devotissime visitavit,.. n

BULLÀ ALEXÀNDRI VI, PAPÆ, DE ï N VENTIQ NE T1TULI CRUCIS DOMINI

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