‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 304 sur 317 · GRANDE ARMOIRE INFERIEURE · texte numérisé non relu

GRANDE ARMOIRE INFERIEURE

Tablette intermédiaire*

et ... À droite une grande croix en argent dans laquelle est enchâssé un reliquaire en or renfermant un morceau de la vraie croix } de 340^ ^ de long. Ce reliquaire est enrichi de perles fines, de rubis & de saphirs. Le morceau de la vraie croix qu'on y voit a été extrait d'une châsse renfermant le corps de sainte Paule, donné par Charlemagne à son cousin MagnusC1^ archevêque de Sens.

« ... A gauche, mi petit reliquaire en bronze doré renfermant une épine de la sainte couronne, donnée par Louis IX, Ce saint roi, accompagné de l'aîné de ses frères, Robert comte d'Artois, & de sa mère Blanche de Castille, vint à Sens recevoir la sainte couronne d'épines qu'il avait retirée des mains des Vénitiens, Ces deux princes, nu-pieds Sc en tuniques blanches, la prirent sur leurs épaules & la portèrent ainsi à l'église métropolitaine de Saint- Etienne, au milieu du clergé qui vînt au-devant en procession., , »

Tablette supérieure ,

« ... Le plus ancien des procès-verbaux renfermés dans cette châsse date de 1095 ; il est de Ri cher, archevêque de Sens, & il constate que le corps de sainte Paule a été donné par Charlemagne à son cousin Magnus, archevêque de Sens, & qu'à cette relique en sont jointes d’autres provenant delà même source, entre autres un morceau de la vraie croix: c'est ce morceau qu'on a placé dans le beau reliquaire enchâssé dans une croix d’argent, dont il a été parlé ci-dessus, n

(1) Ce Magnus était-il réellement parent du grand empereur? Tout ce que nous pouvons affirmer, c’est que sur un inventaire des reliques en date de io6ÿ, que Ton possède encore, il est qualifié consolrinus imper ataris Cafoîi MagnL

PIÈCES JUSTIFICATIVES

TOULOUSE. — JARDIN DES PLANTES DE LA VILLE DE TOULOUSE* oâ Monseigneur V archevêque de Toulouse.

'( Toulouse j ieT décembre 1869,

« Monseigneur, pour répondre à l'honorable mission que Votre Grandeur a bien voulu nie confier, je me suis rendu hier à Saint-Sernin pour procéder à une description aussi complète que possible de la sainte épine appartenant à l'insigne basilique* Le procès-verbal de cet examen a dû vous être adressé ; il signale les caractères précis de cette relique*

« Toutefois une question intéressante, celle de la nature spécifique de F épine, c'est-àdire de Fespèce d'arbre ou d'arbuste à laquelle on peut la rapporter, ne devait pas y trouver place, car elle nécessite quelques développements particuliers*

(î Les personnes étrangères à Fétude des végétaux, ignorant qu'un assez grand nombre d'arbres ont des épines semblables, se figurent qu'un botaniste ne doit éprouver aucun embarras à cette détermination. Or, dans la seule collection que renferme l'école botanique du jardin des plantes de Toulouse, j'ai pu recueillir sur trois arbres différents, des épines dont les caractères ont la plus grande analogie avec ceux de la relique de Saint-Sernin. Ce sont : deux Cratœgus ou épines (C rat œ gus cor data ? Cratœgus paryifoliaj désignés au jardin sous les noms de Me ip il us acerisolia & tomentosa; un Gleditschia ou févier (Gleditschia sinensis), a Les deux espèces de Cratœgus citées appartiennent à l'Amérique septentrionale. Mais j'ai tout lieu de penser que quelques espèces de Cratœgus croissent en Syrie & que c'est à une d'elles qu'a été empruntée l'épine qui nous intéresse*

<c Deux arbres épineux croissant en Orient ont reçu le nom vulgaire d'épine du Christ*

« L'un, originaire aussi du midi de la France, est le Paiiurus aculeatus ou porte-chapeau; l'autre, spécial au Levant, est le jujubier épine du Christ (Ziçyphus spina Christi ou Rhamnus spina Christi de Linné). On lit à la suite de la description de ce dernier arbre dans le Botaniste cultivateur de Dumont de Courset, î. VI, p. 266 : « Il est probable que c'est de « ses rameaux qu'on a fait la couronne d'épines de Jésus-Christ, au lieu de ceux de paliure « auquel on l'attribue. »

u Je dois faire remarquer que, soit dans le paliure, soit dans le jujubier cités, les épines sont courtes, fortement courbées & toutes differentes de la sainte épine de Saint-Sernin, qui est deux fois plus longue qu'elles & presque droite.

« Je serais heureux, Monseigneur, si ces détails étaient de nature à vous satisfaire.

« J'ai l'honneur detre... De Clos, n

Procès-verbal sur parchemin de F ouverture du reliquaire de la sainte épine du Seigneur.

L'an mil huit cent soixante-cinq , & le trentième jour de novembre , nous soussigné , Théodore de Lartigue, curé de l'insigne basilique Saint-Sernin, délégué à cet effet par Mgr Florian Desprez, archevêque de Toulouse, avons procédé, après les prières préparatoires,

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