‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 86 sur 317 · LIVRE I, CH. IV. — LA CROIX EN ITALIE · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. IV. — LA CROIX EN ITALIE

sa poitrine, & qui renferme dans le milieu un très-petit morceau de la vraie croix; enfin un troisième morceau encore moindre donné par Sanctini, prédécesseur de Gori dans les fonctions de proposto, & mort en 1717. Le reliquaire est en cristal.

La croix sculptée a été donnée à l’église en 1702 par le proposto Monsacchi. Sa forme est celle d’une croix grecque dont la grande branche a 75'"“* & la petite 5 5"”". L’épaisseur est de 14 à i5‘mn.Ce qui distingue cette relique, c’est un crucifix taillé grossièrement dans le bois lui-même & entouré d’ornements grossiers, mais ayant du style. « La croix est couverte à l’envers d’une lame d’argent doré & sans ornement de ce côté ; elle est d’un seul morceau, compris la traverse. La custode est de cristal, entourée d’un joli cercle d’argent enrichi de pierreries, dans lequel on a gravé les mystères de la Passion, avec quelques tètes d’anges en relief. On lit sur un petit autel :

Crux de ligno crucis & de veste Christi.

« Par derrière, une autre inscription fait connaître le nom du bienfaiteur Félix Monsacchi, lequel, en 1702, renouvela le reliquaire. Ce qu’il y a de plus remarquable à noter dans ce crucifix, c’est qu’il est attaché avec quatre clous, la tête coiffée d’une mitre, sans barbe, le corps couvert d’une tunique qui descend des reins jusqu’aux genoux W. »

Un éclat qui a enlevé la main droite fait voir la texture du bois, dans un espace trop étroit pour avoir une opinion bien arrêtée sur sa nature. Je n’y vois pas les veines alternativement dures & tendres des conifères. La couleur de la cassure est un peu celle de l’amadou.

On ne paraît pas parfaitement certain de son authenticité, on suppose qu’elle a été donnée aux Florentins par Charlemagne, d’après une inscription gothique qui a rapport à la venue de cet empereur à Florence, & qu’on croit être la copie d’une autre plus ancienne, gravée sur un vase de bronze & rapportée par Gori. La coiffure est elle-même un témoignage certain de son antiquité (PI. XXIII).

In hoc æneo vase de vero ligno Sanctissimæ crucis in forma crucifixi Et de propriis vestimentis dïïï nri Jeu Xsrï quæ omnia huic oratorio Donavit Carolus magnus inclycus Rex Franciæ, & hæc posita tuerunt Per manum reverendissimi archiëpl Turpini quando idem rex rehedificavit Hanc inclytam civitatem dcccv (0.

(i) Richa, Notice historique sur les églises de Florence , 1757. Baptistère.

Dôme. — Un inventaire des reliques de la cathédrale de Florence, fait le 8 mai 1615 par Mgr Cosimo Minorbetti, comprend le bois principal de la vraie croix & d’autres morceaux enfermés dans une petite croix d’or qu’on voulait renouveler. Quoiqu’il n’y ait pas d’authentique, on suppose, avec beaucoup de probabilités, que ces parcelles ont été apportées de Constantinople lors du sac de cette ville en 1453. D’autres disent qu’elles viennent de Godefroy de Bouillon, roi de Jérusalem, qui les aurait données à des cardinaux, lesquels les auraient remises aux grands-ducs de la famille des Médicis.

Les reliques du Dôme nous ont été montrées par un chanoine & un chapelain, assistés de quatre officiers de l’église portant des cierges. Un reliquaire trèsriche, mais du xviic siècle, renferme plusieurs morceaux importants de la vraie croix. Les principaux sont réunis en forme de croix grecque terminée à ses extrémités par des sertissures en filigranes d’or, d’un travail parfait, & ayant au centre un émail délicatement cloisonné, de quelques millimètres de diamètre, & représentant Notre-Seigneur bénissant. Il est difficile de rien voir de plus finement travaillé que ce bijou qui remonte aux meilleurs siècles, & présente ainsi un témoignage intrinsèque de grande antiquité. Les morceaux de la vraie croix, d’une couleur brun foncé, sont grossièrement débités. Les veines sont visibles sur une des branches; il y en a sur la largeur deux ou trois qui appartiennent à un conifère.

Le développement de ces morceaux est de 200"'"’. Leur cube est de 23,400™”.

Quatre autres morceaux ajustés dans le grand reliquaire ont été divisés à une époque bien postérieure à la fabrication de la croix principale. Leur couleur, moins foncée , est d’un blond gris tirant sur le rouge. D’un développement de 93""" sur une largeur de 15™“ & une épaisseur de 3'"™ environ, ils cubent ensemble 4,273'"™ (PL VII).

Couvent degli Angeli. — J’ai vu au couvent degli Angeli, via degli Alfani, où nous retrouverons aussi un clou très-remarquable, un reliquaire fort simple, en cristal de roche, renfermant trois morceaux de la vraie croix, réunis en forme de croix, de 83™'" de longueur développée, & d’un cube de 1,273'"™. Le bois paraît avoir été fendu, & ressemble dans la section à du vieux bois de sapin un peu gris (PI. VII).

Badia. — Dans l’église de Badia, un reliquaire de médiocre grandeur, accompagné de deux anges d’argent massif, contient un morceau de la vraie croix.

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