‹ Memoire sur Les Microcephales ou Hommes SingesChapitre 12 sur 38 · CERVEAU. CERVELET · texte numérisé non relu

CERVEAU. CERVELET

Normal. Microcéphale. Normal. Microcéphale

Largeur 1 0,51 1 0,73

Longueur 1 0,51 1 0,78

Hauteur 1 0,60 1 0,86

> Ces chiffres confirment le résultat exprimé plus haut, que la microcéphalie n’a

r.KANKS.

pas attaqué touti's 1rs parties cérébrales également, niais que 1rs hémisphères sont plus réduits que le cervelet. Ces chiffres prouvent, en outre, que la largeur et la longueur ont diminué dans les mêmes rapports, taudis que la hauteur des deux parties a diminué d'une manière beaucoup moindre.

• Les mesures prouvent évidemment que le raccourcissement, et sans doute aussi la diminution du volume, se sont laits surtout, et d’une manière lieaiicoup plus considérable, aux dépens du lobe antérieur (lobe frontal).

i La petitesse du nerf olfactif est très-saillante.

• Le pont de Varol est plus court et plus étroit et dépasse relativement peu les entra cerebri et la moelle allongée.

• Du voit, sur la moelle allongée, distinctement les pyramides, les olives et les corps restiformes.

> J’ai mené la coupe horizontale ordinaire pour examiner les parties internes de l’hémisphère; en menant cette coupe à Iti millimètres au-dessous du sommet de l'hémisphère, je rencontrais déjà le toit du ventricule latéral et j’ouvrais ce dernier. L'épaisseur de la couche cérébrale qui entoure le ventricule latéral ne dépasse pas, en arrière, 15 millimètres, et atteint, en avant, seulement 25 millimètres. Ce développement inégal de la masse cérébrale se rencontre avec un élargissement manifeste du ventricule, qui est surtout remarquable dans les cornes postérieures et inférieures, où l'espace élargi ne mesure pas moins de deux centimètres dans tous les sens. L'aspect des parties ne laisse pas de doute que ret élargissement hydrocéphalique du ventricule latéral, lequel existe aussi de l'autre côté, à en juger par le trou de Monroe, est devenu un état obsolcl.

» Le corps strié est raccourci de moitié.

• Les couches optiques cl les corps quadrijumeaux, ainsi que la corne d'Ammnn, sont mieux développés. La glande pinéale est remplie de sable, et aussi grande que dans un cerveau normal. Le petit hippocampe est très-bas.

» La cloison pellucide manque. Le trou de Monroe est très-grand, la voûte poussée en avant, ce qui déplace un peu la commissure antérieure. »

M. Theile prend pour base de son examen des circonvolutions les recherches de Muschlce, en appelant d'abord l'attention sur la grande ressemblance entre les surfaces cérébrales du Microcéphale cl du Chimpansé.

CRANES

t La fosse de Svlvius, dit-il, moule, depuis lu base du cerveau, presque verticalement en haut, mais se termine déjà sur la face latérale de l’hémisphère, à mi-côte, sans se séparer, en une branche antérieure montante cl une postérieure horizontale, ce qui, sur uu cerveau normal, délimite la partie appelée Vile. L’ile, ara ■ 1rs circon mimions courbes ni éventail tfii/ri brèves), et F opercule courront Vile ilqnm eu haut, dont les format ions caractérisent le cerveau humain, font entièrement défaut. > iMots soulignés par M. Theile.) '

» llusclike dit des circonvolutions centrales (plis ascendants de tiratiolet) qu’elles n’existent que chez l'homme et les singes, qu’elles ne sont qu'indiquées sur les singes inférieurs; quelles parlent, chez l’homme, de l’opercule couvrant l'ile, mais qu’elles atteignent la hase cérébrale chez les singes, où l’ile et l'opercule font défaut. Il n'y a donc que le type inférieur simien des circonvolutions centrales qui soit réalisé sur le microcéphale, et la conformation est même descendue au-dessous du Chiinpansé, en ce que, chez ce dernier, la fosse de Svlvius remonte plus haut, et que les circonvolutions centrales sont plus larges et plus sinueuses.

» l,es circonvolutions frontales sont simples.

