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hommes, el dans la vue d'en arrière d'un crâne placé normalement, on ne voit pas en général le bord anlérieur du grand trou occipital, lequel est visible chez la plupart des animaux et des singes, où l’on regarde plus ou moins profondément dans la cavité cérébrale. Or, chez nos microcéphales, on voit toujours, dans cette position du crâne, le bord antérieur du trou occipital, et dans les deux Sohn le plan est tellement incliné que le bord antérieur dépasse d’un centimètre le bord postérieur.
On peut déterminer la position relative du grand trou occipital sur la base du crâne en comparant, dans la projection horizontale, la distance depuis son bord- postérieur vers le point médian le plus saillant de l'occiput â la distance mesurée depuis son bord antérieur, à la suture fronlo-nasale (soit la longueur de la base crânienne), ou bien aussi â la distance depuis le bord alvéolaire au bord du trou occipital. Ces deux mesures marchent parallèlement ; l’accroissement de la mâchoire nécessite aussi un accroissement de la base cérébrale du crime. Voici les chiffres proportionnels que j’ai obtenus pour celte distance occipitale du trou, en prenant pour unité la :
DuUmr ia twri ahévlaifr h ton aottravr ia LfTiû «npilal. Ungtmif it la tau.
Schutlelndreyer
Mæhler
Jéna
Frédéric Sohn
Racke
Michel Sohn
Chimpansé jeune
Nègre
On voit que lu série reste â peu près la même, que l'on prenne pour unité l'une ou l'autre de ces lignes, quoique les chiffres soient un peu différents ; mais on voit aussi que tous les microcéphales ont le grand trou occipital placé plus en arrière que le jeune chimpansë, et qu’ils s’éloignent considérablement du type humain.
Nous voyons donc que, pour tous les caractères tirés du ciâne, les microcéphales adultes se rangent avec les singes eu s'éloignant des hommes ; tandis que, pour les
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caractères tirés de la face, ils se rangent avec les hommes en s'éloignant des singes, de manière qu’on peut caractériser les têtes de* microcéphales adultes comme des crânes de singe placés sur des faces humaines de race inférieure au prognathe.
B. Microcéphales allemands enfants.
Au commencement de ce siècle, il y avait, dans le village de Platlcnhardt, près Slultgardl en Wurtemberg, quelques familles connues pour avoir des enfants singiformes (AfTcn;ehnliche Kinder). L'attention des autorités médicales fut éveillée, et M. Klein, médecin de la Cour, fut chargé de lairc un rapport. Plus tard, en 1839, M Loger, conseiller médical, donna, dans la « Correspondance de la Société médicale du Wurtemberg, » ur.e relation extraite des actes sous le litre : « Matériaux de l'histoire des enfants à cerveau appauvri » (Bcitrag sur Geschiclile himamier Kinder), dont j'emprunte les renseignements suivants :
« Généalogie des i/ualre familles de Plaltenhardt qui ont eu des enfants singiformes.
> I. Le premier enfant singiforme, que mentionne la tradition populaire, appartenait au citoyen et paysan Jean-Jacques Miegle, de Plaltenhardt, dont la femme, née Frischknecht, est morte le 7 Janvier 180(i. Le garçon était né le 29 Novembre 1798 et mourut le 8 Novembre 1813 (son crâne est conservé dans le Musée de Tubingue sous le N" 14; nous l'appellerons Jean). Ce garçon était précédé de trois autres parfaitement conformés cl suivi de deux enfants mort-nés. Le père eut, d’un second mariage, deux enfants de bonne constitution.
» II. Famille de Jean-Georges Mœgle, garde-champèlrc, frère cadet du précédent, né le 19 Décembre 1776, marié en 1801 â une fille Tiegel, née en 1779, morte en 1823. Les deux mariés sont grands, forts et bien faits; iis eurent ensemble 1 1 enfants, 7 garçons et 4 filles.
» 1. Jean, né en 1801, mort en 1803. — Enfant normal bien constitué.
» 2. Jacques, né le 13 Mai 1803, mort le 14 Juin 1813. — Singiforme. (Le crâne est conservé au Musée de Stuttgardt sous le N° 13.)
• 3. Anne-Marie, née le 20 Mai 1803. Grande et bien faite; mariée en 1829, mère de 5 enfants de bonne constitution.
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» 4. Jean, né en 1806. Grand, fort, jouissant d’une bonne santé; non marié.
» 5. Anne, née en 1808, morte en 1813. — Enfant normal.
» fi. Jean-lleorgrs, né le 27 Novembre 1810, mort le 26 Juillet 1812. Singiforme.
