‹ Mémoire sur les kystes des mâchoiresChapitre 7 sur 18 · PI · texte numérisé non relu

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Cette résorption est vraisemblablement primitive et précède la

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a été effectuée par l'intermédiaire du périoste, elle s'arrête à un

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Magitot.

ertain degré qui reste stationnaire dès lors que le liquide a commencé à se former et pendant toute la durée du kyste.

Dans tous les cas, si après avoir ouvert le kyste par la résection d'un segment de la paroi, on vient à extraire la dent ou la racine qui en est le point de départ, on reconnaît immédiatement qu'une communication existe entre l'alvéole de celle-ci et la cavité kystique. De plus, la racine, examinée à son tour, permet d'établir clairement que le sommet est dénudé et libre jusqu'au point où le périoste, conservant son adhérence à la surface du cément radiculaire, s'étale de là, de même que nous l'avons vu pour la paroi du follicule dans les kystes folliculaires, et constitue le sac luimême, tandis que le sommet de la racine, dépourvu de ce périoste, baigne dans le liquide.

Ces considérations anatomo-pathologiques touchant les kystes périostiques, s'appliquent particulièrement aux cavités d'un certain volume; mais il est un certain nombre de kystes qui restent très-petits et qui, à part les symptômes et les signes qui en décèlent l'existence, n'apparaissent directement qu'à l'extraction de la dent ou de la racine qui en est porteur. On observe alors, au sommet de la racine, une petite poche tantôt restée intacte, tantôt déchirée, et qui représente le kyste lui-môme. Bordenave (1), Runge (2), Delpech (3), en citent des exemples, et nous en donnons une observation complète Ce sont ces kystes qui, conservant un volume restreint et se développant très-lentement, donnent lieu ordinairement à des douleurs assez vives. Ils contiennent du pus et delà cholestérine.

Maintenant que nous venons d'examiner l'état des parties dans les kystes folliculaires et dans les kystes périostiques, il ne nous reste plus qu'à dire un mot des kystes dits périgènes, ou développés autour d'un corps étranger. Nous n'en connaissons d'ailleurs que le seul exemple déjà cité et emprunté à la clinique de M. Maisonneuve. Dans tous les kystes de ce genre, le corps étranger,

(1) Loc. cit. Thèses de Haller.

(2) Loc. cit., t. m, p. 442.

(3j Loc. cit., p. 237.

souvent une balle de plomb, est immédiatement contigu à une membrane de formation accidentelle, de constitution fibreuse et tapissée d'un épithélium pavimenleux. Il n'y a que peu ou point de liquide, et le kyste se trouve constitué, comme contenant, de sa poche accidentelle et, comme contenu, du seul corps étranger, point de départ de la néo-formation.

lY. Etiologik, statistique et pathogénie des kystes

Les considérations que nous allons présenter, dans cette partie de notre travail, ont pour objet : 1° l'étude des conditions diverses dans lesquelles se produisent les kystes des mâchoires ; 2° l'examen des proportions relatives de la lésion, à l'égard du nombre des sujets atteints, de l'âge, du sexe, du siège particulier, etc.; 3° enfin, le mécanisme de production de l'altération.

Ainsi que nous l'avons déjà dit au commencement de ce travail, notre but est d'établir, au point de vue du mode de développement de cette maladie, une théorie spéciale fondée sur un ensemble d'observations en nombre suffisant et d'un caractère assez déterminé. Or, comme nos faits personnels sont en définitive fort restreints, nous devons chercher dans les relations enregistrées dans la science les documents nécessaires à établir notre doctrine. C'est dans ce but que nous avons résolu de présenter ici un résumé des principales observations que nous avons pu recueillir.

Nous le ferons dans la forme la plus concise en cherchant à dégager de chaque fait les conditions principales de son développement et son caractère particulier. Puis de cette étude d'ensemble nous présenterons quelques déductions au point de vue éliologique et pathogénique.

EXAMEN ANALYTIQUE DES PaiNCIPALES OBSEBVATIONS DE KYSTES DES MACHOIRES (l).

1. SGULTET. t654(Armentariutn chirurgicum..,, p, 222). — Femme

adulte; kyste du maxillaire supérieur; périostique.

2. SGULTET. 2° fait (Eod. loc, p. 228). — Femme adulte; kyste du

maxillaire supérieur; périostique.

Dans ces deux faits la nature périostique nous paraît établie par cette circonstance que la maladie a pris naissance à la suite de caries de dents correspondantes.

3. RUNGE. 1755 (Thèses chirurg. de Haller, éd. française, t. I,p.'140).

—Homme 20 ans: kyste du maxillaire inférieur; périostique.

Le début du kyste coïncida manifestement avec la carie de la première molaire correspondante.

4. RUNGE. 2« fait (Eod. loc, p. 143). — Femme adulte; kyste du

maxillaire inférieur; périostique.

