‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 85 sur 317 · LA CROIX EN ITALIE · texte numérisé non relu

LA CROIX EN ITALIE

Rome devait être la première dans la nomenclature des reliques de la vraie croix. L’Italie vient naturellement ensuite. Nous allons en passer en revue les villes par ordre alphabétique.

Ancône. — Collin de Plancy indique des reliques de la vraie croix en quantité assez notable aux Carmélites d’Ancône.

Bologne. — Il existe dans l’église métropolitaine de Saint-Pierre à Bologne une relique de la vraie croix, qui avait été donnée en 1777 par l’évêque d’Himéria, ville épiscopale d’Asie, sous la métropole d’Édesse. Elle doit être relativement considérable, puisqu’en 1819 l’archevêque en donna aux jésuites un fragment de près de 3oorora- c. Je l’évalue d’après cela à 20 fois ce cube, soit i5,ooom"'- c.

Collin de Plancy 0) signale à Bologne deux beaux échantillons à Saint- Jacques & à Saint-Dominique, & deux morceaux enchâssés dans une croix d’or à Saint-Étienne ; mais il ne donne aucune mesure.

Cortone. — Wadingo décrit une célèbre table portée de Constantinople à Cortone par frère Elias, disciple de saint François au xm0 siècle (1 2 3). Ughelli (3) dit

(1) Traite des reliques, p. 187.

(2) Costadoni, Tavola di murano , 1742.

(3) Italia sacra } t. V, p. 624.

qu’elle avait été donnée à Elias par l’empereur de Constantinople, vers lequel il avait été envoyé par Frédéric II. Enfin on lit dans un manuscrit qui m’a été communiqué par M°r Passerini à Rome : « Vers 1244, une relique de la vraie croix a été portée à Cortone par fra Elias, premier général de l’ordre, après saint François. La longueur de la croix est de un palme, la traverse est proportionnée, la grosseur un paul, d’où l’on peut conclure que le volume est d’environ ^,ooomra. Elle est ornée de filigranes d'argent. L’envers de la table est en ivoire, portant de petites figures en bas-relief représentant saint Michel archange, saint Gabriel, Jésus-Christ au milieu, & dans le bas sainte Hélène & saint Longin, entre lesquels Divus Constantinus (sic). Les deux faces sont protégées par un cristal. »

L’envers en ivoire est orné de deux inscriptions, décrites par Montfaucon dans une lettre adressée à l’abbé Venuti, datée de l’abbaye de Saint-Germain, le 5 mars 1740. L’inscription du milieu, en forme de croix, & caractères grecs, ornée, est ainsi traduite par le célèbre bénédictin. Ce sont des vers iambiques ;

Prias po terni Domino Constantino Dédit Chris tus crucem ad salutem^

N une que que hanc in deo habens Nicephorus Imper ator fundit Barbarorum utrmas.

L’autre inscription au bord de la table :

Stephanus eus 10s cimeliorum magna ecclesiœ Dei Sophiee monasterio Quod sibi alimenta suppeditavit ùt signum grati anitni offert (0.

Venuti donne à ces tables le nom de Phylactères (<puVotmfpia) .

Faghine, dans le Val d’Arno supérieur, possède une relique de la sainte croix, que lui donnèrent les ducs Salviati, Ceux-ci la tenaient des Francesi délia Foresta. Ils la firent placer devant l’autel de la chapelle, en 1688.

Florence. — Après Rome Venise, qui étaient, pour ainsi dire, l’entrepôt des reliques venues de l’Orient, Florence est une des villes de l’Italie qui en a eu le plus. Un grand nombre, comme partout, sont détruites. L’histoire, heureusement, nous en est conservée par Richa dans sa description des églises de Florence en 1757. Je vais en extraire tout ce qui m’a paru présenter de l’intérêt.

Baptistère. — On montre au Baptistère une croix sculptée & un triptyque trèsriche en trois parties, ayant appartenu à Charles VI roi de France, qui le portait sur

(1) L’abbé Yenuti? Florence, 1781, De cruee Cononknsi^ 23-27,

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