(Le crâne est conservé à Tuhingue sous le N“ 12.)
» 7. Thomas, né en 1812, mort en 1813. — Bien conformé.
• 8. Jacquet, né en 1814, mort en 1815. — Singilbrme.
» 9. Anne, née en 1816. — Grande, forte, bien constituée; non mariée.
> 10. Jacques, né eu 1818. — Grand, bien conformé.
» 11. Itarbe, née le 2 Juin 1820. — Anormale et singiforme, mais pas autant que scs frères.
» III. Jean-George» Muller, tonnelier, n’est point parent des Mmgle. lia émigré en Amérique, en 1818, avec un enfant singiforme. né le 4 Mars 1808. Il avait eu avant un enfant bien constitué.
» IV. Jean-Michel Lie fier, confier, doit avoir eu, entre trois enfants, un singiforme.
• Les femmes Moegle et Muller prétendent avoir eu une frayeur pendant la grossesse. »
Cette coïncidence de sept enfants microcéphales dans quatre familles habitant la même petite localité est, sans doute, extrêmement remarquable. Sur ce nombre, six étaient garçons; — il n’y avait qu’une seule lille, moins atteinte que les autres. Les parents étaient bien constitués. On compte dans les 4 familles 24 enfants, par conséquent 29 V, de microcéphales. Plus tard, aucun cas ne s'est présenté dans le village.
N* 8. Jean Mœoi.k, fils de Jean-Jacques, né. le 29 Novembre 1798, mort à l’Age de 15 ans, le 8 Novembre 1813.
Je dois la communication du crAne, conservé dans la collection anatomique de Tubinguc sous le N* 14, à la complaisance de M. le professeur Luschka.
Voici ce qu’en dit M. Jatger (L. c. p. 218) :
« Le garçon est grand et fortement constitué, quant au corps et à la figure, qui sont en harmonie avec son Age. Mais le crAne diffère beaucoup de la forme ordinaire; l'occiput est non seulement complètement aplati et dirigé obliquement
CIUNES.
en avant, mais aussi enfonce vers l'intérieur au milieu. Le front a peu de rondeur ; le sommet forme une pointe émoussée. Cela constitue une tête extrêmement petite, ■|ui n'est pas en harmonie avec la grandeur de la ligure et du corps, et .cela donne au petit garçon un air extrêmement idiot. Il ne montre aucun développement de l'esprit ; il est idiot dans le plus strict sens du mot. L'usage du corps est aussi bien au-dessous de son i\gc ; il ne peut pas marcher, mais il court çà et IA sans but; il laisse aller au lit l'urine et les excréments, mange ce <|u'on lui donne ; mais ne peut pas beaucoup s’aider avec les mains. Il ne peut prononcer que quelques mots sans suite et cohésion.
» La mère prétend avoir été ellrayée par un hérisson au commencement de sa
grossesse.
• Suivant un rapport postérieur de M. Klein, en date du 29 Novembre 1810, le garçon, âgé de 10 ans, n'avait pas changé; on dit cependant qu'il montre un peu plus d'intelligence et il /s ut aussi marcher. »
J’avoue que je ne comprends pas bien ce que veulent dire les phrases soulignées. Il me semble que la marche doit précéder la course; M. Jæger veut peut-être dire que l'enfant courait à quatre pattes et d'une manière agitée. Cependant, le mot allemand > rennen, » dont se sert M. Ja'gcr, n'exprime pas du tout « courir à quatre pattes; • il indique seulement une course très-rapide et agitée.
Au premier coup d'ieil et surtout dans la vue de profil, celte tète ne parait pas trop déformée. Le front s’élève par une courbe pas trop défavorable vers le sommet, situé à peu près au milieu du vertex. La courbe redescend ver» l'occiput peu proéminent et brusquement infléchi au niveau de l’arête occipitale ; les sutures sont parfaitement ouvertes, mobiles, simples ; la ligne temporale décrit une courbe un peu élevée, il est vrai, mais en rapport avec la forme générale de la boite crânienne, laquelle est presque globuleuse et assez haute comparativement à la longueur. Mais cette impression, favorable d’abord, change dès que l'on considère les proportions. La boile crânienne a, en effet, la grandeur de celle d'un enfant nouveau-né, à peu de différence près, mais d’un enfant mal formé. Le front est fuyant par rapport au front saillant et bombé de l'enfant nouveau-né. L'occiput est bien plus développé en arrière et en bas, de sorte que le contour général de la tète vue de profil, posé sur le contour d'un nouveau-né, gagne à l’occiput ce qu’il perd au front.
