‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 89 sur 317 · LIVRE I, CH. IV. — LA CROIX EN ITALIE · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. IV. — LA CROIX EN ITALIE

veloppement, 2ulin de large & peut-être im" d'épaisseur, cubant en tout environ 6 4mm.

Pise. — La puissance des Pisans, à l’époque où l’Occident allait dépouiller l’Orient des reliques que celui-ci avait si religieusement conservées, explique comment ils ont pu être si riches de ces trésors. On voit à Pise trois dépôts principaux du bois de la vraie croix : à la cathédrale, à Saint-Nicolas & à Saint- Étienne.

Cathédrale. — La principale relique, qui est à la cathédrale dans le trésor de la sacristie, est façonnée en croix à deux traverses. Les extrémités étaient garnies par de petites gaines en argent doré , décorées de rosaces à l’endroit , & sans aucun ornement à l’envers. Il ne reste plus que les gaines des branches & du bas du montant ; celle delà tête est enlevée. Les assemblages sont faits à mi-bois; la surface du bois est grossière , la relique a été brisée ; la face antérieure est couverte d’un vernis rougeâtre, espèce d’encens, qui en a altéré la couleur. La face postérieure est à nu ; indication certaine que le vernis était placé sur la face antérieure des reliques , avant qu’on ne les eût couvertes en cristal. Le bois est rougeâtre comme du cèdre. Son développement est d’environ 185 nlru sur 9™“ de large & 4m,n d’épaisseur, produisant un volume d’environ éjééo111"’.

Elle a été apportée au xne siècle au concile de Pise, par saint Bernard (PI. Vlj.

Saint-Nicolas. — Un beau reliquaire en cristal renfermant un morceau de la vraie croix appartenait autrefois au couvent de Saint-François, supprimé à l’époque de notre grande, révolution. Ce reliquaire a été apporté au couvent de Saint-Nicolas ; il est d’une admirable beauté, tout en cristal de roche avec de charmantes miniatures sur émail qui paraissent être du xm° siècle & dont l’une représente l’image de saint François. II est en forme de croix pour être porté dans les processions.

L’absence de métaux précieux & de pierres fines a peu tenté la cupidité des conquérants, & le cristal dans lequel la croix est enfermée l’a protégée contre beaubeaucoup d’atteintes, même celle du feu.

Le bois sacré est placé au centre de la croix ; il se compose de deux petites lames d’un développement de i^5niI!lsur ^min & environ imai d’épaisseur, cubant 675‘llin. Sa couleur est noir-brun foncé. II est trop petit pour permettre de discerner la nature du bois (PL V).

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Saint-Étienne. — L'institut de Saint-Etienne possédait un des plus riches trésors de Pise. J'ai été témoin d’un orage très-violent, dans la nuit du isr au 2 mai 1866, pendant lequel la foudre a détruit complètement ce trésor, estimé à plus de 500,000 francs, valeur de matières, sans compter les valeurs artistiques, où se trouvaient des ouvrages de Benvenuto Cellini.

Le vice-prieur a sauvé du feu une relique de la vraie croix qui a été protégée par son enveloppe en cristal de roche. Le cristal a été tout fendillé , mais le bois est resté intact. Je l’ai vu. C’est une croix assez grossière de 55™" de longueur développée, sur 4min de largeur & 2™ d'épaisseur, cubant qqo111"1 (PL VI).

Quatrième croix. — II y avait encore à Pise un morceau de bois de la vraie croix dont le montant était de 25"1"1, la traverse de 2on"n, dans un magnifique reliquaire du xne au xive siècle, qui fut volé il y a 40 ans j’ai pensé qu’on pourrait l'évaluer à 400°™ ; ce qui porte à 8,175““ volume des reliques de Pise (PL VI).

San-Sepolcro. — Ville entre Sienne & Florence; des pèlerins, Arcanus & Egidius, après avoir visité Rome & la Terre-Sainte , s'arrêtèrent au lieu où fut fondée la ville de San-Sepolcro, & furent la cause de cette fondation. Ils y laissèrent les reliques qu’ils avaient rapportées & qui consistaient dans du bois de la vraie croix, du linceul & d’autres W,

Sienne. — On m’a montré à la cathédrale de Sienne une relique du bois de la vraie croix, enchâssée dans une croix d’or & disposée en forme de croix. Il y a trois morceaux d’une couleur brun foncé, dans lesquels on distingue des veines qui paraissent bien appartenir à un conifère. La longueur développée est de 88m“ sur une largeur moyenne de 6“ 1/2 & une épaisseur de 2n"n 1/2, cubant 1,450"’"’ {PL VI),

Hôpital de la Scala. — Cet hôpital possède des reliques fort remarquables qui lui viennent authentiquement du xive siècle. Elles consistent principalement dans un clou de la Passion, un morceau de bois de la vraie croix & quelques parcelles du manteau de pourpre, de la canne, de l'éponge & de la lance; elles ont été achetées aux enchères à Constantinople, en 1559 , par Pietro Torrigini, qui les céda à l’hôpital. D’après un registre manuscrit contenant l'histoire de ce célèbre établissement, la joie fut si grande que la province paya 1,600 florins pour les fêtes qui eurent lieu en cette circonstance. Lesreliques servaient à donner la bénédiction

(1) Yillani, t, YIJj p, 152.

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