La tumeur fut ouverte par les alvéoles de deux molaires cariées dont ou pratiqua l'extraction, et la poche du volume d'un œuf fut pansée et guérie par cette voie.

5. BORDENAVE. 1768 (Mém. de l'Acad. roy. de chirurgie, t. IV,

p. 329 et suiv.). — Homme 19 ans; kyste du maxillaire supérieur; périostique.

Cette observation contient ce détail que, après l'ouverture du kyste, une molaire fut extraite dont les racines altérées plongeaient dans la poche et dont l'alvéole donna issue au liquide.

6. MORliLOT. 1774 (Mém. de l'Acad. roy. de chirurgie, t. V, p. 352).

— Homme 20 ans; kyste du maxillaire inférieur occupant l'épaisseur de la branche montante; folliculaire, La nature folliculaire du kyste n'est pas douteuse ; l'autopsie fut faite et l'on trouva une dent molaire (la troisième probablement) incluse

(1) Nous n'avons pas la prétention d'avoir réuni ici toutes les observations de kysles des mâchoires qui figurent dans les auteurs, et malgré les soins et l'attontion que nous avons apportés à ce relevé, bien des faits ont pu nous échapper. Quoi qu'il en soit, nous sommes arrivé à réunir un chiffre déjà important de cent observations, et nous pensons pouvoir donner ainsi à nos considérations une signification et une valeur suffisantes. Nous n'avons pas tenu compte dus affirma Lions simples de tel ou tel auteur disant qu'il a rencontré dans sa pratique un certain nombre d'observations de kystes. Les seuls cas relevés sont ceux qui étaient présentés avec quelques détails par des observateurs qui ont une certaine autorité sciontifique ou ceux qui avaient pour garantie une pièce anatomo-pathologique.

dans la cavitfi qui avait le volume d'un œuf de poule. Il y avait aussi dans la poche des masses dures, analysées chimiquement par Tenon, et qui furent trouvées do nature calcaire. Cette circonstance rapprocherait la lésion des kystes folliculaires odontoplastiques.

7. JOURDAIN. 1778 (Maladies de la bouche, t. I, p. 312). — Homme

adulte; kyste du maxillaire supérieur; périostique.

8. JOURDAIN. 2° fait (Eod. loc, p. 313). — Homme adulte; kysle

du maxillaire supérieur; périostique.

Dans ces deux observations très-analogues l'une à l'autre, l'origina dentaire ne faisait aucun doute et la guérison fut obtenue par l'extraction de deux dents dont les racines plongeaient dans le kyste et par des pansements ultérieurs pratiquées par cette voie .

9. JOURDAIN. 3« fait (Eod. loc, p. 125). — Fille de 13 ans; kyste

du maxillaire supérieur; folliculaire.

Le kyste, qui était d'un volume considérable, s'était produit au point correspondant à une incisive permanente qui n'avait pas paru. Le reste de l'arcade dentaire était normal. Une des dents voisines ayant été exti-aite, on pénétra par là dans la poche et Ton put rencontrer l'incisive anormalement conformée, adhérente à la paroi.

10. BARNES, 1813 (London, medic. chir. trans., t. IV, p. 316). —

Homme 17 ans; kyste du maxillaire supérieur siégeant dans le rebord orbitaire; folliculairei

La tumeur était congénitale. Stationnaire depuis la naissance elle prit depuis cinq ans un développement rapide; elle a le volume du poing ; l'œil, le nez sont refoulés. La poche ayant été ouverte, ou y trouva deux loges communiquant l'une à l'autre ; la première renfermait une matière jaune lardacée; la seconde, un liquide laiteux avec caillots jaunes, et sur un point de cette dernière était implantée une dent surnuméraire, du collet de laquelle partait la paroi du kyste. L'arcade dentaire était au complet.

11. DUBOIS. 1818 (Cité par Boyer, Maladies chir., t. VI, p. 140). —

Gar(;on 17 ans; kyste du maxillaire supérieur occupant le rebord orbitaire; folliculaire.

Le kyste contenait une canine dont la forme et le volume étaient normaux.

12. MARJOLIN. 1818 (Cité par Duchaussoy, Thèse de concours 1857,

p. 3'2). — Kysle du maxillaire occupant i a voûte palatine; folliculaire.

Le kysle contenait deux dents qui purent être extraites avec une pince.

13. LISTON. 1821 (Observation et pièce in Muséum of royal collège

of surgeons, London, n° 1033). — Homme adulte-, kyste du maxillaire inférieur, nature restée douteuse.

Ce kyste répondant, comme centre, à peu près au point occupé par la dent de sagesse, avait envahi le tiers postérieur de la branche horizontale et les deux tiers de la branche montante. Son volume est celui du poing. Sa nature est indéterminable, ce qui nous paraît dû à ce que, avant de pratiquer la résection de l'os, on avait passé au travers de la tumeur un séton qui a dû en modifier singulièrement le contenu. Les dents molaires manquent sur la pièce.