CIIA1VFS.
A cette boite crânienne enfantine sont attachées une face et des mâchoires conformes à l’âge de 15 ans. Le garçon avait 28 dents. Les dents de sagesse manquent seules. Les secondes vraies molaires viennent de se poser. Celle de la mâchoire supérieure gauche n’est pas encore tout à fait à sa place. Les incisives et canines manquent malheureusement toutes; mais on peut voir par les alvéoles qu’elles étaient grandes, bien formées, et que les incisives de la mâchoire supérieure devaient avoir une position oblique. Le bord de la mâchoire supérieure semble bien, au premier coup d’œil, descendre en ligne perpendiculaire ; mais, lorsqu’on examine de près, on voit que cette apparence est produite par l’épine nasale fortement développée, qui fait saillie sur le véritable boni de la mâchoire inclinée. Les orbites sont très-hautes et larges; le nez court, mais saillant; les ouvertures nasales grandes. La mâchoire inférieure participe à ce développement démesuré par rapport à la boite crânienne ; elle est forte et large, surtout la branche montante ; les arêtes musculaires très-accusées ; le menton proéminent et saillant de côté.
La vue d’en haut révèle surtout l'asymétrie prononcée de la boîte crânienne ainsi, que la forte saillie prognathe de la cavité supérieure dépassant le bord des os nasaux. L’asymétrie est telle qu’on dirait que la tète, encore molle, a été prise entre les deux mains et violemment comprimée en appliquant une main sur la partie orbitaire gauche, l’autre sur la partie occipitale droite, de manière qu’elle est obliquement déviée ; la partie orbitaire droite et l’occipitale gauche étant plus saillantes. Le nez et la mâchoire, par contre, tendent à se replacer dans l’axe médian. Cette asymétrie se fait remarquer de la même manière sur la base du crâne, qu’on la considère du dehors ou depuis l’intérieur de la cavité cérébrale, et elle est cause que la ligne médiane, dessinée sur la base par la crête de coq de l’ethmoïde, la selle lurcique et les points médians du grand trou occipital, forme un arc convexe vers la droite au lieu d’uni' ligne droite.
Les vues de face et d’arrière confirment ce que nous venons de dire sur l’asymétrie et sur la disproportion entre la boite crânienne et les os de la face y ajoutés.
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2. Jacques Muscle, lils de Jean-Georges, ni'' le 15 Mai 1803, mort à l’âge de dix ans,
le 14 Juin 1813.
Le crâne est conservé dans le Musée royal de Stutlgardt, sous le N° 13. On en a Tait un moule fort bien fail, que l’on peut s'y procurer. Je dois la communication de cette pièce remarquable à mon ami M. Krauss, professeur et directeur du Musée.
Voici ce qu’en dit M. Ja'ger (I. c., p. 219) suivant un rapport du L) r Klein qui le visita le 24 Mars 1805 (donc à l'âge de 5 ans) :
< Ce garçon, par la conformation de sa tète et ses manières, a encore beaucoup plus de similitude avec un singe que son cousin. Corps et figure sont bien d’un garçon de 5 ans, mais le crâne est encore beaucoup plus réduit que celui du cousin, oblique, aplati d’arrière en avant, l’occiput enfoncé, le front beaucoup plus fuyant, le verlex plus saillant, et ce crâne minime fail un contraste repoussant avec la grande ligure, la bouche large, les yeux louches et les grandes oreilles. Son aspect comme ses manières dénotent l'idiotisme complet. Il bave continuellement, agite sans cesse la tète, grince des dents, ne peut ni manger seul ni marcher, ne se lient debout que lorsqu'il peut s’accrocher à quelque chose, laisse aller les urines et les excréments, témoigne, du reste, quelque plaisir en tenant ma montre, mais il témoigne le même plaisir lorsqu'on la remplace par un morceau de papier.
» Examiné une seconde fois le 28 Novembre 1810 ;donc à l'âge de sept ans et demi), il se montre encore idiot caractérisé, laisse tout aller, ne peut ni parler ni manger seul.
» Autopsie. Le garçon mort le 15 Juin 1813 avait dix ans cl mesurait des pieds à la tête 3 1 /, pieds de Paris. La tête et les parties génitales étaient celles d’un enfant nouveau-né ; le pénis mesurait 1 '/. pouces, le scrotum fort petit, les testicules grands comme de petites fèves. Le testicule gauche était encore engagé dans le canal de l’aine entre l’anneau externe et interne. Le corps n’était, du reste, guère plus formé que trois ans auparavant, comme aussi ses manières restèrent les mêmes jusqu'à la mort.
