EXALTATION DE LA SAINTE CROIX
« L’objet précis de cette fête constitue une question encore pendante. Pellicia, que nous prenons ici pour guide, penche vers le sentiment de ceux qui supposent qu’elle a été instituée en mémoire de la vision de Constantin. Ce qu’il y a de certain, du moins, c’est qu’elle est mentionnée par des écrivains du ive siècle,... saint Chrysostome atteste que de son temps l’Église fêtait, au 14 septembre, la mémoire de la Croix. Saint Euthimius, patriarche de Constantinople, au vie siècle, en parle ouvertement aussi (l). »
Le bréviaire romain raconte au 14 septembre l’histoire qui va suivre : « La malédiction qui semblait attachée à Jérusalem ne permit pas que la croix y fût longtemps en paix. En effet, Chosroës, roi des Perses, faisant la guerre à Phocas (614), puis à Héraclius, s’empara de cette ville, l’incendia, vendit aux Juifs, comme esclaves, des chrétiens prisonniers, &, pour comble de misère, il prit la vraie croix, le plus beau trophée que les Perses aient pu nous enlever, & la porta à Chresphonte, ville située sur le Tigre.
« La croix, quoique captive, fut traitée par ses ennemis avec de grands honneurs; Suidas, dans la Vie d’ Héraclius, atteste que Chosroës n’osa pas l’ôter du coffre où elle était renfermée. La fortune des armes ayant changé, Héraclius obligea Siroë, fils de Chosroës, pour prix de la paix qu’il lui accordait, de lui restituer la vraie croix, qui revint en 628, intacte & dans le même reliquaire où l’avait placée sainte Hélène.
« Héraclius fit frapper, en commémoration de ce triomphe, une médaille sur laquelle on voyait d’un côté son image & de l’autre celle de la croix heureuse-
(1) L’abbé Martigny, au mot Fêtes.