14. CUZACK. 1826 (Dublin hospital reports, vol. IV, p. 29). — Femme

30 ans ; kyste du maxillaire inférieur; nature restée douteuse. Cette observation très-incomplète est relative îi une tumeur occupant la moitié d;i maxillaire inférieur et la totalité de la brache montante divisée en un grand nombre de loges communiquant ensemble. Pas de renseignements sur le système dentaire.

' 15. DUPUYTREN. 1833 (Leçons orales, l'» édition, t. III, p. 2, observation l"""). Fille 7 ans; kyste du maxillaire supérieur; folliculaire.

Cette observation nous paraît se rapporter à des épanohements par traumatisme au centre d'un ou de plusieurs follicules de seconde dentition. A l'ouverture de la poche, il s'écoula un flot de sang noirâtre et on trouva une matière molle, se laissant facilement déchirer. L'opération fut suivie de mort.

■* 16. DUPUYTREN. 2o fait (Eod. loc, obs. II). — Homme 20 ans; kyste du maxillaire inférieur; folliculaire.

L'observation relate la présence dans le kyste d'une masse flbro-celluleuse dont l'ablation fut suivie de guéi ison. Ce détail nous autorise ù classer ce fait dans les kystes folliculaires embryoplastiques.

^ 17. DUPUYTREN. 3" fait (Eod. loc, obs. III).— Femme 20 ans; kyste du maxillaire inférieur; périostique.

La nature dentaire de ce kyste fut reconnue par Dupuytren, qui fait remarquer que la maladie a débuté après une tentative infructueuse d'extraction d'une dent cariée correspondante.

* 18. DUPUYTREN. 4= fait (Eod. loc, obs. IV).— Jeune homme 15 ans; kyste du maxillaire supérieur, nature restée douteuse.

Observation évidemment relative à un kyste, mais sans détails suffisants. Aucune mention n'est faite de l'état du système dentaire.

19. DUPUYTREN 5' fait (Eod. loc, obs. V). — Garçon 15 ans; kyste du maxillaire inférieur; folliculaire.

Le kyste contenait une matière fibreuse à caractère végétant et que Dupuytren compare aux corps fibreux de l'utérus. Ce détail joint à a

circonstance do l'âge du sujet permettrait d'admettre la nature folliculaire ombryoplastique du cas.

20. DUPUYTREN (Eod. loc, obs. VI). — Homme adulte; kyste du '

maxillaire inférieur, caractère douteux.

21. DUPUYTREN (Eod. loc, obs. VI). — Homme adulte; kyste du .

maxillaire inférieur; caractère douteux.

Ces deux' dernières observations manquent de détails suffisants pour en établir la signification. Il n'est fait aucune mention de l'état du système dentaire.

22. LOIR (Clinique de Dupuytren, 2° édition, t. II, p. 138). — Kyste

du maxillaire supérieur siégeant dans l'apophyse palatine ; folliculaire.

La pièce anatomique présentée à la clinique de l'Hôtel-Dieu contenait « une dent renversée. »

23. LOMBARD. 1836 (Thèse de Montpellier, n" 90).— Femme 27 ans; ^

kyste du maxillaire supérieur faisant saillie dans le sinus maxillaire; périostique.

Bien que figurant dans cette thèse relative aux kystes du sinus maxil- Iaire,^Ie cas nous paraît évidemment de nature dentaire et d'origine périostique,

^\ HAWKINS. 1838 (London médical Gazette, p. 473). — Femme , 4Î1 ans; kyste du maxillaire inférieur; caractère douteux.

Kyste du volume du poing contenant 4 onces de liquide clair. La malade, opérée par la résection, mourut d'érysipèle. Pas de renseiments touchant l'état du système dentaire .

26. BLASIUS. d838 (Arch. génér. de médecine, 3e série, t. II, p. 108).

Kyste du maxillaire supérieur siégeantdans le bord orbitaire; folliculaire.

Le fait est indiqué comme une hydropisie du sinus causée par une canine surnuméraire occupant la face orbitaire de l'os. Nous croyons qu'il s'agit ici d'un kyste folliculaire ayant refoulé le sinus.

27. SYME. 1838 (Arch. gén. de raed., 3^ série, t. IH, p. 470). —

Femme 31 ans; kyste du maxillaire supérieur occupant la fosse sous-orbitaire; folliculaire.

La poche renfermait la couronne d'une dent et en outre des concrétions ou sortes de cristallisations terreuses fixées à la paroi.

28. DUPUYTREN. 1839 (2' édition des Legons orales,^t. II, p. 146). V

— Fille 16 ans; kyste du maxillaire inférieur; folliculaire. ^

La poche située vers l'angle de la milchoire contenait une masse d'apparence fibro-cellulaire blanchâtre, et la paroi osseuse présentait des

saillies considérables logées dans des dépressions correspondantes de la tumeur. Il nous paraît évident qu'il s'agit ici d'un kyste du follicule de i ^ dent de sagesse, h la période embryoplastique.

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