» Rien de saillant dans le corps.
crânes.
• L(* cerveau dirait des modifications remarquables. Enfermé qu’il était dans un espace trop étroit, sa masse était celle d’un enfant. Sa fermeté frappait d'autant plus que la décomposition du reste du corps était trés-avancéo lorsqu’on l’examina quelques jours plus tard; les circonvolutions n’offraient point d'altération. (On ne pouvait, du reste, comparer le cerveau avec un autre normal.)
» Les ventricules latéraux devaient être plus petits par la compression. Le corps strié gauche était plus aplati et des deux tiers plus petit que celui de droite. La communication des deux ventricules était normale; les ventricules plus arrondis; les couches optique» allongées étaient soudées intimement ensemble dans leurs masses sur toute la longueur, de manière que le troisième ventricule et la commissure postérieure faisaient défaut. La glande pineale était par cela rejetée en arrière et scs pédoncules très-allongés. Les corps quadrijumeaux étaient beaucoup plus petits et comme fondus ensemble. L 'entonnoir normal. Point de quatrième ventricule. Les terminaisons en massue des nerfs olfactifs très-petites, la cinquième paire aplatie comme un ruban; rien, du reste, aux autres nerfs. Le cervelet très-anormal, enfoncé des deux côtés dans les excavations de l’occiput, était allongé, mince et réniforme.
v La petite faux qui le sépare ordinairement manquait entièrement, ainsi que la séparation entre les deux lobes et le ver central. Sa substance était plus compacte. La substance centrale paraissait dépasser de beaucoup la corticale. Les ramifications étaient plus étendues et plus courtes. Pas trace d’une cavité, pas plus que sur la moelle allongée.
» la grande faux avançait fort peu entre les hémisphères.
» La déviation de la forme ordinaire des os de la tète était très-remarquable.
» Par le front fuyant et les bords alvéolaires retroussés au dehors, la ligne de la face faisait un angle très-aigu. L'aspect étrange était augmenté par l'occipital, dont la grande voussure était enfoncée et la forme aplatie, de manière que les parties latérales, ainsi que les parties y attenantes des apophyses mastoïdiennes du temporal étaient poussées en dehors. La suture frontale existait encore. Les orbites démesurément grandes et carrées, à angles émoussés, occupaient la plus grande partie de la face. Les fissures supérieure et inférieure étaient démesurément ouvertes, mais, en revanche, beaucoup plus courtes ; les deux bords alvéolaires retroussés au dehors.
» On ne voit rien de saillant sur la base du crâne, sauf deux éminences osseuses
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considérables entre l’apophyse articulaire droite de l'occipital cl l'apophyse mastoïdienne. La surlace interne de la base du crâne était remarquable. Toutes les excavations, occupées d'ordinaire par les lobes antérieure des hémisphères, avaient disparu par l'aplatissement du frontal et par la saillie des plafonds des orbites. La lame criblée de l'etlimoïde était très-étroite, les petites ailes du sphénoïde fortement comprimées, les trous optiques poussés en arrière vers l’axe, la selle turàquc plus profonde mais plus courte. Le clivus se dressait plutôt vers l’arrière que verticalement, tandis qu'il penche ordinairement un peu obliquement en avant; les rochers étaient comprimés transversalement, la partie basilaire de l'occipital poussée obliquement en lias, le grand trou occipital, au lieu d’ovale, était rond, l’excavation postérieure et inférieure de l’occipital et les parties creuses de l’apophyse mastoïdienne fortement rejetées de côté et profondément creusées par la forte inflexion médiane de l’occipital, qui faisait disparaître presque son arête postérieure. »
C’est, comme on a pu voir par la généalogie précédente, le cousin-germain de Jean, dont nous venons de parler, et le frère aîné de Jean-Georges. De ces trois, il est le plus défavorablement conformé; c’est celui qui porte au plus haut degré les traits simiens.
Malgré l’âge de dix ans, auquel est arrivé ce garçon, la capsule cérébrale est encore au-dessous du volume d’un nouveau-né. Si je compare le contour de ce crâne vu de profil avec le contour du nouveau-né, donné par M. Welckcr (Archiv für Anthropologie, 1 er cahier, 1866, pl. 1) je trouve qu’il reste dans les parties frontales et pariétales d’environ un centimètre en dedans, et qu’il n’y a que la région mastoïdienne qui dépasse le contour du nouveau-né. Il y a, outre cette réduction générale, quelque chose d'anguleux dans les contours. Le front montre une légère dépression au-dessus des arcades sourcilières ; nul doute que ce garçon, s’il était arrivé à un âge plus avancé, se fût distingué par des proéminences sourcilières épouvantables. Le front, quoique très-fuyant, se relève un peu dans la ligne médiane sous forme d'une carène émoussée sur laquelle court la suture frontale encore ouverte ; la réunion des pariétaux et du frontal se fait dans ta suture coronale à peine sinueuse sous un angle ouvert; le sommet du vertex est indiqué encore par une saillie assez forte ; il n’y a que l’occiput qui présente une courbure assez régulière. En bas, les excroissances osseuses signalées par M. Klein dépassent considérablement l'apophyse mastoïdienne.