» En général, je dois faire remarquer que les circonvolutions, là où elles sont plus distinctement limitées, n’ont que 10 à 1.1 millimètres de largeur; qu'elles sont, par conséquent, plus étroites que sur un cerveau normal ; que les sillons ont une profondeur peu considérable, qui ne dépasse pas, sur le sillon central le plus profond, un centimètre, et, enfin, que la couche grise n’a, par place, que un millimètre d'épaisseur et ne dépasse nulle part deux millimètres. Tous ces laits, ainsi que les divisions et complications si incomplètes des circonvolutions, justifient l’assertion que le système des plis du microcéphale est un système incomplet, resté en retard. »

Je n’ai que peu à ajouter à cet exposé lumineux. Mes remarques ne peuvent porter que. sur la comparaison du crâne de Jéna avec ceux des autres microcéphales.

Comparé, par superposition des calques, aux autres microcéphales, le crâne de Jéna est, comme je l'ai déjà dit, celui qui s’accorde le mieux, dans la vue de profil, à celui de Schultelndreyer. Mais il se rattache encore davantage aux Sohn, et sou contour frontal et sagittal, l'élévation de la bosse sus-orbitaire, la position du trou auriculaire et la démarcation de la ligne temporale concordent presque entièrement avec les lignes correspondantes de Michel Sohn, dont il s'éloigne cependant par les contours

crames.

plus arrondis de l’occiput, par la petitesse de l’os frontal, dont la suture s’écarte presque d’un centimètre, et par la hauteur moindre de la mâchoire supérieure, la. quelle, en même temps, est plus prognathe. La même ressemblance se fait sentir par les vues d’en haut et d’en bas, avec cette différence, cependant, que le moindre développement des mâchoires, dans le crâne de Jèna, se lie aussi nécessairement avec des arcs zygomatiques moins forts et moins arqués, et avec des fosses temporales moins profondes. Les muscles temporaux devaient être, nécessairement, plus faibles par rapport aux mâchoires, ayant un volume moindre, lai crête sagittale n’étant pas aussi développée sur le crâne de Jéna, la ressemblance des vues d'arrière et de face est moindre, surtout eette dernière, où la petitesse relative des yeux, jointe à l’étroitesse plus considérable de la racine du nez, tranche considérablement sur le nez large et les orbites énormes de Michel Sohn. Mais tout en constatant ces dilfërenccs, on lie peut nier qu’il existe un certain air de famille entre les Sohn et Jéna, et que l’écart qui existe entre les deux frères Sohn est peut-être, sous certains rapports, plus considérable que la dissemblance entre Michel et le microcéphale de Jéna. J'appuie beaucoup sur ce point, car il montre que des causes semblables ont dù produire des effets analogues, même â des distances considérables, cl que le type de crâne, joint nécessairement à un degré donné d’appauvrissement de la masse cérébrale, reste le même et se modifie seulement par des caractères insignifiants.

h) Louis Kackk de llofficim (Nassau), 50 ans.

(PI. 17 et 18.1

Le crâne de ce microcéphale est conserve dans le Musée pathologique de l'hôpital de l'Eichberg, près Eltville sur le Rhin. M. le conseiller fîr.eser, directeur actuel de cet établissement, a bien voulu m'envoyer, outre le crâne et la mâchoire inférieure, les documents suivants, les seuls que l’on possède sur cet individu.

< Rapport sur l'autopsie de l’idiot Louis liacke de Hnffieim, reçu dans l'hôpital de l'Eichberg près Eltville (Nassau), mort à l’âge de 20 ans, le 23 Avril 1840, à 3'/. heures de l’après-midi. Autopsie 24 heures après.

» Cadavre Irès-amaigri ; épiderme blanc et lisse. Pupilles Irès-élargies, des deux

cranks.

côtés également . Au cou des cicatrices d'ancien- abcès des glandes. Les pieds légèrement gonflés par l’oedème.

» Le crâne est très-petit et rabougri, également rétréci dans toutes ses dimensions. Les os du crâne durs et Termes. Le cerveau ne pèse qu’une livre 3 onces (ancien poids de Nassau = 558,6 grammes). Sauf la petitesse, il est relativement de forme normale. L'arachnoïde entre les deux hémisphères est soulevée en forme de vessie par de l’eau communiquant avec le troisième ventricule.