D’autres caractères se révèlent à la vue d'en haut. La boite crânienne est comme
la précédente asymétrique et de la même manière, les régions orbitaire gauche et occipitale droite étant comprimées, les parties correspondantes du côté opposé sont saillantes. La ligne médiane est relevée en carène émoussée jusque vers l'occiput ; les parois latérales du crâne descendent de cette carène comme les pans d'un toit Mais ce qui frappe encore le plus, c’est la dépression profonde qui règne le long de la ligne médiane de l'écaille occipitale, et qui se fait surtout remarquer dans la partie inférieure de cet os. Au plus fort cette dépression est large de 5 centimètres et profonde de ià 5 millimètres ; — c'est comme si l’on avait promené de liant en bas le pouce, en comprimant fortement l'os encore mou et capable de retenir une impression. Les parties latérales de l’occiput se présentent, par suite de celle dépression, comme deux larges sacs arrondis et presque globuleux.
Il va sans dire que la base du crâne participe à celle déformation et qu’en outre, par l’excroissance mentionnée, elle est encore déjelée par l'asymétrie générale, qui fait que la ligne médiane de la base présente, au lieu d'une ligue droite, un are dont la convexité, prononcée surtout sur l'os basilaire incomplètement soudé, est tournée du côté gauche.
A cette boite cérébrale, constituée d’une manière si anormale, est attachée une face des plus singulières. Je n’ai pas besoin d'insister sur les orbites, démesurément grandes, le nez court et saillant, les narines longuement ouvertes, — ces caractères se retrouvent partout; — mais, ce qu'il y a de plus frappant, c’est l’appareil maxillaire et dentaire. Pour le volume, cet appareil correspond à peu près à celui d’un enfant de cinq ans, ce qui démontre encore la vérité de l’observation de M. Klein, relatée plus haut et suivant laquelle le garçon était resté à peu près stationnaire depuis celle époque. Aussi la mâchoire supérieure est peu haute, la distance de l'épine nasale au bord alvéolaire même extrêmement réduite ; la mâchoire inférieure, bien que longue et à angle assez ouvert entre les branches montante et horizontale, est mince, grêle et sans force aucune. Mais ce qui frappe d'abord, c'est le prognathisme exorbitant de la mâchoire supérieure, qui sc trahit malgré son éeourtemenl. Le palais forme un plancher â peu près plane ; les dents incisives sont plantées dans le bord alvéolaire suivant avec la même direction; elles ne sont presque plus déclives, mais horizontales. Et quelles dents! Les incisives moyennes sont grosses, épaisses, larges comme des pelles à bords usés; les secondes incisives & côté, beaucoup plus grêles, longues, à couronnes en massue.
Aucune trace de canines, ni en haut, ni en bas, niais mie barre l rfcs-|nononrée à leur place. Puis viennent des molaires, vraies et fausses molaires, toutes en forme de champignons, c'est-à-dire des couronnes arrondies à tubercules à peine indiqués sur la surface masticatrice, portées sur des tiges ou socles beaucoup plus minces. Hans la mâchoire supérieure, ce ne sont que les fausses molaires qui sout développées des deux côtés; dans la mâchoire inférieure, il se trouve, du côté droit, trois de ces inàchcliéres en forme de champignons, dont les deux dernières sont séparées de la première par une barre, de façon qu’on doit les prendre pour deux vraies molaires. Du côté gauche, il n'v a que deux de ces dents espacées, dont l’une doit représenter la première fausse, l’autre la première vraie molaire. Les incisives de la mâchoire inférieure sont égales, minces et longues; elles montrent déjà la tendance de prendre la forme de champignons; le bord alvéolaire est violemment retroussé en dehors et ses dents implantées lort obliquement. Le menton est très-saillant, mince et proéminent; il offre, vu d’en haut, une face coupée carrément. Toute cette disposition parait bien démontrer que notre idiot avait une hypertrophie de la langue, laquelle complétait encore, par sa croissance, la tendance au prognathisme, engendrée par la déformation générale.