• La substance du cerveau est pénétrée d'œdème, mais normale du reste. La substance grise parait être un peu amoindrie par rapport à la substance blanche dans certains endroits. Les ventricules sont Irès-élargis et remplis de sérosité. Tout le cerveau avec scs enveloppes est anémique.

» La glande thyroïde un peu hypertrophique.

» Les autres altérations morbides trouvées sur le cadavre sont relies de /« phthisie tuberculeuse.

* Au dire de la mère, louis [tache est venu au monde trop tôt, au septième ou huitième mois de la grossesse. Il était très-faible et misérable et avait déjà, le troisième jour après la naissance, des convulsions, qui, plus lard, se développèrent en une véritable épilepsie et se répétèrent quelquefois dix à dix-sept fois par jour. L’idiotisme est probablement engendré par celte maladie cérébrale ; on trouve presque toujours au fond de l’idiotisme, dit congénial, des maladies cérébrales de lu première enfance.

» Racke était dans un étal d’idiotisme complet. Jamais il n'a appris à parler; jamais on ne put l’habituer à la propreté ; il dévorait sans choix les mets qu’on lui présentait.

> Le malade était très-irritable, irascible et sc laissait aller à des voies de fait. Il s’était un peu civilisé dans l'hôpital en s’habituant davantage à l’ordre. Ayant eu la grippe épidémique, il était soutirant depuis cinq semaines, maigrissant beaucoup et ayant de la toux avec expectorations et difficulté de respirer. Il mourut le 23 Avril.

» L’ouverture du cadavre a démontré, que la tuberculose animée par la grippe avait provoqué des dépôts considérables et mortels dans le poumon droit.

> La petitesse du cerveau, lequel, du reste, sur un corps bien conformé, ne pesait qu'une livre 3 onces (poids auquel correspondait le faible développement de l'intelli-

genre) est un des cas les plus rares. Le c l'Ane sera conservé à cause du liant intérêt scientili<|ue qui s’y rattache. >

Eberbach, 25 Avril 1849.

If Snei.i..

(Extrait de la lettre du IK (irrscr, du 31 Aoiil 18Hlj.)

• Malheureusement les actes sur ce cas, survenu longtemps avant ma direction, ne contiennent pas plus que le rapport du If Snell. lais parents étaient de lionne santé physique et intellectuelle; le père avait des glandes engorgées, la's frères et sieurs du malade étaient normalement développés. »

C’est parmi les crânes sur lesquels on peut observer encore un effet simien par suite de la microcéphalie, le plus volumineux, car sa capacité crânienne dépasse encore de (17 centimètres cubes celle de Maine, et il reste de 188 centimètres cubes seulement au-dessous d'un crâne de jeune lille, communiqué par M. Ecker, chez lequel le rapetissement microcéphalique n’a exercé qu’une influence presque imperceptible sur les formes. On remarque encore lu prognalhic complète par l’avancement de de la mâchoire supérieure et la position déclive des dents antérieures ; mais les arcs sourciliers ne sont point développés d’une manière si démesurée, les ligues temporales restent à une distance considérable du sommet de la tète, le Iront est moins incliné, la voâtc plus développée, l’occipital mieux courbé et le grand trou occipital ramené davantage vers le milieu de la base crânienne. C’est en même temps de tous les crânes adultes le plus large cl le plus élevé, ce qui indique déjà un meilleur développement de la voûte crânienne.

Le crâne, à l’extérieur, ne montre aucune trace pathologique, sauf peut-être à la tète articulaire gauche de l'occiput, qui parait un peu corrodée. Toutes les sutures sont parfaitement ouvertes et mobiles ; l’os basilaire est soudé, il n’y a pas trace de la suture intermaxillaire. Les sutures coronale et lambdoïde sont très-compliquées dans leurs dentelures, qui embrassent presque un centimètre de diamètre. La lambdoïde, vue d’en liant, ne présente point d’angle, mais se continue presque en ligne droite à travers la calotte crânienne. Le sommet de la suture temporale est enlevé des deux côtés par le trait de lu scie, mais on voit encore dans l’épaisseur des os la séparation parfaitement ouverte. Les dents sont très-mallraitées ; on ne voit plus

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